La revue de presse de septembre 1926 dans L’Avenir d’Arcachon

LA VIE QUOTIDIENNE ARCACHONNAISE

IL Y A PRESQUE CENT ANS, EN 1926, VUE PAR L’AVENIR D’ARCACHON

DU MOIS DE SEPTEMBRE 1926


 

Un sujet inquiétant commence à être abordé en septembre 1926 : La forêt d’Arcachon va-t-elle être vendue ?


Le 19/09/1926

AU VOLEUR

Je n’ai pas la prétention de vous apprendre que l’État est un mauvais patron et un détestable commerçant : il paie mal ses employés, son tabac est infumable, les bûches qu’on y trouve pourraient servir à faire rôtir un bœuf, ses cigarettes sont explosives, ses bureaux de poste sont malodorants et je vous donne des guignes si vous y trouvez un porte-plume capable d’écrire une carte-postale ?

Mais là où il se montre encore plus au dessous, c’est lorsqu’il veut aliéner une partie de ses domaines aux gros requins de la finance. On pourrait citer des exemples scandaleux.

Aujourd’hui il est fortement questions de céder la forêt d’Arcachon à des vandales qui déjà se frottent les mains à l’idée d’énormes bénéfices qu’ils réaliseront. Mais ils ne les tiennent pas encore car j’avertis charitablement les trafiquants que mes amis et moi ne laisseront pas accomplir un semblable crime, car c’en serait un.

On vient à Arcachon pour respirer un air vivifiant et pur, pour oxygéner ses poumons, pour se délecter des beautés de la nature et non pour voir des garages, des usines, des maisons à face de casernes ainsi qu’il arriverait si on livrait la forêt à un consortium de nouveaux riches ayant bâti leur insolente fortune sur les ruines de la patrie ? Ils voudraient, toujours insatiables, augmenter cette fortune sur les ruines de la forêt. Nous ne le permettrons pas.

On dit que le marché serait sur le point d’être conclu et que ledit consortium intriguerait ferme auprès de certains politiciens disposés à toucher de grosses épingles ?

Halte là ! Nous voulons connaitre le prix. L’État c’est nous, c’est vous, c’est tout le monde ? Nous ne voulons pas être volés ; nous ne consentons pas à ce que l’intérêt général soit sacrifié aux profits d’une bande d’aigrefins à tranche dorée. Et nous crions bien haut, afin d’éveiller l’opinion publique : Au voleur ! Au voleur !

Charles Bernard


Le 26 septembre : petite annonce

Des bruits inquiétants recommencent à circuler touchant le sanatorium du Moulleau et l’échange des 97 hectares des forêts de la Ville d’Hiver.

En ce qui concerne cette dernière affaire nous répétons que Monsieur le Sénateur Calmel qui habite dans ce moment son Oustaou de Pyla-sur-Mer sera l’avocat énergique de tous ceux qui veulent empêcher ce nouveau scandale forestier.


Un évènement d’ampleur va avoir lieu avec l’espoir qu’il soit renouvelé sur des années

 Première fête annuelle du bassin d’Arcachon (extraits)

12 septembre 1926

L’idée de la fête annuelle du bassin d’Arcachon est née d’un projet plus local, plus restreint, qui ne visait qu’à une fête organisée par Arcachon sur le bassin d’Arcachon. Comme l’on projetait d’y convier quelques organisations des autres communes riveraines :

– mais pourquoi ne créerions-nous pas la fête du Bassin d’Arcachon ? demandâmes-nous.

On approuva, saisi par la grandeur et la noblesse de l’idée ; un comité organisateur se format qui s’enrichissant d’une foule de personnalités finies par être constituées de la façon suivante :

[…]

s’ensuit la longue liste des membres éminents de ce comité, que du beau monde : préfet de la gironde, maire d’Arcachon, commandant de la Marine…

[…]

On a prétendu qu’il ne s’agissait là que d’une tentative de résurrection et que de pareil avait jadis existé […] Mais ce n’était pas la fête du Bassin d’Arcachon.

