Villa Liseron

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« Tahiti » ex « Liseron » ne peut être vue que depuis un bateau, le chemin de sable qui passait devant la villa ayant été englouti par l’érosion, la villa, rebaptisée Tahiti, est toujours là aujourd’hui.

Une cabane est construite en 1890 par Daniel Alaux (1853-1933), conservateur du musée des Beaux-arts de Bordeaux et peintre du bassin d’Arcachon et son épouse Lucie Louise Alexandrine Cloarec, dite Lucia (1860-) surnommée « La Peintre bretonne ». Daniel Alaux, admirateur passionné, sut rendre avec délicatesse les divers aspects du Cap-Ferret et des dunes de Piquey ; c’est à son épouse, aquarelliste de talent, que nous devons de nombreuses aquarelles du Cap-Ferret, précieux témoignages de la Presqu’île à la fin du XIXsiècle. Ils agrandissent la cabane à plusieurs reprises, d’abord d’une première galerie, puis d’une seconde, tant et si bien qu’il arrivait à son fils Gustave de dire qu’il habitait les nouvelles galeries. En 1908, Liseron, comme ses voisines, est incorporée dans les fameux « 44 hectares ».

Daniel et Lucia Alaux sont de grands amis du notaire de Gujan, Camille Dignac, et de sa femme Suzanne, née Dupuch (nièce de Mgr Dupuch, premier évêque d’Alger), leurs très proches voisins à la Pointe en leur cabane de chasse prénommée « Marie-Jeanne » (prénoms de leurs deux filles) : les deux filles Dignac – Marie-Antoinette, épouse Jules Bouvet, et Jeanne, épouse Pierre Lesca – ont transmis à ceux de leurs enfants demeurés fidèles au Cap-Ferret une quinzaine d’aquarelles de Lucia Alaux. Lucia, avec son époux, vient souvent chez les Dignac – Camille, notaire à Gujan – qui louent une cabane de chasse depuis 1870, grâce à une AOT sur le domaine public maritime. Lucia peint de très charmantes aquarelles de cette cabane et de paysages de la lugue du Mimbeau qui sont toujours en possession de la famille Bouvet et Mazodier.

Lors de l’aliénation des 44 hectares, Mme Veuve Dignac, qui s’était portée acquéreur de la parcelle entourant sa cabane, fait construire  en 1910 une maison en pierre la Villa « Marie-Jeanne » pour rappeler les prénoms de ses deux filles Marie-Antoinette qui épousera Jules Bouvet et Jeanne qui épousera Pierre Lesca, grands-parents de Jean Mazodier. À noter que l’architecte est M. Ormières. La cabane de chasse est déplacée d’une dizaine de mètres ; elle existe toujours avec sa “peinture” au coaltar vieille de 90 ans et toujours intacte. Camille Dignac compte parmi les fondateurs de la Société foncière qui réunit les premiers propriétaires des fameux 44 hectares. 

C’est dans sa villa que Daniel Alaux fréquente et devient l’ami de Toulouse-Lautrec, et qu’il connut Charles Gounod et Charles Nodier.

Le 19 septembre 1912 au Cap-Ferret, leur fils Gustave Alaux 1887-1965, artiste-peintre, épouse sa plus proche voisine Marie Antoinette Pellotier dont le père, le docteur François Bénonie Pellotier, est propriétaire de la villa voisine, « Bagatelle ».

Daniel Alaux vend Liseron après le décès de Lucia, Gustave Alaux et son épouse, sans enfant, s’installant tout naturellement à « Bagatelle », cette petite villa « avec son vaste jardin potager et horticole, son pylône, ses ifs, ses peupliers, arbres fruitiers, des fleurs partout, et une belle haie de clôture en pourpier de mer, bien supérieure aux fusains et arbousiers[1] ». La belle-sœur de Gustave épousa un Anglais du nom d’Avice ; leur fille héritera de son grand-père Pellotier un terrain non construit, également en bordure du Bassin, toujours à la Pointe, sur lequel, chaque année à la belle saison, venant d’Angleterre, elle habitait un amour de petit bateau-ponton. Terrain et bateau-ponton ont été vendus, il y a une dizaine d’années, à un voisin, propriétaire de « Norgia » (ancienne villa Dubourg de La Teste) ; il serait souhaitable que ce bateau-ponton ne soit pas détruit. Le beau-père de Gustave Alaux avait également un fils, aussi docteur, qui fit l’admiration de tous les Ferretcapiens, dans les années 1950 ; malgré son grand âge, il entassait de lourdes pierres devant sa chère « Bagatelle » pour tenter de la protéger contre l’inexorable érosion marine devant « Chez Hortense ». Aujourd’hui, sur l’emplacement de « Bagatelle », le nouveau propriétaire a construit, avec une belle audace, une villa « les pieds dans l’eau » avec vue imprenable sur le Bassin et la dune de Pilat qui fait son bonheur ! II semble que Gustave Alaux, peintre de la Marine, ne soit pas revenu au Cap-Ferret depuis 1930.

