LA VIE QUOTIDIENNE ARCACHONNAISE
IL Y A CENT ANS, EN 1926
VUE PAR L’AVENIR D’ARCACHON
DU MOIS D’AOÛT 1926 (*)
* Côte d’Argent Terre d’Amour * (Extrait)
Notre heureuse région eut deux parrains : Maurice Martin et Guy de Pierrefeux. Le premier la nomma Côte d’Argent, à cause des volutes d’écume argentée qui se déroulent le long de ses plages, le second la baptisa Terre d’Amour pour le charme exquis de sa forêt embaumée, de ses lacs bleus, de son bassin où les amoureux viennent savourer leur lune de miel. Ces deux noms doivent subsister, car, joints l’un à l’autre, ils se complètent.
Terre d’Amour est le titre du roman publié par Guy de Pierrefeux et dont le succès fut considérable. C’est aussi le titre du guide que le même auteur vient de faire paraître.
Avant de parler de l’œuvre, présentons l’écrivain : homme d’esprit causeur amusant dont la conversation fourmille d’anecdotes piquantes, journaliste, revuiste, romancier, auteur dramatique. Il aurait trouvé à Paris la fortune et la gloire ; il préféra vivre modestement à Arcachon qu’il adore, qu’il a dans la peau, si on peut dire, à Arcachon dont il comprend et apprécie la beauté mieux que quiconque et qu’il connaît à fond plus que personne. Aussi était-il qualifié pour nous mener dans les sentiers ombreux et conduire notre barque sur les flots azurés.
[…]
Ici, dit l’auteur, toutes les saisons ont leur charme. L’été, c’est la vie joyeuse sur la plage des Abatilles, l’exhibition des maillots collants, les bains de soleil sur les dunes avant les trempettes dans les eaux du Bassin, les pêches à la crevette et au tourteau sur les perrés du parc Pereire ou dans les herbes d’anciens parcs à huîtres, les déshabillages à la bonne franquette sous les cabanes de verdure, en attendant que la Société de la source Sainte-Anne installe aux Abatilles, comme elle en a l’intention, de luxueuses cabines à l’instar de Biarritz.
Ah ! non, je proteste. Comment, mon cher Guy, vous admettez qu’on enlève à notre plage des Abatilles son caractère rustique en y construisant des cabines à l’instar de Biarritz ? Consultez donc les habitués : Pierre Frondaie, Marce Soarez, le peintre Dupas, le professeur Cauhapé, le compositeur Jacques, leurs dames, leurs demoiselles, tous les artistes qui aiment cette plage pour son sans-façon, qui y passent des journées entières en costume de bain ou enveloppés dans des peignoirs, tous vous diront : pas de cabines aux Abatilles.
Allez répéter cela aux directeurs de la Source et conseillez-leur de ne pas s’occuper d’une plage qui ne leur demande rien. Ils ont suffisamment à faire dans leur établissement thermal. Quant à vous, mon cher Guy, il vous appartient de défendre nos plages ainsi que notre foret menacée par des barbares dépourvus de sens artistique. Vous connaissez nos plages dans chacun de leurs recoins, notre forêt dans le moindre de ses sentiers ; vous y êtes le plus sûr et le plus expérimenté des guides pour les jeunes filles que leur mère vous confie. Avec vous, elles ne se perdront jamais, ou, tout au moins, on aurait l’espoir de les retrouver dans une cabine de verdure formée par l’enlacement des branches de genêts en fleurs.
Albert Chiché, ancien député de Bordeaux
* AU CONSEIL MUNICIPAL *
(Séance du 9 août 1926)
Notre Conseil municipal (17 membres présents) s’est distingué, lundi 9 août, en tenant une séance au cours de laquelle il a expédié son ordre du jour en une heure.
Il est vrai que la lecture du procès-verbal de la séance précédente avait d’abord duré une heure et quart ; le génie est une longue patience.
Il est exact également qu’aucune matière ne fut de nature à passionner les esprits ou à soulever l’opposition, amollie par un parfum de vacances.
