Jours de colère en pays de Buch

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                   « Colère : sentiment d’irritation

                               contre ce qui nous blesse. »

                                                               Littré.

 (1)

    Dans sa famille, on l’appelait « Touton * Mousse ». Parce que ses petits-enfants, nièces, cousins et neveux admiraient que, le certificat d’études à peine acquis à l’école Jean-Jaurès de La Teste, il se fût embarqué sur un morutier d’Arcachon, à bord duquel, racontait-il, il avait et même plusieurs fois, lutté au corps à corps avec les ouragans du cap Horn. Des exploits d’autant plus étonnants qu’affronter de pareilles vagues pour rejoindre les eaux poissonneuses d’Islande ne constituait précisément pas un raccourci. Mais il créait ainsi des tornades d’Antarctique qui emportaient au loin son auditoire béat. Lequel, pour varier les plaisirs, lui lançait des thèmes qui inspiraient particulièrement Touton, surtout lorsqu’il avait pris le temps de rouler une cigarette dont le papier jaune et flasque pendouillait sur ses énormes moustaches toujours humides qu’il relevait alors d’un geste large, rassurant ainsi son public qui ne craignait plus qu’il puisse les incendier, dans le feu de l’action. Il se posait ensuite en soupirant sur son fauteuil de bois, installé en permanence juste au bord de la cheminée monumentale, où en toutes saisons fumaient de grosses bûches de pin dont la résine éclatait par surprise, ajoutant ainsi des chocs inattendus qui rythmaient les épopées qu’il lançait à haute voix et qui emplissaient de rugissements toutes les pièces de sa maison basse, entourée d’un potager dont tout le quartier autour de la place du Coum admirait la rigueur de ses  règes,* la luxuriance de ses  tomates et la vigueur de ses chicons*.   

   Il excellait, aussi bien qu’au jardinage, à ravir son jeune public, lorsqu’il l’implorait :

   « – Touton, parle-nous de Noste Pierre. »

   Car notre homme admirait particulièrement celui que tout le Bassin –ou presque- appelait ainsi. Il s’agit de Pierre Dignac.(2) Une admiration qu’il défendait auprès de ses gendres, pas toujours d’accord avec lui, à grands renforts de coups de poing sur la table du dimanche, à l’heure du pousse café et des discussions politiques.

   « – Mais vous ne voyez pas tout ce qu’il a fait pour nous, les parqueurs ! » leur assénait-il, puisqu’ils travaillaient tous durement sur ses parcs du Grand banc, « les meilleurs du meilleur des endroits du Bassin », proclamait-il. Craignant cependant, dans les débats parfois bruyants, de se faire taxer de parti pris, il n’insistait pas trop sur l’autre grand service obtenu de Pierre Dignac, lorsque secrétaire d’Etat à la marine de guerre, il avait fait engager le fils de Touton comme trompette à la musique principale des Equipages de la Flotte de Brest, avec laquelle, devenu soliste et embarqué sur la «  Jeanne », il fit  trois fois le tour du monde.

    Tant et si bien que, lorsqu’au meilleur moment d’une journée d’hiver, juste après la sieste, la jeune famille insistait :

   «- Touton Mousse, touton Mousse, raconte-nous la fessée historique! »

     Notre homme, alors, ne se faisait prier que juste le temps qu’il fallait à sa minuscule  épouse, tante Marthe, pour intervenir :

«- Mousse, ne fais pas le pec* : maraoule-leur* ton histoire. »

Alors, il se lançait.

    «- Maginez* les enfants qu’un huc atoua*, le 5 septembre 1898, avait brûlé notre forêt usagère sur trois kilomètres de long. C’est pas rien qu’un peu ! Et maginez aussi qu’un an après, les juges de Bordeaux, ils voulaient nous estamper* en donnant le bois brûlé à tous ceux qui ont déjà de quoi,* les ayants pins et pas aux usagers(3), comme nous. C’était du pillage ! Pensez si on s’escanait* et si on a pris la quinte*, surtout que le Dumartin, une espèce de galapian* malfaisant, avait déjà commencé à scier des billons*, du côté de la Bat du Porge, près du lac de Cazaux, avec son machin à vapeur. Et alors, vous savez pas ce qu’il a fait, Noste Pierre ?  E  bé, pardi, malgré sa famille, il s’est rendu.* Et, à partir de là,  il s’est escagassé* à répéter partout que le maire, Jules Lutzy, laisse piller notre forêt et que c’est rien qu’un tyran qui fait que des cagades* avec nos droits. Celle qui bade* le plus le Pierre, c’est la mignonne Madeleine Labèze ; on l’appelle «La Belle Usagère », tellement elle est mignonne. Elle aussi se démounique* tant, qu’elle s’en va tarabuster* tout le monde pour que le 15 mars, on se trisse* tous à la gare, pasque, là, il y a plein de wagons remplis du bois volé dans notre forêt.