En juin 2020, de nouveaux empierrements sont disposés devant la villa “Tahiti”…

« À propos de la famille Alaux, Pierre Mazodier, n° 90 du Bulletin de la Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch, 1996.

Pour le profilage de la côte, voir carte et schémas, page 15 et suivantes : http://capferretmusicfestival.com/ARTICLES/2013/BULLETIN%20PALCF%20JANVIERt%20n79.pdf

La famille Alaux : Trois siècles au service des arts.

Les longues générations d’artistes sont rares : il y eut les Breughel, Clouet Vouet… Le cas des Alaux, qui représentent huit générations de peintres, architectes, décorateurs, liés à notre Sud-Ouest et pour certains d’entre eux au Bassin d’Arcachon et à Arcachon même, est exemplaire.

La première génération est représentée par Joseph Alaux, peintre, décorateur, maître tapissier au XVIIe siècle à Lautrec, fief d’une grand-mère d’Henri de Toulouse Lautrec. La seconde est figurée par Pierre-Joseph Alaux, né en 1756, qui peignit en 1801 les décors du Grand Théâtre de Bordeaux, puis ceux du Théâtre Français à Bordeaux. Il travailla aussi à Lyon et à Cassel. La troisième génération est composée par les trois fils de Pierre-Joseph, tous trois peintres :

– L’aîné : Pierre alias Jean-Pierre Alaux, né à Lautrec en 1783 et mort à Vanves le 26 janvier 1858. Cet élève de Lacour père fut l’auteur du « panorama dramatique » installé boulevard du Temple à Paris, puis du « Néorama » (1828), vaste ensemble circulaire présentant l’intérieur de Saint-Pierre de Rome et l’Abbaye de Westminster à Londres : ces toiles de 54 mètres et 66 mètres de long sur 16 et 18 mètres de haut, retrouvées par André Malraux dans les réserves du Louvre, ont été exposées au Grand Palais en 1989 et sont présentées comme les plus grandes toiles existant au monde (l’État cherche un local assez vaste pour les exposer en permanence et la ville de Bordeaux s’y intéresse parmi les projets du future Musée des Beaux-Arts).

-Jean-Pierre Alaux décora en partie des théâtres aujourd’hui disparus : Feydeau, Opéra et Gaîté. À la fin de sa vie, passionné par la culture des roses, il fut un des premiers créateurs d’espèces hybrides.

– Le cadet n’est autre que Jean Alaux, dit le Romain, né à Bordeaux le 15 janvier 1786 et mort à Paris le 2 mars 1864. Il fut d’abord l’élève de Lacour à l’École des Beaux-Arts de Bordeaux, avant de gagner Paris où, dans l’atelier de Vincent, il eut pour camarade Horace Vernet et Alexandre Duchesne dont il fut l’ami. Il entra ensuite chez Guérin où il rencontra Ary Scheffer et Eugène Delacroix. Grand Prix de Rome en 1815, il peignit en 1818 « L’atelier d’Ingres » à Rome, excellent tableau exposé au Musée de Montauban (Ingres, montalbanais comme Bourdelle, séjourna longtemps à Rome, de1806 à 1820, puis à Florence de 1820 à 1824).

Jean Alaux attira vraiment l’attention sur lui en 1824 avec son « Combat des Centaures » et « Pandore ». Figurant parmi les peintres préférés de Louis-Philippe, il se vit confier une partie de la décoration du Louvre (deux plafonds), il décora la coupole du Palais du Luxembourg (L’apothéose de Napoléon), la grande salle du Palais de Fontainebleau (où il restaura également les œuvres du Primatice) et prit une part essentielle à la réalisation de la « Galerie des Batailles » et de la Salle des États Généraux au Château de Versailles. Ami de Delacroix et d’Ingres, qui dessina plusieurs portraits de lui, Chevalier de la Légion d’honneur en 1828, Officier en 1841, il fut directeur de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis) en 1846 et nommé membre de l’Institut en 1851. Le Musée des Beaux-Arts de Bordeaux possède de lui « Une jeune druidesse », « Le Xanthe », « L’intérieur d’un temple » avec figures en prières devant l’autel de la Vierge. Mais Jean Alaux est aussi présent à Paris, Lille, Rouen, etc.

