1708 – Cartes de la Guyenne et de la Saintonge, faites par Masse –

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Carte du 5e quarré de la générale de Médoc de partie de Guienne et de Xaintonge

Voici les indications que l’on trouve sur la carte :

« Cette carte particulière contient la suite de la grande coste de Médoc et partie du pays de Buch ou le Captalat, elle joint à l’est au 12e quarré de la générale ; il n’y a de remarquable en celle cy que les paroisses du Porges et de Leyge, une partie de l’estang de La Canau et le commencement de la mer d’Arcachon, le ruisseau par ou s’escoulent les eaux des estangs, et des landes du costé du sud dans le havre ou bassin d’Arcachon. Cette carte represente l’estat où le pays estoit, en 1707, levée et dessinée par Masse, en 1708 »

Partie de Medoc, Ruisseau qui fait la Separation du Medoc et du Pays de Buch ou le Carlatat, Partie de l’Estang de la Canau, Bois de Socounau, Ance du Batruchien, Marais Impraticable ou se fait l’Escoulement des Etangs, Les Esquipot, Trucq de Perigro, Pescherie, Passe de la Tressade, Les LeDes Basses, Coste de Buch ou de Arcachon, Vieille Eglise, Marais ou Estang du Porges, Bois de Moulugur, Palillou, Passe de Palillou, Estag de Palillou, Pescherie, Les Porges Paroisse, Landes qui Sinondent aux de ordements des Estangs, Bois de Barbot, Ch. De Bourdeaux,  Passe de Peliq, Pescherie, Estang de Peliq, Luros, Ruisseau par ou Sécoulent les Eaux des Etangs dans la Mer d’Arcachon, Landes Basses, Passe de Bucq, Bois de Gialez, Bois de Sinlas, La Pirssor, Source Dauriou, La Roque Dauriou, Les Roquettes, La Passe Chanuaut, Leriou, Ch. De Bourdeaux,  Lit de l’Ancien Chenal, Pu de Leyge, Leyge Paroisse, La Roque de Quartex, La Ronde, Landes inondées Partie de l’Année, Ignae, La Roque Gilout, Pointe de Pressot, Passe de Nosses, Partie de la Mer d’Arcachon, Port de Leyge, Ruisseau de Ignae, Bois de Rpeti, Chemin de Bourdeaux

Les Mémoires de Claude Masse font état « des dunes qui sont fort hautes dans ce quartier. La pente naturelle du terrain est du Nord au Sud, comme l’on en peut juger par le ruisseau ou chenal, ou petite rivière qui écoule les eaux des Etangs qui sont au Nord de cette Carte. Dans la petite Mer, havre ou bassin d’Arcachon ou de Buch, il y a très peu de choses remarquables en cette Carte. La partie du terrain qui n’est point occupé par des dunes étant landes basses, innondées partie de l’Année, exepté le terrain cultivé des 2 paroisses qui y sont contenues, dont les environs des Eglises ou Bourgs sont assés bien cultivés où il croît de bon seigle, n’y venant point d’autre grain, le fond étant en général de Sable. La Paroisse du Porges est d’environ 55 feux. Le Village de l’Auriou en dépend. La Paroisse de Leyge est d’environ 90 feux. Le Village d’Ignan (noté Ignae sur la carte) en dépend aussy bien que celuy d’Aresse qui est dans la Carte du 6e quarré. Les habitans de cette Parroisse sont aisés, une partie étant Matelots, les autres laboureurs et Bergers qui nourrissent plusieurs troupeaux de toutes espèces de Bestiaux. Les habitans de la Parroisse du Porges sont tous Pasteurs exepté quelques laboureurs, et leur principal revenu consiste en Bestiaux.

Les petits Etangs qui sont a l’Ouest de cette Parroisse leur fournissent du poisson. Ils êtoient autrefois plus vastes qu’ils ne sont et les Dunes qui avancent continuellement les comblent insensiblement aussy bien que les marais et ruisseaux par ou s’écoulent les eaux des landes et des Etangs de la Canau ; ce qui est très préjudiciable aux 2 Parroisses contenues en cette Carte, parce que l’hiver et dans les temps que les Eaux sont hautes, elles refoulent dans le Païs et noyent partie de leurs terres ensemencées. Pour l’été il y a peu d’eau dans ces marais que l’on traverse assés aisément en trois, quatre endroits pour communiquer de la terre ferme dans les Dunes, et des Dunes le long de la Côte de la Mer, surtout a l’ouest de la Parroisse de Leyge ou les Sables ont presque tout comblé le lit de l’ancien chenal ou il reste très peu d’eau l’Eté mais beaucoup en hiver. Les Peuples de ces 2 Paroisses sont a peu prés de même humeur, Religion & coutume que ce qui est dit aux mémoires des Cartes cy devant, quoy qu’ils fassent partie d’une contrée particulière que l’on appelle communément Païs de Buch ou le Captal ou Captalat, dont les Seigneurs de la Teste sont Suzerins, et ces Paroisses en ont de particuliers et celle de Leyge appartient au Baron d’Arez.