Voici cette dernière créée, lancée ; son esprit est purement régionaliste c’est une manifestation d’union et de solidarité entre les diverses stations qui vivent ou qui jouissent de l’admirable baie dont la généreuse nature dota le pays d’Aquitaine.

Au moins une fois par an les habitants du littoral sortiront de leur isolement de leurs divisions parfois si regrettables pour communier dans une même pensée de reconnaissance et de gratitude envers la source merveilleuse de leur plaisir ou de leur profit.

[…]

S’ensuit le projet de programme : pavoisement de tous les bateaux et édifices du bord de plage, fête locale dans chaque commune concernée, élection d’une reine, repas banquet, croisières sur le bassin, défilés des délégations sur terre, illumination et embrasement de l’ile centrale (Île aux Oiseaux)

[…]

Ce fut un tour de force d’improviser de toutes pièces, en un mois, une aussi grandiose et orgueilleuse manifestation. Elle ne pourra être parfaite par manque de temps, elle n’en constituera pas moins un jalon solide pour les années suivantes.

Albert de Ricaudy


19 septembre 1926

Une date dans l’histoire d’Arcachon la première fête du bassin a magnifiquement réussi

La date du 12 septembre 1926 restera dans nos annales comme celle d’une journée grandiose et inoubliable

L’histoire encore à écrire de notre magnifique baie et de son incomparable couronne de villes et villages dira ce jour-là, pour la première fois depuis que les flots du Golfe d’Aquitaine baignent ses plages accueillantes, ses vertes prairies, creuse ses ports hospitaliers. Les habitants du littoral communièrent dans un même élan d’amour et de reconnaissance pour la source bienfaisante de leurs joies et de leurs profits.

[…]

Tous les grands journaux quotidiens ont décrit les phases et constaté le prodigieux succès de notre manifestation. La Liberté du Sud-Ouest notamment a, sous notre plume, en un très long article relaté les moindres détails de la fête.

Pour éviter les redites et vu le format restreint de l’avenir d’Arcachon nous n’en donnerons ici qu’un bref compte-rendu :

[…]

C’était, dès le matin, un véritable plaisir pour les yeux que d’apercevoir au loin sur notre baie reflétant un ciel gris qui se rasséréna bientôt, les embarcations portant les reines et les délégués des communes.

Escortés d’une foule d’autres bateaux, pavoisées avec grâce et avec goût, elles cinglaient soulevant des bourrelets d’écume, laissant derrière elle un bouillonnant remous, vers le Casino de la Plage. On y devait tirer au sort la reine du littoral. Pour recevoir nos hôtes et leur faire honneur, tous les bâtiments en rade – sauf les grands yachts, qui boudèrent pour d’incompréhensibles raisons – avaient hissé leur pavois ; tous les hôtels, toutes les villas du boulevard promenade et ce boulevard lui-même était magnifiquement décorés.

[…]

La reine du littoral est désignée.

C’est Mademoiselle Germaine Paon, reine de La Teste.

[…]

On se rend alors à la source des Abatilles où M. Maydieu reçoit leur majesté des félicite les combles de cadeaux.

[…]

banquet au Grand Hôtel plus long que prévu, puis croisière vers la Cap ferret.

[…]

De l’avis unanime, on n’avait jamais rien vu d’aussi splendide et impressionnant que le spectacle du départ en ligne des 200 ou 300 bateaux qui composaient la croisière. Appartement aux différents ports réunis dans un élan magnifique et inattendu de solidarité, ils se mettent en marche au milieu des clameurs, des bruits de moteurs, leurs pavois tressaillant sous la brise, la foule des passagers enthousiastes se groupant à leur bord autour des charmantes reines toutes brillamment, coquettement, et princièrement installées.

L’incomparable et pittoresque flotte se rend au Cap Ferret, vire, repasse devant la ville noire de monde (on estime à 40 000 personnes – un record – le nombre des curieux que cette fête avait attirés) passe devant le torpilleur venu pour la circonstance, gagne, survolée par une escadrille d’avions, la pointe du Tès et accoste finalement les jetées Thiers ou d’Eyrac.