– Quant au benjamin, il s’agit de Jean-Paul Alaux, dit Gentil, né à Bordeaux le 4 octobre 1788 et décédé dans la même ville le 24 janvier 1858. Peintre et lithographe, élève d’Horace Vernet et de Lacour à qui il succéda à la tête de l’École de dessin de Bordeaux, ancêtre de l’actuelle École des Beaux-Arts. Parmi ses œuvres, « L’extase de Saint-Paul » (1830) figure à l’église Saint-Paul de Bordeaux, tandis que le Musée des Beaux-Arts possède de lui plusieurs paysages et le Musée d’Aquitaine une Chartreuse. Il est aussi l’auteur de deux vues du vieux Bordeaux exposées dans le Grand Salon de l’Hôtel de Rohan (mairie de Bordeaux). Il avait épousé Mademoiselle Gué, fille de l’architecte Gué.

À la quatrième génération, se situent deux enfants de Jean-Paul dit Gentil :

– Sa fille Aline Alaux, née à Bordeaux, peintre animalier de talent qui exposa aux salons de Paris de 1833 à 1843 épousa M. Bodinier.

– Et Gustave Alaux, né à Bordeaux en 1816 et mort en 1882. Architecte du département et du diocèse, membre de la Commission des Monuments Historiques et des Bâtiments Civils de la Gironde, il a construit (ou restauré) plus de soixante églises et bon nombre de châteaux et de résidences (châteaux de Mont-Cassin, Saint-Bernard, Las-Tour, Saint-Genès, Goulens, Lagrange, etc.).

Architecte de l’église Notre-Dame d’Arcachon qu’il conçut en néo-gothique élégant (1858-1861), il parvint habilement à y incorporer la Chapelle des Marins mais dut s’arrêter à la grande nef malgré un don de Napoléon III. Il a choisi un style ogival inspiré du XIIIe siècle, parce que seul il répond dignement par ses mystères et son apparente immensité à la pensée chrétienne, proclama avec emphase l’abbé Mouls, célèbre curé promoteur du développement d’Arcachon. Gustave Alaux construisit également en Ville d’Hiver les villas Coecilia, Marguerite, Faust et Mireille. Son ami Gounod composa une sonnerie pour les cloches de Notre-Dame (elle n’aurait jamais pu être exécutée par le carillon défaillant).

Homme cultivé, amateur de peinture, de musique et de littérature, Gustave Alaux était aussi un sportif accompli (escrime, voile, chasse). Ami de Viollet-le-Duc, Delacroix et Ingres, il avait épousé sa cousine Jenny Gué, second Prix de Rome et décoratrice du Théâtre de la Gaîté Lyrique à Paris. Leurs trois fils représentent la cinquième génération :

– Jean-Michel Alaux, né à Bordeaux en 1850, se fixa dans sa ville natale après avoir fait ses études à l’École des Beaux-Arts de Paris (Atelier Jules André). Il acheva l’église Notre-Dame d’Arcachon devenue trop petite (transept et chœur). Président de la Société des Architectes du Sud-Ouest, architecte de la Banque de France, il mourut à Bordeaux en 1935. Concepteur d’immeubles rue Turenne à Bordeaux, de l’église de Saint-Georges de Didonne, etc., Jean-Michel Alaux épousa Jeanne Bonifas. Ils eurent sept enfants, dont trois fils : Jean-Paul, François et Charles.

– Daniel Alaux (Bordeaux 1853-1933), après avoir été élève de Galland puis de Bonnat à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, exposa au Salon des Artistes Français (1881-1885). Il fut l’illustrateur avec son frère Guillaume de l’édition nationale des Œuvres de Victor Hugo. Conservateur du Musée des Beaux-Arts de Bordeaux de 1907 à 1922, il y organisa un hommage à Goya. Peintre du Bassin d’Arcachon, il était membre du Cercle de la Voile d’Arcachon et de la « Girondine ». Son épouse, peintre aquarelliste de talent, fut l’auteur de Vues du Cap-Ferret et d’études de fleurs.