Ni la demande de la Compagnie du gaz et de l’électricité qui avait fait soumettre à une enquête platonique son projet de distribution d’énergie électrique aux services publics (avis favorable), ni le crédit de 94 000 francs nécessaire à la réfection du boulevard Chanzy bouleversé par les lourds tracteurs, ni la construction, pour 30 500 francs de l’égout maintenant indispensable rue d’Eyrac, pour l’écoulement des eaux des bains-douches, ni quelques virements ou augmentation de crédits, ni la prolongation demandée jusqu’au 30 mai 1927 de l’autorisation sur les jeux au Casino de la Plage, ni l’autorisation à M. le maire de signer un acte de restitution par M. Exshaw au Stade Matéo Petit, avant d’en achever la clôture d’une parcelle de terrain de 283,50 mètres, distraite on ne sait quand ni comment, ni la suppression pour 1926 de la taxe de 9 centimes par litres à percevoir par la commune sur l’eau de la Source des Abatilles, ni la création d’une prime à la natalité de 450 francs pour le troisième enfant, n’ont soulevé l’ombre ni même la pénombre d’une difficulté. Pas davantage le refus d’une dépense de 60 000 francs, que la Compagnie des Eaux ne craindrait pas de nous faire pour l’aider à tenir ses engagements envers ses abonnés. Beaucoup d’entre eux n’ont pas de pression. Pour leur en donner il faudrait porter de 100 à 150 mm le diamètre de la grosse conduite de distribution sur les points culminants (Abatilles, Bellevue, Moulleau, Pyla-sur-Mer)
Ici, une observation très opportune et judicieuse de M. le Dr Brun : « on devrait profiter, dit-il, de ce que les Testerins de ces quartiers ont besoin de notre eau, comme de notre gaz, de nos écoles, de notre pain, pour les inciter à se rattacher à nous ». Pas de plus puissant moyen : soyez Arcachonnais ou pas d’eau.
Autres observations non moins justes : de M. Condom sur la pestilence de la bouche d’égout avenue Gambetta, vis à vis la place Thiers, de M. Eyssartier sur la nécessité d’un trottoir rue des Jardins et de M. Longau sur le retard dans la pose de la borne-fontaine réclamée et obtenue par les habitants de l’extrême quartier du Mouëng.
À partir d’ici, séance secrète. Le public est prié de se retirer. C’est vite fait : nous le représentions seul.
Albert de Ricaudy
*UN SULTAN VISITE ARCACHON* (Extraits)
Il y a 15 jours que l’Avenir a annoncé que le sultan du Maroc voulait visiter Arcachon.
Son prédécesseur sur le trône Abdel-Aziz quand il était notre hôte avait écrit à un ancien courtisan : « je retrouve à Arcachon les plus beaux paysages du Maroc. »
Le Sultan actuel qui avait lu la lettre, manifesta le désir de visiter ce pays au charme si oriental qui faisait dire à Pierre Loti quand il venait visiter son frère Yves dans sa cabane du Cap- Ferret : « ici je revis toutes mes plus belles visions de rang. »
(Source Sud-ouest archives)
Arcachon fut en fait en grande fête jeudi 5 août et voici pourquoi : S.M. le Sultan du Maroc n’avait pas voulu regagner son pays sans voir la Perle de la Côte d’Argent.
De Bordeaux ici, il n’y avait qu’un saut de puce.
Grâce à une rapide automobile – une Oakland – pilotée par monsieur Ricardo, il l’accomplit en moins d’une heure.
A 10 h 25 par un temps délicieux, il débarquait place Thiers, où il était reçu sans façon par M. Bon, maire, M Veyrier-Montagnères, ancien maire, et la plupart de nos conseillers municipaux qui assistaient M. le colonel Félix-Marie commandant du camp d’instruction de Cazaux et une délégation des officiers et sous-officiers de ce camp.
[…s’ensuit la longue liste de la suite de SM Le Sultan du maroc et des notables de Bordeaux l’accompagnant…]
On s’embarque presque aussitôt sur le « Cap-Ferret », le magnifique et confortable yacht à moteur de la Société anonyme de ce cap. Le bateau conduit par le patron Cristal et sur lequel se trouve monsieur Bélisaire Daney, administrateur de ladite société, se met en marche très rapidement ; il se dirige vers la bouée n° 8 entre le phare et le Moulleau. Là, il décrit une courbe gracieuse et ramène à la place Thiers le sultan – qu’on avait confortablement installé à l’arrière où tout le temps du trajet il parut songeur – et les divers personnages de l’escorte.