   En faisant les tignous*, les hommes rembarrent* les cheminots complètement pris de pétoche* et puis ils décanillent* tous les billons et ils sont tellement quintous* qu’ils en font du grépin* ! Et alors, voilà que les arails* arrivent si rondo* que tout le monde décarre* dans tous les sens et qu’il leur reste plus qu’à grifougner* au hasard trente PV sur leurs petits carnets verts. Mais le lendemain, à la date du 20, des Gujanais arrivent à la rescousse et on est en pagaille*, au moins cinq mille, à s’encarrasser* dans des bros* et à suivre la voiture de Noste Pierre et de la Madeleine, jusqu’à Cazaux. On secoue des haches, on lève des drapeaux français, on souffle dans des clairons, on crie : « Vive nos droits ! »  ou  on chante « Vous n’ aurez pas l’Alsace  et la Lorraine » et  le « Chant du départ ». 

     Arrivés à la scierie de Dumartin, on rembarre* ses gonzes* à coups de grosses pignes vertes bien pointues, en les visant juste entre les deux yeux. Les femmes suivent en courant la Madeleine en criant :

  «- Plus jamais de voleurs de bois ! »

   Et, juste à ce moment-là, elles tirent de la mouscaille* le chef de l’usine qui s’ était caché sous un gros tas de sciure et de vieilles ripes*. Des hommes, hurlent :

   « – On va le couper en deux avec sa scie à ruban ! 

      – Il faut  lui donner une de ces roustes* ! »

      – Foutons-le dans la craste* ! » 

   Pendant qu’ils s’escanent* à crier, la machine à vapeur crache  à toute bombe* dans tous les sens et nous enfume dans un nuage, comme s’il brousinait*. Finalement, c’est une grande gigasse* qui attrape le chef, le déculotte devant tout le monde, le coince entre ses poupasses*, lui fait chapelle* et lui flanque une de ces fessées, mais une fessée monumentale. Historique, la fessée, c’est moi qui vous le dis ! Après, il s’esbigne* à toute bringue* en tenant son pantalon par les bretelles. On  rigole tous et on lui crie :

   « – Cours pas si vite dans l’eau, tu vas faire déborder le lac ! »

   Pendant ce temps, des hommes, sans counilher*, coupent les courroies des machines et d’autres font la chaîne pour faire des palanquées* sur les bros avec tout ce qui reste du bois. Pour se requinquer* après tout ça, on tortore* notre quatre heures* avec des tripottes* et puis on se trisse* pour partir. Et heureusement, pasqu’arrivés au Courneau, qu’est-ce qu’on voit pas dans le train qui roulait juste à côté de nous ?  Un paquet de gendarmes qui, au lieu de brandouiller* à Bordeaux, arrivent là avec leurs gails*, leurs Chassepots et tout leur saint-frusquin*, comme s’ils partaient faire la guerre au Bismarck. Seulement, voilà, comme eux,  ils sont toujours à la bourre*, ils vont dans un sens et nous, dans l’autre.

   Quand on arrive au Béquet, Noste Pierre, il monte sur un pilot* de rondins et il nous dit, je l’entends encore :

   « – Jamais plus La Teste n’abandonnera ses droits ancestraux et jamais plus on ne nous volera nos terres comme les Arcachonnais l’ont fait pour le quartier d’Eyrac et de la Chapelle. On leur doit le déclin de La Teste : maintenant, c’est fini ! » (4) 

   La petite Berthe, déjà si fine qu’elle allait entrer bientôt à l’école normale d’institutrices de Caudéran,  savait très bien comment il fallait relancer le récit. Elle lançait :