Il n’y a rien de remarquable le long du bord de la Côte de la mer que le Vulgaire appelle communément de Buch ou d’Arcachon. Il n’y a n’y port, n’y rade, n’y mouillage, n’y aucune chose distinguable, c’est pourquoy elle est très affreuse pour les pauvres navigateurs qui ont le malheur d’y échouer, y ayant beaucoup de peine a être secourus, les Dunes ou montagnes de Sables étant en cet endroit fort larges et très difficiles a s’y conduire a moins que d’être guidés ; les habitans n’étant guère meilleurs que ceux des Paroisses des cartes précédentes aux mémoire desquelles on a expliqué les mœurs de ces peuples.

A la Rochelle, le 20 may 1708, Masse

https://shaapb.fr/wp-content/uploads/files/SHAA_078.pdf

https://1886.u-bordeaux-montaigne.fr/items/show/71956

Carte du 6e quarré de la Générale de Medoc

Mémoire sur la Carte du 6e quarré de la Générale de Medoc et partie de Guienne et de Saintonge.

Titre que lon pût mettre a cette Carte.

Carte du 6e quarré de la Générale de Medoc et partie de Guienne et de Xaintonge, qui represente le paÿs en l’Estat quil estoit en 1708

On peut y lire :

Partie de Pays de Buch ou le Captalat, La Grande Passe de Papon, Partie du Bassin du Pilat, Cabanes du Pilat, Vieille entrée du Pilat, Ance de Lesta, Balises qui servent de guide aux mariniers qui entrent dans la Mer d’Arcachon, Principal Chenal, Vallée de la Grave, la Passe du Millieu, la Passote, Cap du Ferret, Pointe de la Beste, Pointe de Brunet, hermitage Notre Dame d’arcachon, Pointe du Bois, Rade, Forest d’Arcachon, Pointe de Eynac, Meson du M(oueng), Pointe de l’Esguillon, Chenal de la Teste, Pointe de la Baride, Sables de Satire, Marais de Bermenout, Bois de Laurie, Port, Moulin] de Puibayx, Bois de la Montaignet, La Teste de Buch, Notre-Dame de Mons, Pointe de Bacarac, Borde, Bois de Bordes, Moulin de la hume, Bois de Meran, Meran, Bois de Guian, Guian Paroisse, Bruge, Port, Mistra, Certe de Ruard, Teich Paroisse, Chât[eau] de Ruard, Isle de Bassalune, Château et Moulin de Certe, isle de Branne, Lanton Paroisse, Bois de Renet, Cassy, Bois de Taussat, Andernos (Paroisse), Port de Andernos, M[oulin] de Cir, M[oulin] Neuf, Ebeguey, Bois de Rpeti, Arez, Port de Arez, Matte de Peridy, Chenal de Leyge, Chenal des Etangs, la Roque, la Roque de Madennes, la Roque de Gata, Pointe de Guian, la Let, la Roque Dianel, Coste de Buch ou de Arcachon, Pointe du Maillola, Cabanes de Picout, Mer ou Havre d’Arcachon ou Bassin de Buch, Chenal de la Gorche, Chenal d’Arez, Mates d’Arez, Mates de Ch…, Chenal de Cir, Chenal de Ville, Chenal d’Andernos, Chenal de Lucanan, ici il s’y peche quantité d’Ouitres, Teste du Chien, Chenal de la Natte, Chenal de Gravel, isle de la Teste, fontaine d’eau douce, Cabane, Banc couvert d’Ouitres, chenal de Bon, Mont Pouchot, Chenal du Moung, Gravier du Courand, Chenal du Courant, Chenal de Lanton, isle de Groc, Chenal de Techan ou de Brunet, Pointe du Tuch, Chenal de Gujan, Pointe de Comprian, Chenal de la Bouge, Embouchure de la Riviere de Leyre, Principal Lit de la Leyre et chenal de Ruard

