1592 – de Jode – Arcaxōn, Akesoni

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Gérard de Jode (1509 Nimègue – 1591 Anvers / de Jode est un patronyme néerlandais signifiant « le juif »), après une éducation scientifique très variée dont les mathématiques et l’apprentissage de la gravure, sert dans l’armée de Charles Quint mais revient vite à ses chères études. En 1547 il entre dans la guilde de Saint-Luc[1] et commence à travailler comme éditeur et marchand d’estampes. Il publie les œuvres d’autres cartographes, notamment la carte du monde de Giacomo Gastaldi en 1555, la carte du duché de Brabant de Jacob van Deventer en 1558, la carte du monde en huit feuillets d’Abraham Ortelius en 1564, et des cartes de Bartholomeus Musinus et de Fernando Alvares Seco. Il a comme élève Jan Collaert (1561-1628), Pedro Perret (1555-1625) ainsi que son fils Pieter de Jode (1570-1634) et produit des estampes de dévotion avec des scènes religieuses chrétiennes.

Son œuvre majeure, le Speculum Orbis Terrae (Miroir des terres du globe) parait en 1578, huit ans après la parution du Theatrum Orbis Terrarum d’Ortelius dont il ne connaît pas la popularité.

Gérard de Jode illustre Mikrokosmos Parvus Mundus, recueil d’emblèmes de Laurentius Haechtanus. Il publie, en 1579 d’abord, puis en 1585, l’année même de la prise d’Anvers par Alexandre Farnese, le Thesaurus veteris et novi Testamenti, un recueil de plus de 350 estampes illustrant les Écritures. Or, il apparaît que ces estampes serviront de modèle à un nombre important des peintures murales de la cathédrale arménienne Saint-Sauveur d’Ispahan. Ainsi, le panneau représentant L’armée de Pharaon engloutie dans la mer Rouge s’inspire fidèlement de l’estampe correspondante du Thesaurus.

En 1589, il publie “Totius Orbis Cogniti Univer”

Paru en 1592

S’il indique Arcaxōn, le havre d’Anchise semble être plus attractif pour les navigateurs, “havre de marée dans lequel on peut entrer avec de grands navires” : golfe vaste comme le cinquième du bassin d’Arcachon, son entrée sur la côte atlantique dont le tracé se situe bien plus à l’ouest qu’aujourd’hui, se serait trouvée un peu au sud de Montalivet ; il devait s’étendre sur ce qui est de nos jours les anciens marais de la Perge, de l’Espaut, du Gua. Cette embouchure de la Gironde s’est colmatée à partir de la fin du XVIIIe siècle, sans doute aidée en cela par les travaux entrepris par les ingénieurs hollandais, à la suite de l’édit pris par Henri IV en 1599 sur le « dessèchement des marais » pour lutter contre les fièvres : en 200 ans des centaines d’hectares sont drainés grâce à la mise en place de tout un système de fossés, canaux, écluses sur les communes de Soulac, Saint Vivien, Bégadan… Ces mouvances énormes en un temps aussi court laissent imaginer un passé plus lointain, lacustre, où l’eau dominait totalement cette partie nord du médoc.

Cornelis de Jode (Anvers, 1568 – Mons, 1600), fils de Gérard, est un cartographe et graveur flamand. Il étudie les sciences à l’Académie de Douai. Il travaille à Francfort-sur-le-Main en 1593-1594 puis rentre à Anvers en 1595, où il devient membre de la guilde de Saint-Luc locale. Il a aussi travaillé en Espagne et a visité la Norvège, le Danemark et l’Islande. Cornelis de Jode décède à Mons le 17 octobre 1600.

Les exemplaires de l’œuvre de Gérard de Jode sont très rares aujourd’hui, contrairement aux copies publiées à grande échelle par Cornelius,

Arcaxon

dont Speculum Orbis Terrae, atlas publié à Anvers en 1593, continuation des travaux inachevés de son père décédé à Anvers, le 5 février 1591 ;

on y trouve en particulier la carte « Chine Regnum[2] » basée sur le travail du Portugais Jorge de Barbuda, et dont les quatre vignettes d’angle montrent des caractéristiques curieuses de la vie chinoise,

y compris le célèbre wagon à vent, ancêtre de notre char à voile, qui apparaissent couramment sur les cartes européennes de la fin du XVIe siècle.

L’atlas est abondamment plagié, ce qui lui vaut d’être un échec commercial ; les spécialistes contemporains considèrent cependant les cartes de De Jode comme, elles-mêmes, des plagiats du Theatrum Orbis Terrarum d’Abraham Ortelius en style — auquel le Speculum Orbis Terrae était voué à faire concurrence —, et de travaux de cartographes portugais et espagnols pour les détails.

À la mort de Cornelius de Jode, les plaques sont rachetées par J. B. Vrients, qui possède également les plaques d’Ortelius ; le Speculum ne fut cependant jamais réédité en tant que tel.

En 2005, l’exemplaire du Speculum Orbis Terrarum appartenant à l’université Yale fait l’objet d’une tentative de vol par l’infâme Edward Forbes Smiley : cela s’est produit dans la Bibliothèque Beinecke de livres rares et manuscrits après qu’un membre du personnel de la bibliothèque ait trouvé un couteau de précision X-Acto sur le sol. Smiley est sorti de prison le 15 janvier 2010 et vit toujours sur Martha’s Vineyard, île de l’État du Massachusetts surtout connue comme résidence d’été de la jet set américaine et des présidents des États-Unis.

Nova Totius Europae tabula ex magnis Gerardi de Judacis… desumpta… édité par les hétitiers de Gerardi de Jode en 1613

Akesoni

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gerard_de_Jode

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cornelis_de_Jode

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8469041f/f1.item.r=Europa%20tabula

https://stacks.stanford.edu/image/iiif/jk761dj1186%2Fjk761dj1186_00_0001/full/!400,400/0/default.jpg

Pour voir Speculum orbis terrae

https://exhibits.stanford.edu/renaissance-exploration/catalog/mb161sz2357

[1] – Ces guildes prennent ce nom en référence à saint Luc l’évangéliste, le saint patron des peintres. Dans certaines villes, comme à Anvers, un très grand nombre de métiers artistiques y sont représentés, tandis qu’à d’autres endroits comme Bruxelles, elles réunissent uniquement les peintres ; les autres métiers artistiques se retrouvent alors au sein d’autres confréries, sous la protection d’autres saints patrons.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guilde_de_Saint-Luc

[2] – L’une des cartes les plus rares et visuellement les plus saisissantes jamais produites de la Chine en Occident. La carte est remarquablement placée dans un cercle, et chacune des vignettes de coin est une illustration d’un sujet exotique ou nouveau tiré des récits des premiers voyageurs, y compris la célèbre gravure de char à vent. La Grande Muraille est clairement visible à travers le nord de la Chine. De Jode présente son littoral un peu plus précis que ne l’a fait Ortelius. Le Japon reçoit l’une de ses délimitations les plus inhabituelles, apparaissant comme une tête de dragon : la source en est probablement une carte portugaise de 1573 de Fernao Vaz Dourado.

 https://searchworks.stanford.edu/view/11952248

Raphaël

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