[…accueil par une foule importante de curieux… ; passage à la Ville d’Hiver, visite de la Source Sainte-Anne, repos au Grand-Hôtel avec déjeuner servi conforme aux principes du Coran, quelques discours, puis retour vers 15 h.]
Les historiens d’Arcachon pourront enregistrer dans les annales de la ville une visite de souverains de plus.
Albert de Ricaudy
Petite remarque de ce grand homme plus bas dans ce même journal :
Le sultan Moulay Youssef qui fut notre hôte d’un jour, est homme de goût. Il l’a prouvé une fois de plus en s’arrêtant devant les délicates fantaisies exposées au magasin « le Goût Français » près du Casino de la Plage. Comme on lui montrait des poteries du Japon, de Chine, de Hollande, des vases de Ciboure, des grès flammés, des bibelots de Saxe et des cristalleries de Bohème, il prononça ses mots très justes : « le goût français est éclectique, il sait choisir partout ce qui est beau. ».
* PROMENADE *
LA LEYRE (Sur terre) extrait
La grande et la petite Leyre prennent leur source dans le département des Landes, l’une un peu au-dessus de Sabres, l’autre dans la forêt de Trepus ; elles se rejoignent quelques kilomètres au-dessous de Pissos pour former la Leyre, jolie rivière aux eaux rapides et ferrugineuses qui, après avoir arrosé Belin, Salles et Mios, se jette dans le bassin d’Arcachon près de Biganos
Suivre son cours en bateau constitue une promenade des plus agréables mais difficile car il faut descendre en canot à fond plat si on peut s’en procurer un, ou remonter en pinasse automobile qui, sauf en certaines saisons ou aux grandes marées, ne trouve pas partout des profondeurs suffisantes.
En attendant de pouvoir effectuer cette excursion nautique, nous résolûmes, mon ami de Ricaudy et moi, de suivre pédestrement la rive gauche depuis Lamothe jusqu’à Mios.
Partis d’Arcachon par le train de 10 h. 14, […]
De Lamothe à Mios la distance à vol d’oiseau est d’environ sept kilomètres, mais le chemin à parcourir est plus considérable par suite des sinuosités ; le sentier disparaît souvent, envahi par des ronces et d’épaisses broussailles au milieu desquelles la marche est pénible. De temps en temps, on se repose à l’ombre, au bord de l’eau, parmi les nénuphars, les fougères, les aulnes et les aubiers. Rien ne trouble la solitude ; aucun être humain sur tout le parcours, à travers un fouillis de lianes faisant songer aux forêts vierges de l’Afrique, […]
de Ricaudy revint avec une épine dans la main ; mon pantalon fut déchiré.
Enfin, au bout de quatre heures, alors que nous commencions à désespérer, nous aperçûmes entre les branches le pont de fer sur lequel passe la route de Salles à Mios, et bientôt, dans une auberge de ce grand village, nous buvions avec délices un verre de vin blanc, satisfaits d’avoir surmonté les obstacles et atteint, comme on dit aujourd’hui, notre objectif.
[…] Force nous fut d’aller pédestrement à Facture par la route, longue de quatre kilomètres, traversant de belles campagnes et peu fréquentée, fort heureusement, par les automobiles. Le train n’avait pas de retard ; il nous déposa en gare d’Arcachon à 20 h 32.
Messieurs les touristes amateurs de pérégrinations originales hors des sentiers battus, nous vous recommandons cette randonnée.
Albert Chiché
…
AU FIL DE L’EAU (Sur l’eau) Extrait
Grâce â M. l’abbé Dayan qui eut l’extrême obligeance de nous procurer un bateau, chose peu facile, nous avons pu réaliser le projet de descendre le cours de la Leyre de Salles à Lamothe.
Partis d’Arcachon par le train de 8 heures, nous arrivâmes à Salles à 10 heures où nous nous rendîmes de suite chez le vénérable ecclésiastique dont l’ermitage, paradis plein de pommes sans aucune Ève pour les croquer, est situé au bord de la jolie rivière.
[…] sur les rives de la Leyre où le batelier nous attendait. Onze heures sonnent à l’horloge du village. Nous embarquons nos provisions. L’abbé nous donne sa bénédiction ; le cantonnier lance l’esquif d’un coup de gaffe et nous voilà emportés au fil de l’eau dont le courant nous entraîne.