    « – Mais, dis-donc, Touton, tu ne les aimes pas les Arcachonnais ? »,

      – Les Arcachonnais, é bé, brancaille*, chaque fois ils me font prendre la quinte ! Mais, ma pauvre Berthe, tu ne te rends pas compte de ce qu’ils nous ont fait subir, les Arcachonnais ! Ils nous ont pris Eyrac, ils nous ont pris la Chapelle et non contents de ça, ils nous ont tout volé : l’Inscription maritime, le bureau des Douanes, l’Enregistrement, le téléphone et même les trains express. Ils ont aussi réussi à nous priver de pêche ! Je vous « esplique » :

       – Maginez que depuis le milieu du siècle dernier, (5) ils rouméguaient* pasque les pêcheurs testerins les gênaient sur des  plages qui pourtant étaient à nous, depuis Colbert (6). Et que leurs pontons (7) les emboucanaient* et qu’ils étaient des tracassous* avec leurs filets qui séchaient sur les palisses* ! Et qu’un conseiller d’Arcachon qui était allé jusqu’à dire qu’ils avaient installé une véritable forêt de piquets dans le port ! Un port qui n’existait pas ! Et même que le directeur du Grand Hôtel, avec son accent pointu, qui voulait qu’ils décarrent* à au moins quarante mètres de son espèce d’échoppe, comme s’ils étaient castamés* ! Ajoute que la largeur de la plage diminuait à cause du Teychan (8) et que l’été les kayoks* n’avaient plus assez de place ! Alors, plus de pontons, plus de filets, du coup plus de pêche et bientôt on n’aurait plus du tout de Bassin. Et voilà ! Mais les Arcachonnais ont osé aller encore plus loin. Maginez* un peu qu’un de leurs journaux a écrit qu’on voulait corrompre politiquement Arcachon pasqu’on était des réactionnaires. Nous, des réactionnaires, alors qu’on a été dans les premiers en France à avoir le train à vapeur !  »

   Tout aussitôt, la colère de Touton Mousse se portait sur les bûches dans la cheminée qu’il frappait à grands coups de pincettes. Un geste furieux qui soulevait des gerbes d’étincelles explosives, bien au-dessus du crochet noirci de la crémaillère.

   «- Mais c’est qu’ils disaient de tout* sur nous les Arcachonnais ! Ils ont même licencié tous les Testerins qui travaillaient chez eux, sous prétexte qu’on les aurait traités d’immoraux (9). Il a fallu que notre maire Lutzy aille demander pardon au leur, un nommé Veyrier-Montagnéres, un tignous* avec des yeux en berlon* derrière son lorgnon, un qui vaut peu et qui a collé des affiches partout dans sa ville pour porter le pet, faire rire de nous et nous chacailler*. Voilà, exactement, tout ce qu’ils nous ont fait les Arcachonnais ! 

    « – Mais vous aviez tous semé un grand désordre », faisait souvent observer la petite Berthe.

       – Du désordre, nous ? E bé, di’on ! En 1906, quand les amis des curés  ils ont voulu empêcher que les moines soient mis dehors de l’église du Moulleau, il a fallu y faire venir de Bordeaux des commissaires de police, une compagnie d’infanterie et vingt-cinq gendarmes qui ont dû tirer pour sauver leur peau,(10) c’était autre chose, qu’ils avaient déclenchée, les curés ! »

       Pendant cette diatribe, la tante Marthe levait les yeux au ciel, en un geste de désespoir, de réprobation et de repentance, comme si ce mouvement valait un signe de croix interne. À cet instant, comme tout l’auditoire devinait bien que le débat allait tourner au vinaigre familial, il se trouvait donc toujours une petite voix pour réclamer :

     «- Touton, touton : maintenant, raconte-nous le duel. 

       – Mais le duel, di’on, c’est grave. Et c’est de la faute des Arcachonnais, ce duel, pasqu’ils voulaient se le garder pour eux le siège de conseiller général de La Teste. Alors, Noste Pierre, il a répondu* en se portant* à ce poste. Tu parles : le Veyrier-Montagnères qui y était, il a tellement le bouilli* qu’il pose des affiches où il insulte Noste Pierre. L’autre, ça lui met son sang par terre* et il le provoque en duel. Mais le Montagnères qui est pétochard* ne bouge pas. Et figurez-vous que peu de temps après, à une grande réunion à Arcachon, Dignac, tout fumace*, dit ses quatre vérités à  l’Arcachonnais :

   « – Tout le monde sait que votre femme vous entretient ! »

