1881 – Culture de la vigne à La Teste

  Imprimer cet article Imprimer cet article

Depuis que le prix des résines est devenu moins rémunérateur, dit la Gironde, nos populations landaises se sont préoccupées des moyens d’utiliser leurs terres à d’autres cultures, pour obtenir d’autres revenus.

L’esprit de routine a longtemps régné en souverain dans le pays landais. On se disait que le sol ne pouvait produire que le pin, le seigle et le maïs ; on s’en tenait à ces cultures, laissant à des étrangers le soin de démontrer le contraire, ce qui est souvent arrivé sans que leur exemple ait été suivi par les indigènes. À la vérité, quelques essais ont échoué si d’autres ont heureusement réussi ; cela tient à ce que certains propriétaires ont tenté parfois leurs expériences sur une trop grande échelle.

Depuis quelque temps, des propriétaires, mieux avisés et plus pratiques, ont fait des essais sur une échelle plus restreinte ; ils se sont adonnés à la culture de la vigne, que les sables peuvent parfaitement subir. Les essais ont réussi sur un grand nombre de points, notamment dans les landes de La Teste. C’est ainsi que bon nombre de propriétaires ont aujourd’hui dans leurs jardins des pieds de vigne donnant de très bons raisins de table. D’autres cultivateurs ont planté autour de leurs champs des vignes qui donnent un petit vin blanc fort apprécié.

Des deux fléaux qui menacent la vigne, la gelée et le phylloxéra, le second est moins à redouter dans les sables. Pour conjurer les gelées, on n’a guère employé jusqu’ici que les nuages artificiels el le système des paillassons. Un nouveau procédé a été appliqué avec succès par M. Destouesse, géomètre a Mézos (Landes). Il consiste dans l’application d’une planchette en bois de pin au-dessus du cep à garantir. L’appareil, on le voit, est excessivement simple et en même temps peu coûteux (20 fr le mille).

Voici, en résumé, comment le Républicain landais, dans un intéressant article, explique le procédé et ses effets : « La gelée blanche, qui se produit d’ordinaire dans le courant des mois de mars et avril, est mortelle pour les jeunes pousses et principalement pour les bourgeons de la vigne. Il s’agit donc de trouver un corps qui, en s’opposant au rayonnement de la plante, empêche la production de la rosée et de la gelée.

La planchette dont nous parlons, convenablement placée, remplit les conditions demandées. Elle s’oppose au rayonnement et par suite au refroidissement de la vigne, lui conserve une température au moins égale à celle de l’air ambiant, et s’il y a formation de gelée, celle-ci se dépose sur la planchette et non sur le corps abrité. »

La planchette a des dimensions limitées, car il n’est pas nécessaire d’abriter le cep tout entier ; il suffit de garantir les bourgeons de l’année, au nombre de deux.

M. Destouesse a fait l’an dernier des expériences reconnues concluantes, et les vignerons landais qui connaissent son procédé se disposent à l’appliquer cette année. M. Destouesse, qui a pris un brevet d’invention pour la France et l’étranger, expérimente en ce moment son système chez M. Albert Boucau, président de la Société d’encouragement à l’agriculture, dans la Chalosse, ainsi qu’au château de la Bataille, à Villeneuve-de-Marsan. D’autres expériences sont faites, dans la Gironde, chez M. de Lur-Saluces à Sauternes, et chez M. Avril à Blanquefort, qui recouvre en ce moment presque tout son vignoble. La dépense, nous dit-on, sera de 109 000 francs le la première année.

Ce procédé de couvrir les vignes avec des planches, est pratiqué avec succès en Bourgogne.

 

L’Avenir d’Arcachon du 1er mai 1881

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5429941b/f2.item.r=vigne.zoom

1780 – Vigne de Jean Deligey, dit Pachou, à La Teste

Les sables reprennent leur marche intruse vers 1780. Ces sables venus de la mer inquiètent désormais les champs et recouvrent la forêt riche en résine ; tous conviennent qu’il faut les fixer, d’autant que leur avance s’amplifie.

La vigne du Pachou est envahie ainsi que la chapelle Notre Dame des Monts ; tombée en ruines en 1783, elle sera cédée, comme bien national, en 1791. (les habitants se sont repliés depuis longtemps vers la chapelle du château de La Teste).

Le Pachou est situé sur les terrains de l’ancien hôpital « Jean Hameau » ; c’est le chaffre de Jean Deligey qui, en 1783, y possède une vigne.

Dernière zone touchée par les sables mobiles, le secteur est ensemencé par Brémontier en 1803.

En 1834, les héritiers de Deligey, J.B. Mercié et Jean Pontac (marié à Anne Deligey, fille de Pachou) revendiquent l’application du décret de 1810 qui prévoit, contre remboursement des semis, la remise des nouvelles forêts aux propriétaires des anciennes parcelles recouvertes : l’administration argue du fait que, sur les documents présentés, il n’y a pas d’indication concernant l’étendue et les confronts de la vigne ! Les plaignants n’osent pas engager d’action judiciaire et l’État reste propriétaire.

On peut encore voir, au nord-est du monument dédié à Brémontier, un talus qui  est dû à l’installation d’une palissade destinée à protéger les premiers semis effectués en 1802 dans la partie est des sables blancs ; ceux situés à l’ouest ne seront fixés qu’en 1813.

Raphaël

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.