Debout à l’arriére, le batelier dirigeait à la gaffe l’embarcation sur laquelle, lui compris, nous étions cinq. Impossible de rêver une navigation plus agréable sur une rivière plus poétique dont les sinuosités nous découvraient à chaque instant de nouveaux aspects. Une luxuriante végétation orne les rives : saules, aulnes, aubiers, chênes, vergnes, salicaires aux grandes fleurs roses, nénuphars jaunes, joncs, fougères trempant dans l’eau leurs feuilles retombantes. De gracieuses libellules aux ailes noires volaient autour de nous, se posaient familièrement sur nos épaules, quelquefois sur une feuille allant à la dérive qui leur servait de moyen de transport. […]
La température était chaude, nous rencontrions de loin en loin des baigneurs en légers costumes, venus des villages voisins ; à un brusque tournant nous surprîmes une jeune fille dans le plus simple appareil de Vénus sortant de l’onde. En nous voyant, elle poussa un petit cri et se sauva vers les saules […]
Sur la rive droite, notre guide nous indiqua une source d’eau fraîche ; nous allâmes nous y rafraîchir.
Vers trois heures, nous passions sous le pont de Mios, ayant effectué la moitié de la route. Là, nous rattrapâmes un long radeau de de planches flottant vers Lamothe où nous arrivions nous-même vers 18 heures. Le rêve était terminé ; nous retombions dans la bruyante réalité du chemin de fer qui nous ramenait à Arcachon, heureux d’ajouter cette journée délicieuse, ces paysages enchanteurs, au trésor de nos souvenirs.
Albert Chiché
* UN PROBLÈME DE PAIN *
01/08/1926 : Il y a un vieux dicton landais qui dit : « qui a pin a pain », ce n’est pas vrai dans ce moment pour Pyla-sur-Mer. Les boulangers d’Arcachon ont refusé d’aller porter le pain dans la coquette station qui se trouve sur le territoire de la commune de La Teste. Il s’agit dans l’espèce d’un curieux cas de conflit municipal. Le maire de La Teste faisant rigoureusement observer un arrêté prescrivant le poids du pain, arrêté qui n’est pas en vigueur à Arcachon, fit dresser des procès-verbaux aux boulanger d’Arcachon qui viennent vendre leur pain à Pyla ce qui ne peut pas être fait par ceux de La Teste, puisqu’il n’y a pas de route reliant Pyla à sa mère devenue sa marâtre. Un enfant qu’on prive de pain !!! Un boulanger d’Arcachon, M. Dupuy s’est vu dresser 42 procès-verbaux. Après entente entre tous les boulangers de notre ville, ceux-ci refusent de porter leur pain à Pyla, ne voulant pas adopter le poids en usage à La Teste ; ce qui prouve que dans notre région il y a 2 poids 2 mesures.
…
08/08/1926 : La situation que nous avons signalée dans notre dernier numéro au sujet de la non distribution du pain à Pyla-sur-Mer n’a duré que 48 h, la préfecture de la Gironde ayant décidé que les boulangers d’Arcachon sont autorisés à délivrer le pain à Pyla-sur-Mer au tarif d’Arcachon.
* NE PLUMONS PAS NOS CLIENTS *
La grande saison bat son plein. Elle débuta sous les meilleurs auspices le 1er août, par un dimanche ensoleillé dont une brise rafraîchissante embaumait et tempérait les ardeurs.
La petite saison nous avait donné quelques doutes, inspiré quelques craintes : le temps ne paraissait pas vouloir suive exactement le programme que les hommes tracent dans leur prétention de codifier les règles de la nature.
Les pessimistes se lamentaient en présence des infractions commises par les éléments contre les lois auxquels les astronomes et les inventeurs du calendrier ont cru découvrir un caractère obligatoire.
C’est qu’Arcachon est, lui, bien tributaire d’un principe inexorable. II lui faut un ciel pur où luit un soleil de feu. Ainsi seulement les Bordelais et autres citadins se précipitent en foule vers ses magnifiques et frais rivages, et pas de beau temps, pas de clients, telle pourrait y être la devise des hôteliers, boutiquiers, loueurs de chambres meublées et tutti quanti. Ces braves gens sont aujourd’hui satisfaits : le mois d’août culminant pour les affaires, semble vouloir rentrer dans l’ordre. Les hôtels regorgent de monde, le moindre garni, fut-il inconfortable, sans vue, presque sans issue, trouve quelque client ravi de payer un prix fou.