Le cortège se regroupe pour le défilé en ville. Après celui-ci, reines et délégations regagnent leurs communes respectives et il ne nous reste plus qu’à fêter que notre jeune et charmante reine d’Arcachon, Mlle Yvonne Lauga qui, pendant la fin de cette belle journée, brillera seule de tout son éclat.

La manifestation se termina par une fête de nuit et des illuminations sur le bassin et au Casino de la Plage. Elles dépassèrent en éclat et surtout en affluence tout ce qu’on avait vu depuis la Guerre.

N’oublions pas la vaillante Harmonie d’Arcachon qui donna deux concerts, ni la batterie des Petits Gabiers qui releva de beaucoup l’éclat de la fête.

Comme dans toutes les organisations improvisées aussi vite (celle-ci avait été conçue et réglée en un mois) il y a eu naturellement des erreurs et des lacunes.

Elle ne retire rien à la beauté de l’ensemble. En raison d’un succès malgré tout prodigieux, on voudra bien les pardonner à des organisateurs innovants et se surmenant au milieu d’une foule d’obstacles.

Albert de Ricaudy

Les journaux afficheront les remerciements du Bureau du Comité organisateur de la fête, du Conseil d’administration de la Coopérative Maritime et du Syndicat des Marins d’Arcachon envers toutes les personnes qui auront contribué à la réussite de cette fête.


Jeu : essayez de refaire ce séjour…. 😉 et envoyez nous les changements !

*UNE SEMAINE A ARCACHON*

Puisque Gentille Garçonne, vous venez passer une semaine à Arcachon, je vais vous tracer un programme qui vous permettra de voir, dans un temps un peu court, les principales beautés de notre ville et de ses environs immédiats.

Lundi, pour commencer, dès que vous aurez terminé votre toilette en divisant votre courte chevelure par une raie sur le côté gauche de votre tête d’éphèbe, vous irez saluer notre Monument aux Morts, puis par l’avenue Nelly Deganne ombragée de superbes platanes, vous marcherez vers l’élégante façade du casino. Vous suivrez, à votre droite, le boulevard de la Plage et le boulevard Chanzy jusqu’à la pointe de l’Aiguillon. Vous reviendrez par la plage à pieds nus en relevant votre culotte aussi haut que possible et en vous bouchant le nez à certains endroits. Vous pourrez continuer jusqu’à la place Carnot au coin de laquelle vous verrez un énorme cube de pierre blanche : c’est le Grand Hôtel.

À 1 h 30, embarquez-vous sur le Courrier du Cap en partance pour Bélisaire. Là, vous trouverez un petit tramway trainé par un cheval ; il vous conduira à l’Océan. Je ne vous conseille pas de vous y baigner ; ce serait dangereux ; mais vous pourrez vous coucher, plus ou moins nue, au bord de l’eau dont les vagues écumantes vous donneront des douches salutaires. Le tramway de 4 h 45 et le bateau de 5 h 30 vous ramèneront à Arcachon à 6 heures. La journée n’est pas terminée. Par l’avenue du Château et le boulevard Deganne, allez à l’estuaire de La teste ; c’est un endroit charmant où vous pourrez vous asseoir jusqu’au coucher du soleil.

Ayant dîné de bon appétit, vous irez passer la soirée au Casino ; on y donne tous les soirs de beaux spectacles avec des troupes parisiennes. Pendant les entractes vous danserez un tango et un charleston ; cette dernière danse est fort à la mode ; c’est un nouveau cadeau des Américains a qui nous devons tant.

Mardi matin, vous ferez un tour sur la place Thiers, nombril de notre cité, sur le Boulevard promenade, sur la grande jetée où vous rencontrerez le beau marin Jean Beaupuy, aimé des dames. S’il se permet de vous caresser le menton, donnez-lui un bon soufflet. Respect aux garçonnes !