– Guillaume Alaux (Bordeaux 1856-1912), élève de Bonnat et de Gervex à l’École Nationale des Beaux-Arts, fut sociétaire des Artistes Français, puis de la Société Nationale des Beaux-Arts (membre du Jury). Portraitiste des personnalités parisiennes et des acteurs célèbres, son atelier du boulevard Berthier a vu défiler le « Tout-Paris » de la Belle Époque. Il fut également un peintre de marines réputé (scènes bretonnes notamment) (médaille d’or à l’Exposition 1900). Il exécuta avec maestria la vaste fresque décorant le chœur de Notre-Dame d’Arcachon : cette fresque constitue un véritable reportage sur les fêtes du Couronnement de la Vierge d’Arcachon en 1873, et un précieux document sur les costumes de l’époque. La plupart des « officiels » ont été peints d’après nature. Le cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux, et le Révérend Père de la Couture, supérieur des Oblats de Marie Immaculée qui desservent la paroisse d’Arcachon depuis le départ de l’abbé Mouls, sont ici figurés devant la Vierge couronnée, ainsi que le maire Jean Mauriac, le préfet, le général commandant la division de Bordeaux, et les représentants des corps constitués, tandis que des enfants de chœur « thuriféraires » manient l’encensoir aux pieds de la statue miraculeuse (un des enfants de chœur n’est autre que celui de son neveu, Frank Auschitzky). Il exposa aussi à Rome, à Bruxelles et aux États-Unis. Membre du Cercle de la Voile d’Arcachon, escrimeur, gymnaste, il fut un des plus spirituels animateurs de « La Girondine » et un grand amateur de croisières.

À la sixième génération, nous trouvons les trois fils de Michel Alaux déjà cités et leur cousin Gustave, fils de Daniel :

– Jean-Paul Alaux (Bordeaux 1876-1955) fut l’élève de son père et de V. Laloux. Architecte, peintre (médaille des Artistes Français), il fut professeur d’architecture à l’Université de Pittsburg (Etats-Unis) puis aux Écoles d’Art Américaines, fondées à Fontainebleau en 1920 et dont il devint Président. Membre de l’Académie de Bordeaux, il y fonda des Prix de peinture (paysages historiques), architecture et littérature (marine et voyages). Chevalier de la Légion d’honneur et titulaire d’Ordres espagnol, italien et portugais entre autres, il est l’auteur du Monument d’Alain Gerbault à Bora-Bora. Écrivain, grand voyageur, membre du Conseil du Yacht Club de France, il effectua de multiples croisières dans le monde et publia de nombreux ouvrages de voyages et d’aventure : vies de Christophe Colomb, Magellan, Vasco de Gama (illustrés par Gustave Alaux son cousin). Histoire de la Villa Médicis à Rome, Vies de Jean de Boy et d’Alain Gerbault… qui méritèrent de flatteuses récompenses. Fidèle à notre région, il est l’auteur de quatre Paysages du Bassin à la manière japonaise, dessins à l’encre de chine rehaussés d’aquarelle, dont “Le grand pin sur la plage du Moulleau”, “Le pin tordu” et de la dune du Pilat.

– François Alaux (Bordeaux 1878-1952), élève de Bonnat aux Beaux-Arts, peintre de la marine, fut membre de la Société Nationale des Beaux-Arts et professeur de dessin. Yachtman accompli, François Alaux, qui navigua souvent en compagnie de son frère Jean-Paul, est l’auteur d’œuvres de qualité sur la Bretagne, la Corse, Tanger— où il vécut de 1904 à 1912— l’Italie, l’Espagne. Il était l’ami de Raoul Dufy, d’Othon Friez— qui exécuta son portrait— et de Gabriel Voisin, aviateur et constructeur d’automobiles et exposa à la Nationale « Les chercheurs d’ailes ». Il avait épousé Mademoiselle Marie-Louise de Lannoy et vécut plusieurs années à La Ciotat. Un grand nombre de ses œuvres figurent dans les musées et des collections particulières, en France et à l’étranger.

– Charles Alaux (Bordeaux 1889-1918) fut le musicien de la famille. Grand Prix de violoncelle du Conservatoire de Bordeaux, Premier Prix du Conservatoire de Paris, il fut un concertiste de renom.

– Gustave Alaux (Bordeaux 1887-Paris 1965) suivit les cours de l’École Nationale des Beaux-Arts. Il fut l’élève de Marcel Baschet et d’Henri Royer à l’Académie Jullian. Chargé de mission aux États-Unis et en Suisse en 1916, membre de l’Académie de Marine, il est officier de la Légion d’honneur et Chevalier de l’Ordre d’Isabelle la Catholique. Grand voyageur, membre du Yacht Club de France, il est connu comme illustrateur d’ouvrages sur la mer. Sociétaire des Artistes Français (médaille d’or 1927), puis Hors Concours et membre du jury, il avait obtenu la médaille d’or à l’Exposition des Arts Décoratifs (1925) et à l’Exposition universelle (1937). Ses œuvres sont exposées au Musée de la Marine à Paris, ainsi qu’aux États-Unis et en Amérique du Sud.