L’engouement de la clientèle n’a pas de limites ; n’abusons pas cependant de la largesse de nos hôtes. Conseillons aux propriétaires de n’imposer que des conditions raisonnables. Il ne faut pas que, revenu chez lui, le « pigeon » se plaigne que « les arcachonnais le plumèrent ».
Cela nous ferait une détestable réputation et finirait par éloigner nos hôtes.
Il y eut en 1925, quelques scandales issus de la cupidité de certains commerçants. Souhaitons qu’ils ne se renouvellent pas.
Arcachon est toujours la reine de la Côte d’Argent mais les stations se multiplient et prospèrent autour de son sceptre. Soyons hospitaliers, accommodants et modérés si nous voulons n’y point perdre notre merveilleuse suprématie.
Albert de Ricaudy
* 14 AOÛT *
Tous les journaux de la région ont décrit la belle et touchante cérémonie de dimanche dernier à Notre-Dame. La bénédiction des yachts a été une innovation heureuse que nous devons à notre curé-doyen et au cercle de la Voile unis pour doter Arcachon d’une nouvelle fête estivale.
La même cérémonie aura lieu dimanche 15 août à l’église du Moulleau à 10h ½ avec cette différence que nous assisterons à une véritable procession nautique comme elle se passait autrefois sous la présidence du cardinal Donnet.
Le clergé se trouvera sur un bac remorqué par les plus beaux yachts du bassin pavoisés et fleuris. Tout Arcachon ira dimanche matin à Moulleau !
…
La semaine d’après :
La procession nautique du Moulleau avait attiré dimanche une foule qu’on peut évaluer difficilement ; la plage, les terrasses du grand hôtel et des villas étaient noires de monde.
Jamais on ne vit tant de yachts pavoisés et fleuris, tant de jolies jeunes femmes à la barre où mollement étendues dans des fauteuils d’osier. L’abbé de Vivié, curé du Moulleau, entouré d’un groupe de chanteurs périgourdins, paraissait aussi radieux que le soleil tandis que les yachts évoluaient avec un ordre parfait, autour du bateau de M. Daney qui portait le clergé.
Le spectacle était féérique.
* À lire ce mois-ci *
La nouvelle édition de l’annuaire d’Arcachon qui vient de paraître : agrémenté d’une carte du bassin et d’un ton général adapté à la liste des villas, 180 pages de texte, il est compris dans une nouvelle et très artistique couverture due à la plume de notre compatriote M. Diot, artiste peintre.
Les ouvrages qui parlent de notre magnifique pays :
« Arc. 2.33 » de La Gautraie
« Terre d’Amour » de Guy de Pierrefeux
« Le château de la fée Morgane » d’André Armandy
« La Cantilène d’Arcachon » de Gabriel Ducos
« Mon vieux Pays » de Gilbert Sore
M. André Rebsomen, qui est un infatigable chercheur, un savant émérite et un historien de détail consciencieux et précis, nous a fait remettre un exemplaire de son dernier ouvrage Notre-Dame de Lourdes, album du Pèlerin (Editions Spes 17 rue soufflot Paris). c’est, pour ainsi dire, le couronnement de la partie de son œuvre consacrée à la ville des apparitions, de la foi et des miracles.
* DIVERTISSEMENTS *
L’Harmonie et l’Union Orphéonique d’Arcachon donneront un concert jeudi 19 courant, place Thiers.
Au programme alterné sera ajouté un solo de violon exécuté par l’excellent artiste, M. Gélineau des concerts du Grand Café Thiers ; le concert sera terminé par un morceau d’ensemble.
Nul doute qu’un public nombreux applaudisse nos si dévoués musiciens et chanteurs.
Le Casino de la Plage nous a donné, samedi et dimanche, deux superbes soirées sous l’habile et intelligente direction de M. Delgny, notre Casino est complétement transformé et pourra désormais lutter avec les meilleurs établissements de France.
La soirée japonaise a été, de l’avis de tous, un régal pour les yeux, et il faut l’avouer, jamais notre casino n’avait donné un tel luxe de lumière.
Le parc décoré et illuminé avec gout laissait prévoir ce que devait être la magnifique salle du hall où les riches lanternes japonaises jetaient un éclat sans précédent.