Visitez le passage Thiers ; achetez-y le guide Terre d’Amour par Guy de Pierrefeux. Allant jusqu’au bout du boulevard de la Plage, reposez-vous un instant à la jetée de la Croix. Ensuite prenant le boulevard de l’Océan, vous irez vous casser le nez contre la grille monumentale du parc Pereire. Impossible d’aller plus loin. Alors, tournant à gauche, vous rejoindrez l’avenue Saint-Arnaud où vous entrerez chez le grand horticulteur Cortondo ; vous lui ferez mes compliments. Il vous offrira sans doute quelques fleurs et un raisin de ses treilles.

Voici devant vous l’église Notre-Dame dans laquelle est encastrée l’antique chapelle de Thomas Illyricus. Vous adresserez une prière à la Madone. Profitez de l’occasion pour vous confesser à Monsieur le curé Lavaud. C’est un prêtre aimable et distingué que j’aime beaucoup bien qu’il m’ait grondé jadis pour un article de nature à scandaliser quelques-unes de ses paroissiennes, quelques-unes seulement. Devenue plus légère par l’absolution de vos péchés, vous monterez au sommet du clocher d’où vous planerez sur un merveilleux panorama.

Le cours Lamarque de Plaisance vous ramènera à votre hôtel. À 3 h 30 vous prendrez le Courrier du Cap pour effectuer le tour de l’Île aux Oiseaux. Vous verrez ainsi les gracieux villages qui s’égrènent de l’autre côté du Bassin, depuis le Piquey jusqu’à Bélisaire. Vous passerez la soirée au Théâtre municipal ; on y projette sur l’écran de très beaux films. Pendant l’entracte vous irez au dancing de l’Olympia voire tangoter les jolies filles du pays.

Mercredi, avec quelques petites amies, vous louerez une pinasse pour visiter toutes les stations situées au fond du Bassin : Claouey, Arès, Andernos, Taussat, Lanton, Audenge, Biganos et l’embouchure de la Leyre.

Jeudi, ce sera le tour de la forêt. La rue du Casino vous mènera au Palais Mauresque entouré d’un admirable jardin. De là, vous gagnerez la place des Palmiers, puis vous pénètrerez dans la forêt. Appuyez à gauche. Des sentiers ombreux conduisent à de vertes allées bordées de ruisseaux ; à leur extrémité se dresse le clocher de La Teste. Dans cette vieille cité, vous vous rafraîchirez à la pâtisserie Sédeilhan, près de la statue du Docteur Hameau. Vous rentrerez au coucher du soleil par la grande route, ayant à votre droite le Bassin survolé de bandes de mouettes, à votre gauche les dunes empourprées.

Vendredi matin, prenez le tramway pour aller vous baigner aux Abatilles. Rafraîchie, pieds nus, vous longerez la plage jusqu’à la Pergola où Monsieur Gaussail vous fera servir un excellent déjeuner. Vers quatre heures, vous partirez courageusement à l’assaut de la dune du Sabloney Vous en descendrez pour dîner à la Pergola où l’on danse jusqu’à minuit.

Samedi, vous irez visiter le camp d’aviation de Cazaux et vous promener en barque sur le lac.

Enfin dimanche 12 septembre vous ne manquerez pas d’assister à la messe de 11 h 1/4 à l’église Notre-Dame. Vous y entendrez le père Gillet, un as de la chaire chrétienne, en tournée chez nous ; il parlera de celles qui pratiquent en robe décolletée et qui croient pouvoir se partager entre Dieu et le diable.

Je vous conseille de passer l’après -midi sur la terrasse du Casino de la Plage. Vous jouirez du hall envahi par une foule d’élégantes danseuses et de la contemplation du Bassin.

Ce jour-là aura lieu une grande fête qui nous réserve des merveilles. Vous aurez le bonheur d’y assister.

Le lendemain, jeune pigeonne, fascinée, enthousiasmée, éblouie, vous nous quitterez en jurant de revenir l’an prochain afin de visiter tous nos lacs, depuis celui d’Hourtin, au nord, jusqu’à celui d’Hossegor, au sud, sans négliger la descente de la Leyre en canot.

Au revoir adorable garçonne ; point je ne sais si vous emportez d’Arcachon de doux souvenirs, mais je suis certain que vous en laissez d’inoubliables dans bien des cœurs.