Aussitôt, l’autre prend le bouilli* et comme il ne peut pas river le guingasson* à Noste Pierre, il saute par-dessus la talanquère*, l’attrape à la gorge et il le tarabuste tellement que le garde-champêtre se précipite pour les séparer. Aussitôt, les Arcachonnais veulent donner une peignée* aux Testerins qui sont là mais nous on ne pense qu’à sauver le pauvre Pierre en danger de mort et on décarre* avec lui à toute bringue*. Et le dimanche suivant, tu parles de  rigoler : Noste Pierre, avec au moins mille voix de plus, il le gagne,* l’Arcachonnais.(11) Et voilà que le tantôt, il a l’idée d’aller à Arcachon fêter sa victoire chez son ami Busquet, boulevard de la Plage.

   « – Il vient nous chercher ! »,  hurlent les amis de Veyrier-Montagnères.

   « – Aussitôt, ces carcans*, ils courent tous sur Busquet et son ami, obligés de se réfugier comme ils le peuvent au fond du café Repetto. Les autres y entrent et y auraient tout cassé si l’adjoint d’Arcachon, un nommé Fages, n’avait pu encarrasser Dignac dans une voiture. Pendant ce temps, juste au moment de la clumette*, le tocsin sonne à La Teste. On arrive en renfort et c’est bien dommage que du côté du Moueng on ait croisé la voiture de Pierre, pasqu’on allait pour se tuster* avec les Arcachonnais, pour leur montrer. Il nous calme, nous dit que tout va bien et qu’on va tous boire un coup chez lui, rue du XIV juillet.

   Mais Noste Pierre, qui a une sacrée tronche de Bougés, raconte partout que le maire d’Arcachon se dérobe devant une épée. Alors, l’autre, qui veut le tuer, lui envoie ses témoins et les voilà au petit matin d’un 11 mars 1905, sur un pré, du côté de Bordeaux, avec leurs pistolets. Et vous allez voir que Noste Pierre, c’est un héros. Lui qui n’a pas son pareil pour descendre une palombe qui s’envole à cent à l’heure, lui qui pourrait faire une crépinette* de son collègue, é bé, il ne tire pas. Mais l’Arcachonnais, ce tignous, lui, il fait feu, juste au moment où Noste Pierre lui tourne le dos. Vous vous rendez compte : il a tiré sur un homme désarmé et dans le dos ! Heureusement, il ne lui fait qu’une grosse escarougnasse* en bas d’une fesse ; on y met une ligasse* et tout le monde s’en revient sur le Bassin, quand même assez content pasqu’on a risqué de s’entretuer et peut-être de déclencher une guerre civile. Mais vous allez voir que Noste Pierre, c’était quelqu’ un. »

     Alors, selon un rituel immuable, Touton Mousse attrapait sur l’étagère de la cheminée la boîte émaillée marquée « Epices », celle entre « Sucre » et « Café ». Il l’ouvrait comme un ciboire, il en sortait triomphalement un article découpé dans la « Petite Gironde » et il faisait entendre dans un silence religieux le discours de Pierre Dignac, prononcé sur la tombe de Veyrier-Montagnères :

   « – Pendant un quart de siècle il a grandement honoré la belle cité d’Arcachon (…). La tâche était rude, l’ouvrier est tombé mais l’œuvre est immortelle… »

Alors, invariablement, il concluait : 

   «- C’est pas un discours de grand homme, ça ? »

Et tout son monde en restait bouche bée ….

Jean DUBROCA

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NOTES :

(1) Tous les faits relatés ici sont exacts, à quelques détails près. Le langage utilisé est le « pichadey », ce parler gascon de Bordeaux et alentours, très répandu jusqu’encore après la Libération.

(2) Pierre Dignac (1876-1973), surnommé « Notre Pierre », fut maire de La Teste, sans discontinuer, de 1902 à 1941. Elu successivement conseiller général du canton de La Teste en 1905, puis député de la Gironde, il devint sous-secrétaire d’Etat à la marine militaire de 1931 à 1932.

(3)  Dans la forêt usagère de La Teste et de Gujan-Mestras, le sol appartient à des propriétaires et l’utilisation du bois aux usagers, dans des conditions fixées par des « baillettes ».