La terrasse offrait elle aussi un beau coup d’œil et le public accourut très nombreux soit pour applaudir Rigadin, soit pour tournoyer jusqu’à 3 h du matin au son du fameux Jazz Toscano-Turtaut. Allons, voilà un début de saison des fêtes et nous en félicitons encore une fois la direction du Casino.
Le plus formidable succès que les théâtre de Paris aient connu depuis bien des années, les triomphantes Vignes du Seigneur nous serons données au Grand Casino de la Plage le mardi 17 août.
C’est un spectacle boulevardier par excellence, mousseux, élégant. Les toilettes seront signées des bons faiseurs. L’interprétation a été tout particulièrement soignée par les tournées Ch. Barret.
La Pergola de Pyla-sur-Mer est toujours le rendez-vous de la société select. Les gourmets y font de délicieux repas. À l’heure du thé le parc se remplit de visiteurs et le dancing est envahi.
M. Poigt, le professeur renommé, dirige les danses. L’orchestre inimitable « Happy Boys » fait la joie des danseurs.
Le concours de tir à la cible met en présence des concurrents de plus en plus nombreux vu les beaux prix à gagner en perspective.
Tous les Mardis et Samedis, soirées de gala, illumination du parc.
Exhibition de danses modernes tous les samedi soir par M. et Mme Poigt
Attractions nouvelles en perspective pour ces jours prochains
Photo : source HTBA Facebook.
Avec la saison d’été nous voyons revenir chaque année les kermesses de bienfaisance au profit de nos œuvres locales.
Une des plus intéressantes et celle qui se donnera au parc Pereire le dimanche 8 août à 14 h 00 par un groupe d’artistes distingués dirigés par M. Guérin, chef de musique d’Arcachon et les gymnastes, de « Tout pour la Patrie » lauréats couronnés au dernier concours fédéral de Lyon, donneront cette année, à la fête, un cachet particulier.
De nouvelles attractions, des comptoirs nombreux et variés feront passer un après-midi délicieux au nombreux public qui voudra répondre à notre présente invitation et dans un but des plus louables venir s’amuser dans le cadre merveilleux du parc Pereire.
Les grandes régates de l’Aviron arcachonnais auront lieu le dimanche 29 août. Les musiques de la Poudrerie Nationale d’Angoulême et de l’École de Musique de la Poudrerie de Saint-Médard-en-Jalles prêteront leur concours à cette magnifique manifestation nautique.
Le soir : retraite aux flambeaux et représentations de gala avec dancing au Casino de la Plage.
Grande soirée japonaise au Casino. Rappelons que les samedi et dimanche 28 et 29 août à la demande de fidèles habitués du Casino, la direction donnera de nouvelles soirées japonaises : grand bal, décor, illumination féerique.
En même temps, sur la scène, les meilleurs artistes de la tournée Max interpréteront joyeusement la féerie opérette « Mannequin ».
La fête annuelle de l’association des Anciens Combattants « les Poilus Arcachonnais » aura lieu au Casino de la Forêt aujourd’hui dimanche 22 août.
À 14 h 30, attractions foraines, tir à la carabine et aux fléchettes, loterie ; à 15 h concert instrumental ; à 16 h concours de bébés de 2 à 4 ans et de 4 à 6 ans ; concours de bicyclette, trottinettes, voitures et ombrelles fleuries, etc.
A 22 h., continuation de la fête foraine et grand bal champêtre.
* V.I.P. ET MONDANITÈS *
Monsieur Cayrel, maire du Bouscat, député de la Gironde, a loué la villa Arcole, dans la Ville d’Hiver.
Charles Bernard, ancien député de Bordeaux et de Paris, est installé pour deux mois avec sa famille à la villa Sainte-Anne rue Nathaniel-Johnston.
Rencontré sur la route du Mouleau le romancier François Mauriac
Abel Hermant est attendu chez sa sœur qui habite la villa Saint-Pierre au coin de la Croix des Marins.
Nous allons enfin revoir Pierre Frondaie dans sa paisible villa des Sabines.
Et il n’y a pas que la quantité à Arcachon, nous possédons également la qualité. Qu’on en juge par les noms très aristocratiques : princes et princesses Poniatowski, Goudchaux, prince et princesse de Fancini-Lucinge, Achille Fould, Ph. de Rothschild, duc Decazes, prince et princesse de broglie-Revel et beaucoup d’autres.