Nous arrivons à la septième génération avec, faisant honneur à ses ancêtres, Jean-Pierre Alaux, fils de François, né à La Ciotat en 1925, élève de l’École Supérieure des Beaux-Arts (Atelier Dupas). Chevalier de la Légion d’honneur. Le palmarès est éloquent : Salon des Artistes Français (médaille d’or H.C.), Salon d’Automne (hommage en 1987 : 40 ans de peinture), Société Nationale des Beaux-Arts, Salon des Peintres Témoins de leur Temps et Comparaisons, Salon du Dessin et de la Peinture à l’Eau, Salon qui vient de lui consacrer une salle en 1992, Prix Puvis de Chavannes, médaille d’or Léonard de Vinci… Il est membre du Comité de plusieurs Salons : Société Nationale des Beaux-Arts, Dessin et Peinture à l’Eau, Comparaisons où il est responsable du groupe Symbolique-Visionirique et Salon d’Automne où il est Président de la Section Peinture à l’Eau. Peintre officiel de Marine, il est l’auteur de décorations sur le paquebot France, le porte-avions Foch, le cargo mixte Mississippi et a illustré Pierre Benoît (Aïno), Han Suyin (Multiple splendeur), Kazantszaki (Zorba le Grec)… Héritier d’une grande tradition, peintre, graveur, sculpteur, la réputation internationale de son œuvre est due à la perfection de ses compositions, où un élément onirique ajoute une sorte de poésie irréelle. Pour G. Domand (Libération) : Alaux joint à une science du dessin, du modèle… digne des classiques de jadis, une invention en veine de constantes trouvailles… peintre d’expressifs portraits, cet artiste est l’une des plus intéressantes personnalités de la peinture actuelle. Si plusieurs expositions particulières (Galerie Cardo, Reccio, Drouant, de la place Beauvau à Paris mais aussi Brachot à Bruxelles, New York, New Orléans, Boston) et de groupe (Angleterre, Allemagne, Suède, Iran, Japon, Bulgarie) ont fait la démonstration de son talent, des émissions télévisées avec André Parinaud et Micheline Marcelle Bardel dite Micheline Sandrel, « Radioscopie » avec Jacques Chancel, ont permis d’apprécier ses goûts : en peinture de Jérôme Bosch, Rembrandt, Vermeer aux Impressionnistes et Braque, Klee… Bach en musique. Mais aussi son humour et son non conformisme. Habitant Paris (Montmartre) où nous avons plaisir à le rencontrer, il vient l’hiver au Cap-Ferret peindre la solitude des grèves désertes. Amateur de Ski, il a jadis escaladé la Tour Eiffel par l’extérieur avec deux camarades des Beaux-Arts une nuit de 1945, il aime la voile qu’il pratique chaque été. Cet heureux artiste a, de plus, une très belle épouse et inspiratrice qui figure sur la majorité de ses œuvres et l’aide à gérer efficacement sa carrière, prenant en charge les problèmes matériels (formalités, plannings, etc.). Nous espérons qu’un jour, il pourra présenter à Arcachon des éléments rétrospectifs de son œuvre, qui pourraient être accompagnés d’œuvres des précédents Alaux, nombreuses dans les musées, notamment de Bordeaux, sans oublier dessins et plans architecturaux de Gustave Alaux (Notre-Dame, la Ville d’Hiver, etc.).

Et la huitième génération ? Le fils de Jean-Pierre Alaux, Jean Christophe est architecte, sa fille, Sophie, peintre, est professeur d’Arts plastiques. Signalons pour conclure qu’un « hommage à la famille Alaux » déjà présenté au Grand Palais en 1991 par la Société Nationale des Beaux-Arts, sera exposé à Tours au Musée du Gémail (7, rue du Mûrier) du 14 au 29 mars 1992 et sera constitué par une rétrospective d’œuvres de Jean-Pierre Alaux, entourées de toiles, dessins, reproductions d’œuvres de ses ancêtres.

Jacques Delamare Membre de la Société des Écrivains d’Aquitaine Bulletin de la Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch. Numéro 71 — 1er trimestre 1992

[1]L’Avenir d’Arcachon du 30 août 1906.

Raphaël

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