(4)  En fait, Robert Aufan a démontré que les Testerins n’ont pas été les derniers à spéculer sur des terrains qui ont fait passer « Arcachon de la forêt à la ville ». 

(5)  Commencé en 1866, le conflit durera jusqu’en 1902.

(6) Un édit royal de 1681 a créé le domaine public maritime.

(7)  Embarcations transformées en maisons d’habitation provisoires par les ostréiculteurs et les pêcheurs  pour se trouver au plus près de leurs exploitations

(8)  Le Teychan : le large et profond chenal qui longe la côte d’Arcachon.

(9) Un conseiller municipal testerin en colère  avait publiquement comparé Arcachon à Sodome.

(10 En réalité, un des commissaires de police a tiré en l’air trois coups de feu de sommation pour disperser des manifestants contre la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

(11) Huit cent trente-trois voix exactement, sur 4595 suffrages exprimés.

LEXIQUE :

– Arail :  Policier.

– Avoir de quoi : Etre riche

– Bader : Admirer

– Berlons  : Grosses billes

– Billon : Tronc de pin débité en forme de poteau de mine.

– Bombe (A toute) : A toute vitesse.

– Bouilli :  Colère. (Prendre le bouilli : coup de colère.)

– Brancaille : Gentil juron.

– Brandouiller : Brasser de l’air. Perdre son temps. Tourner en rond

– Bringue : Vitesse

– Bros : Charrette à grandes roues, tirées par deux mules.

– Brousiner : Bruiner .

– Cagade : Erreur énorme

– Carcan  : Méchant.

– Castamé : Pourri. En mauvais état. Syphilitique.

– Chacailler (se) : Se disputer.

– Chapelle (faire)  : Relever la chemise.

– Chicon : Laitue dite romaine, à longues feuilles craquantes

– Clumette : Sieste.

– Craste :  Ruisseau de drainage.

– Crépinette : Saucisse plate.

– Décaniller  : Renverser

– Décarrer  : Fuir

– Démouniquer : Se démener, se donner du souci, faire tout son possible.

– Dire de tout : insulter, calomnier.

– Escagasser : Dans le contexte : se fatiguer. Autrement : écraser, pulvériser.

– Estamper : Voler.

– En pagaille : Dans le contexte, en grand nombre. Sinon : en désordre.

– Emboucaner : Asphyxier.

– Encarrasser : Entasser.

 – Escarougnasse : Egratignure.

– Esbigner (s’) : S’échapper discrètement.

– Escaner  (s’) :  S’étouffer ; S’engouer.

– Fumace : furieux.

– Gails : Chevaux.

– Gagner : dépasser.

– Galapian : Un mauvais sujet.

– Gigasse :  Très grande femme

– Gonzes : Hommes.

– Grépin : Couche d’aiguilles de pins séches.

– Grifougner :  Mal écrire.

 – Huc atoua :  Feu énorme. (S’accompagne d’un large écartement des bras.)

– Kayoks : Mouettes ou goelands. Nom donné autretois aux touristes.

– Ligasse :  Pansement grossier.

– Maginez : Imaginez. Figurez-vous.

– Maraouler :Répéter inlassablement.

– Mouscaille : Saleté.

– Palisse : Haut piquet avec un ergo au sommet.

– Palanquée : Gros chargement

– Pec : Fou ; imbécile.

– Pétoche : Peur. Pétochard : peureux.

– Pilot : Petit tas.

– Porter (se) : Etre candidat à une élection

– Poupasse : Grosse poitrine

– Quatre heures : Collation.

– Quinte : Grosse colère.

 – Quintous : En colère, coléreux

– Ripes : Copeaux de bois.

– Rège : Sillon

– River le guingasson : avoir le dernier mot. (Guingasson : clou de tapissier)

– Rembarrer : Renvoyer brutalement 

– Rondo : Rapidement, immédiatement.

– Saint frusquin : Beaucoup de matériel.

– Sang par terre :  Stupéfaction.

– Se rendre : Riposter. Se montrer effronté.

– Talanquère : Barrière, comptoir.

– Tarabuster  : Secouer.

– Tripottes : Tripes à base d’abats de veau.

– Trisser : Courir très vite.

– Tignous : Méchant, agressif.

– Touton  : Tonton.

– Tortorer : Manger  rapidement.

– Tracassous : Ennuyeux ; casse-pieds.

– Tuster (se) : Se battre violemment.

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Aimé

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