Vallée de l’Eyre au quaternaire

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Au début du Quaternaire (-1,8 Ma), la région landaise n’est plus qu’un vaste marécage, toujours occupé par les divagations d’un fleuve principal. Elle achève de se combler par les vastes nappes d’alluvions graveleuses qu’alimente l’érosion des Pyrénées et du Massif Central. À cette époque débute la période Pléistocène ou période glaciaire (-1,8 Ma / -11 000 ans) pendant laquelle alternent épisodes froids et redoux. L’Aquitaine n’est pas directement concernée par les grandes glaciations qui affectent l’Europe du Nord durant cette période, mais elle en subit les contrecoups. L’alternance climatique est accompagnée d’oscillations du niveau de la mer et d’une succession d’épisodes de creusement – les fleuves s’encaissent et ont un débit plus important – et de remblaiement du réseau hydrographique, dont témoigne l’étagement des terrasses alluviales le long des fleuves et grandes rivières. La Garonne se déplace vers le nord-est
Ce sont les trois dernières périodes froides du Quaternaire, correspondant aux glaciations de Mindel, Riss et Würm, qui laissent en Aquitaine les traces climatiques les plus évidentes. Un important remblaiement de type périglaciaire est associé à la période froide mindélienne, précédée et suivie d’épisodes tempérés pendant lesquels le niveau de la mer est voisin du niveau actuel. Les Landes et le Médoc possèdent alors déjà une configuration proche de celle que nous lui connaissons aujourd’hui. Le cours de la Garonne a pratiquement atteint son tracé actuel et le domaine Landes-Médoc arrive, au seuil de l’ultime glaciation würmienne, à un stade de comblement très avancé. Les terrasses fluviatiles des rivières s’étagent progressivement, le niveau de la mer descend considérablement, notamment au niveau de la partie aval de l’estuaire de la Gironde où le fleuve creuse son lit jusqu’à la cote – 40 NGF.
La fin de la période glaciaire würmienne s’amorce progressivement ; le niveau de la mer remonte et, dès la fin de l’avant-dernier épisode du Würm (Würm III), le domaine landais est soumis à un ruissellement intense puis à une invasion quasi-générale par des masses de sables soufflés par les vents vers l’intérieur du pays ; le Sable des Landes se met en place pendant que s’installent de petites dunes de type parabolique et certains édifices plus imposants faits d’un ensemble de dunes, telle celle de Cazalis, tout à fait comparable à celles de la forêt usagère de La Teste : les « doucs » culminent à 133 m d’altitude ; sur leurs pentes, la lande sèche alterne avec la lande à molinie plus humide.
Avec la fin du Pléistocène commence la période Holocène (ou période postglaciaire), au cours de laquelle le niveau de la mer continue à remonter, d’abord très rapidement puis de manière plus, progressive, avec de nombreuses fluctuations. Les vents d’ouest et nord-ouest continuent à souffler sur le pays et à modeler les paysages : de nouveaux ensembles de dunes paraboliques puis barkhanoïdes s’installent sur la bordure atlantique, bloquant l’écoulement de la nappe d’eau superficielle et créant un ensemble de grands lacs bordés de marais où se développent des tourbières (Hourtin-Carcans, Lacanau, Cazaux-Sanguinet, Biscarrosse-Parentis, Aureilhan, Soustons, etc…)
La remontée progressive de la mer jusqu’à un niveau presque actuel engendre le colmatage du lit inférieur des fleuves par des vases, des débris végétaux et des sables. Les cours d’eau s’anastomosent (1) progressivement, créant de vastes marais le long des méandres des fleuves. Les sables de la bordure atlantique continuent leur avancée à travers le pays, engendrant l’ensablement des zones d’estuaire. La dérive littorale accumule les sables de la presqu’île du Cap-Ferret en fermant presque totalement l’embouchure de la Leyre et en créant ainsi la lagune du bassin d’Arcachon : la façade atlantique acquiert peu à peu sa physionomie actuelle.

 

La carte montre bien les vallées des deux Leyre creusées dans les glaises bigarrées à graviers
À ce sujet, je vous renvoie à l’article « Contribution à l’étude du sol des landes de Gascogne », J. Blayac, Annales de géographie, année 1916 133 pp. 23-46
Voir :
(1)- Anastomose : en parlant du tracé d’un fleuve, avoir son lit divisé en nombreux bras courts, qui se séparent et se réunissent fréquemment.

Aimé

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