* INFORMATIONS *
Vincent Auriol, député de la Haute-Garonne, a écrit à notre confrère la Vigie pour contester avec indignation contre l’allégation qu’il se serait mis à la tête d’un consortium de spéculateurs et aurait obtenu la concession de grands terrains en bordure de la forêt d’Arcachon. Il déclare dans sa lettre avoir toujours protesté contre la cession des domaines de l’État aux spéculateurs, même lorsque le spéculateur est une commune espérant qu’il continuera.
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Une recette auxiliaire municipale des postes sera ouverte au public Elle effectuera les opérations postales télégraphiques et téléphoniques.
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Le Moulleau possède une oasis délicieuse : c’est la pâtisserie Good Luck. Il fait bon s’y reposer en savourant les glaces et les gâteaux préparés par le chef de la maison.Un salon coquet, de frais ombrages, des pâtisseries exquises et un aimable accueil vous y attendent.
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Il y a depuis cette semaine beaucoup de poissons dans le Bassin. Les pêcheurs à la ligne s’en donnent à cœur joie sur les jetées, par ces belles soirées d’été. L’un d’eux a attrapé en une soirée, 90 Coustuts.
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Le Syndicat d’Initiative ouvre une souscription pour l’organisation des fêtes et de la publicité de la ville.
Tout bon de souscription de un franc qu’on pourra se procurer dans les principaux magasins de la Ville et au Syndicat d’Initiative, donnera droit au tirage d’une tombola gratuite de 5 magnifiques sanguines d’une valeur de 2 000 francs chacune, œuvres de M. Léon Zeytline, qui sont exposées chez M. Bonnemaison, 286 boulevard de la Plage.
La tombola sera tirée le 30 septembre à la mairie.
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Les services de taxes et d’autocar sont organisés et Arcachon pour les fêtes de Parentis-en-Born. La route qui conduit est bonne. Se munir du guide Terre d’Amour, pour visiter ce coin exquis des Landes.
* CARNET MONDAIN *
Nous avons appris la mort de M. Henri Lalesque, frère du Docteur Fernand Lalesque. Ses obsèques auront lieu samedi à La Teste. Pour ce nouveau deuil qui le frappe encore, que le Docteur veut bien agréer l’expression de nos très sincères condoléances et de notre cordiale sympathie.
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L’abbé Daney, curé-doyen de La Teste, est mort dans la nuit du 3 au 4, à l’âge de 62 ans, emportant les regrets unanimes de ses paroissiens dont il était très aimé.
* ET PENDANT CE TEMPS SUR LA UNE DU FIGARO PARIS * (source gallica)
1er août le projet financier est voté à la chambre par 295 voix contre 188
2 août le branle-bas pour le salut du franc
3 août la guerre religieuse au Mexique – L’Angleterre intervient en faveur des biens de ses ressortissants
4 août le Sénat vote les projets financiers par 250 voix contre 13
6 août les accords douaniers franco-allemands ont été signés hier
7 août les inondations au Japon détruisent 4 000 maisons
9 août un soulèvement a éclaté en Russie
10 août tous les socialistes au chevet du franc belge
11 août l’Assemblée Nationale a approuvé par 671 voix contre 144 le projet du Gouvernement
15 août à Varsovie un diplomate hongrois tue la comtesse Wierbicka et se suicide
17 août New York-Paris sans escale. La tentative du capitaine Fonck, essai aujourd’hui ; départ lundi.
18 août sous le signe de la dictature – le relèvement de la Pologne : la situation économique s’améliore de jour en jour
20 août un sabotage criminel cause le déraillement de L’express Berlin-Hanovre, il y aurait de nombreuses victimes
24 août le record du monde de l’altitude : un nouvel exploit de l’aviation française : Callizo monte à 12 500 m (On s’apercevra que c’était un tricheur ici … ndt)
29 août l’Américaine, Miss Corson a traversé la Manche à la nage, c’est la 2e femme qui réussit cet exploit
30 août à la Société des Nations : aujourd’hui se réunit à Genève la Commission de réorganisation du Conseil
31 août un nouveau record, le nageur Vierkotter a traversé la Manche en 12 h 42, il a mis 2 h de moins que Miss Gertrude Erdelet
Claude-Valérie Cohen