Albert Chiché Ancien député de Bordeaux


* Propreté à Arcachon*

Le sujet semble être sensible, on enregistre plusieurs plaintes en septembre 1926

12 septembre 1926

Conseil Municipal… d’ami

Arcachon est, sans conteste, une station balnéaire admirable. Sa forêt, son Bassin émerveillent les yeux, et ses villas, qui rivalisent entre elles de grâce, de coquetterie, de joliesse sont uniques au monde. Mais pourquoi tout cela est-il gâté par une saleté, que je n’hésite pas à qualifier de repoussante, de ces avenues et de ses rues. Pourquoi ? Allez le demander au Maire et à son Conseil municipal. Non seulement les rues moyennes sont mal entretenues, mais la grande voirie n’a rien, sous ce rapport, à leur envier.

J’habite, pour un mois encore, rue Nathaniel Johnston, villa Sainte-Anne. En dehors de l’employé commis à l’enlèvement des ordures ménagères, je n’ai jamais vu personne balayer les rigoles, comme on dit dans le pays, et chassé d’un magistral coup de plumeau de brande, les eaux malodorantes qui stagnent devant les portes des riverains.

Il n’y aurait donc pas si ce n’est au Casino, qui est super, je le confesse, un corps de balai à Arcachon ! Allons, M. Bon, soyez bon pour vos administrés.

En qualité de premier magistrat de cette ville vous devez avoir pour promener votre auguste personne une superbe limousine. Donnez-vous la peine de porter vos pneus dans cette rue et tant d’autres ; vous serez complètement édifié.

Un conseil, cependant : munissez-vous du fameux parfum Toute la forêt, ou sinon, malgré les tractions de la langue, les ballons d’oxygène, les frictions à huile camphrée, etc. etc. vous rendrez votre belle âme au diable. Et alors adieu veaux, vaches, cochons, couvées.

Avez-vous compris M. le Maire ?

Charles Bernard

Remarque : On lira dans l’l’Avenir du 19 septembre, les remerciements de Charles Bernard, la rue Nathaniel Johnson ayant été nettoyée.

26 septembre 1926

Lettre au maire d’Arcachon

Monsieur le Maire

Vous êtes le premier magistrat de la jolie ville d’Arcachon surnommé la « Perle de la Côte d’Argent ». Ce surnom serait parfaitement exact à la condition qu’Arcachon ne laisse rien à désirer. Mais, hélas ! trois fois hélas ! il n’en faut !

Voyez, Monsieur le Maire, en ce qui concerne la voirie, par exemple :

Les trottoirs : moitié sable, moitié pierre, parsemés de trous, de bosses, de fondrières, ce sont de véritables pistes d’obstacles, provoquant des chutes aussi nombreuses que désagréables et même dangereuses. Conséquence : on marche sur la chaussée ce qui n’est pas sans danger surtout la nuit.

Et ces gros tuyaux de canalisation pour l’eau qui embarrassent rues et boulevards ? Jusqu’à quand resteront-ils inutilisés ? il est indispensable que l’eau coule en abondance dans les rues afin que caniveaux démolis, urinoirs, n’empoisonnent pas l’air que nous respirons. Il est indispensable aussi que l’eau coule dans les maisons de certains quartiers, surtout lorsque les propriétaires payent pour en avoir.

J’en aurais long à dire encore mais je crains d’abuser de l’hospitalité de l’Avenir d’Arcachon défenseur des intérêts de la ville. Pour aujourd’hui donc je termine mes récriminations.

Sans doute il est facile de critiquer. Vous ne pouvez ni tout voir ni tout faire. C’est entendu Monsieur le Maire mais vous avez des agents d’exécution responsables vis-à-vis de vous. Faites-leur sentir que l’heure du farniente et du je-m’en-foutisme est passé. Arcachon deviendra vite sans restriction aucune la « Perle de la Côte d’Argent ».

C’est la grâce que je souhaite pour vous, pour Arcachon, pour ses habitants

Un ami d’Arcachon


26 septembre 1926 – Petite annonce

On se plaint avec raison de la mauvaise odeur des égouts, des continuelles pannes de tram, des tombereaux préposés à l’enlèvement des ordures ménagères, qui ne sont pas passés, pendant deux jours dans le plus aristocratique quartier de la Ville d’Été au boulevard de l’Océan.


