La plus vieille jetée du Bassin

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La jetée d’Arès se présente comme une chaussée empierrée, une sorte de quai ou de digue, qui avance sur l’estran  perpendiculairement à la côte, jusqu’au chenal.  Elle aurait été construite au XVIIIe siècle. Personne à Arès (nous nous sommes adressés à la Mairie et à l’Office du Tourisme) n’a été capable de nous donner plus de précisions. Une chose est sûre, cette digue est très ancienne : et même si aujourd’hui, malgré qu’elle ait été élargie au fil des époques, elle paraît modeste comparée à ses consœurs du Bassin, elle n’en est pas moins la plus ancienne !

Autrefois, Arès sert de port d’embarquement aux produits acheminés depuis le Médoc par des cas, antiques chariots à quatre roues, tirés par des bœufs. Une fois par mois, les bouviers  viennent livrer à Arès, du vin, des salaisons, de la laine, du bois, de la résine ou du goudron, en provenance de Lesparre, Castelnau du Médoc, Sainte Hélène, Lacanau ou le Porge. Toutes ces marchandises sont chargées directement dans des petits caboteurs bretons, à faible tirant d’eau, qui peuvent parvenir jusqu’à Arès, car le chenal est beaucoup moins ensablé qu’aujourd’hui.

Le commerce du bois est aussi une des activités de la jetée. Et l’ancien bâtiment, qui loge jusqu’en 2011 l’office de tourisme, est utilisé par les douaniers qui réglementent tout ce petit commerce.

La création de la Société Générale des Chemins de Fer Économiques des Landes,  en 1881,  modifie  profondément la vie des habitants de la côte nord du Bassin. Le transport ferroviaire remplace désormais le vieux trafic des produits du Médoc transportés  par les cas, et les caboteurs  bretons ou espagnols n’accostent plus dans un port de plus en plus ensablé. La jetée d’Arès sert désormais à décharger les huîtres dans les petites charrettes à âne des parqueurs…

 

Jean Vergès, Sud Ouest 12/1/2013

Raphaël

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