Le professeur Potain : un souvenir régional

 

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Sur la rive opposée à Arcachon, dans la commune de Lège, près d’Arès, et au voisinage immédiat de la mer, existe une petite maison de campagne : « Les Jacquets » dont le nom évoque d’agréables souvenirs de jeunesse pour quelques-uns de nos confrères bordelais. L’un des élèves préférés du professeur Potain, déjà son ami, plus tard son collègue à l’Académie, habite chaque été, avec sa famille, dans ce coin de solitude reposante.

En août 1884, l’éminent professeur de la Faculté de Paris vient l’y rejoindre pour quelques jours.

À cette époque, on travaille à la reconstruction d’une digue et au creusement de vastes réservoirs à poissons. Chaque jour, une soixantaine de mètres cubes de terre, empruntés au sol d’anciens marais incomplètement séchés, s’entassent non loin de la maison (le site de la Mole, à Gujan, qui réceptionne les boues de dragage, n’existant pas).

Chaque jour, à l’aurore, le maître vient admirer le soleil levant, choisissant précisément pour s’y installer la digue fraîchement remuée. Les autres habitants de la maison, moins admirateurs du lever du soleil, dorment encore à l’heure où M. Potain vient respirer le miasme paludéen.

À cela près, tous vivent de la même façon !

Quelques jours après son retour à Paris, M. Potain est pris d’accès fébriles intermittents, de forme grave, qui le tiennent deux mois éloigné de toute occupation active. Les autres personnes n’éprouvent aucun malaise.

Cette mésaventure fâcheuse pour le maître faillit le devenir pour notre station girondine. M. Potain remédie à toute interprétation malveillante en envoyant toute une famille s’y débarrasser d’une malaria contractée au Caucase. C’est la dernière phase de la légende de l’impaludisme arcachonnais. D’autres l’ont remplacée. On ne prête qu’aux riches !

Journal de médecine de Bordeaux, Dr Joseph Vergely, Directeur de publication, 6 janvier 1901

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32099355/f57.item.r=%22les%20jacquets%22.zoom

Raphaël

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