* ET PENDANT CE TEMPS, SUR LA UNE DU MATIN*

Édition du soir (les derniers télégrammes de la nuit)

01/09 – M.Austeen Chamberlain et M. Aristide Briand sont d’accord pour décliner une conférence internationale sur Tanger

01/09 – L’aviateur Thoret veut tenter un nouvel exploit

02/09 – Challe et Weiser ont battu le record de distance par 5 200 km de Paris à Bender Abbas

03/09 – La culture du tabac se développe dans nos colonies

03/09 – La commission de Genève a délibéré hier sans se mettre d’accord sur le texte de son rapport. La démission de l’Espagne est envisagée.

04/09 – Sur le chemin des économies : un grand pas a été fait hier, les ministères de la Justice, de l’Intérieur et de la Guerre ont fait approuver en conseil une importante première série de compression et de réforme.

05/09 – L’Angleterre aux prises avec le Bolchevisme

06/09 – État de siège proclamé en Espagne

07/09 – La dernière session de l’Assemblée de la Société des Nations s’est ouverte hier à Genève

08/09 – Le grand massacre des éléphants de mer dans les mers australes

08/09 – Une croisade en faveur du vote des femmes

09/09 – Notre empire colonial est capable d’assurer à la France son salut économique et son indépendance financière.

09/09 – L’Allemagne a été élue hier membre de de la Société des Nations

10/09 – La guerre civile en Chine : la victoire des bolcheviks à Hankeon les a rendus maîtres d’un tiers du pays.

11/09 – Sept ans après le traité de Versailles, les délégués du Reich ont fait leur entrée dans la société des Nations.

11/09 – L’Espagne décide de se retirer de la Société des Nations

12/09 – M. Mussolini échappe à un attentat

12/09 – Pour la première fois un hydravion a traversé sans escale la Méditerranée de Marseille à Alger

14/09 – Les polémiques franco-Italiennes ont leur écho à Genève

15/09 – Les premiers résultats au plébiscite espagnol

17/09 – L’aviateur Fonck a fait hier un faux départ

17/09 – La Pologne triomphe aux élections de la Société des Nations

20/09 – Un ouragan dévaste la Floride : la ville de Miami célèbre station balnéaire a été presque anéantie : 75 personnes y ont été tuées et 2 000 blessés

21/09 – La ville de Miami n’est plus qu’un amas de ruines jonchées de cadavres

22/09 – Raid aérien Transatlantique New-York – Paris. Au départ des États-Unis, l’appareil de Fonck s’est retourné et à pris feu avant de quitter la terre

23/09 – Après la catastrophe aérienne de Roosevelt Field :  Nous recommencerons déclarent Fonck et Sikorski

23/09 – La spéculation contre le Franc : La parquet de la seine procède à des enquêtes officieuses

24/09 – Le gouvernement frappe fort les vendeurs de francs : il est assuré d’avoir l’opinion publique avec lui.

25/09 – Un prodigieux cimetière de mammouths est découvert en Tchécoslovaquie : il avait été constitué par des chasseurs de la préhistoire qui en travaillait les ossement énormes.

25/09 – Contre la réforme administrative : plus de 100 maires des chefs-lieux d’arrondissement supprimés se sont réunis hier. M. Poincaré a refusé de recevoir leur délégation.

26/09 : Un cyclone au Brésil la ville d’Itambe dans la province de Sao Polo est détruite

26/09 – Les annales du Ring : Le match de boxe Tunney-Dempsey passe dans l’histoire

28/09 – le Canada évolue vers l’indépendance

30/09 – Un raz de marée accompagnait la tornade qui dévasta au Mexique, le port de Vera Cruz

30/09 – La manifestation des maires contre les réformes administratives et judiciaires : Une délégation de parlementaires conduite par MM. François Marsal et Henri de Jouvenel sera reçue aujourd‘hui par M. Poincaré

Claude-Valérie Cohen

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Aimé

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