Carte particuliere contient partie du pays de Buch, ou Captalat, la mer, havre ou bassin d’Arcachon ; elle est representée en basse mer de grandes malines. Les chiffres marquent la quantité de pieds d’eau, et elle contient 5 Parroisses.

https://1886.u-bordeaux-montaigne.fr/items/show/71958

Cette Carte particulière contient presque toute la petite Mer, ou Bassin ou havre d’Arcachon ou de Buch, a qui ses habitans du Païs donnent différents noms. Le terrain contenu en cette Carte est une partie du Païs de Buch qu’aucuns appellent le Captal ou le Captalat de Buch. Le Rivage de cette petite Mer est assés bien peuplé, et le terrain cultivé, surtout a l’Est et au Sud, où il y a 5 assés bonnes Parroisses dont les habitans sont presque tous Pescheurs, qui est un de leur principal revenu, & partie sont Laboureurs, Vignerons, Bergers & Raisiniers. Mais en général vont presque tous a la pesche dans de certaines Saisons, tant hommes que femmes et enfans, se mettant communément deux ou trois dans de petits Bateaux qu’ils appellent pinasses qui ont 15 a 16 pieds de long sur 4 a 5  de large, qu’ils laissent dériver avec le descendant de la Mer, et vont échouer sur les bancs de sable ou vaze qui sont dans l’étendue de cette petite Mer qui est entrecoupée de nombre de grands chenaux et un très grand nombre de petits, par où s’écoule presque toute l’eau, et laisse a sec une grande espace de terrain vazeux et remply d’herbe verte limoneuse sur lequel on amasse une quantité prodigieuse d’huitres dans de certaines saisons, & autres coquillages, surtout dans le temps des malines des Equinoxes, où il ne reste qu’environ d’étendue d’eau dans cette petite Mer que ce qui est marqué en cette Carte particulière, et c’est dans ces temps où les habitans de Son rivage travaillent avec grande avidité a ramasser les huitres qui sont en certains endroits si épaisses que l’on les amasse avec autant de facilité que l’on fait le foin dans un pré très abondant. Mais ils n’ont quelque fois qu’une demie heure, ou 3 quarts d’heure, ou 2 heures au plus a pouvoir faire leur pesche, et l’on y voit quelque fois 5 ou 600 personnes dans une petite contrée, a qui fera plus de diligence pour charger un chacun sa chaloupe dont quelques unes portent 8 ou 10 personnes et plus. & quand leur charge est faite, et que la Mer remonte, chacun prend la route de son port, se laissant le plus souvent conduire au courant de l’eau. Quand le temps n’est pas propre pour la pesche des huitres, et que la Mer ne baisse pas assés, ils pèchent du poisson dans les chenaux presque de toutes les espèces qui se trouvent dans la Mer occeane, & les femmes et enfans, amassent du menu coquillage, comme moules, Sourdons, pétoncles, lavaillons, jambles et autres qui se trouvent plus communément sur les bancs qui découvrent presque toutes les marées, surtout vers les rivages pour ceux du Septentrion. Ordinairement les huitres sont autour de l’Isle de la teste, et sur les autres qui sont au Nord et a l’Est. Cette pesche d’huitres est quelquefois si abondante que l’on en a une charettée pour un Escu ou 4 francs. Aussy dans la belle Saison l’on en voit communément se promener dans tous les Villages de Medoc qu’ils vendent a médiocre prix, le surplus de ces huitres qu’ils ne débitent pas a Bordeaux et dans le Païs voisin. Ils les mènent a Bayonne dans de grandes chaloupes et aux autres ports de Biscaye où il ne s’en pesche presque point. Cette petite Mer d’Arcachon fournit abondamment de poisson de toute espèce Bordeaux et partie des autresVilles de la basse Guienne, car il n’y a presque point de jour que l’on ne voye un très grand nombre de chasse marées qui vont avec leur diligence commune aux gens de cette profession, surtout aux Gascons qui sont plus alertes que tout autre pour peu qu’il y aye de profit a espérer. Et quand les chaloupes ou petits Bateaux qu’ils appellent en leur patois bechets ou pinasses sont arrivées dans les ports, l’on voit partir a l’instant nombre d’hommes a cheval de tous les Bourgs et villages des environs de cette Mer, qui vont jour et nuit du côté de Bordeaux, quelle rude que soit la Saison. Ceux qui portent le poisson des Etangs d’eau douce contenus aux cartes précédentes, ne sont pas si vigilans.

Ce qui paroit la cause de ce que cette petite Mer est si abondante en poisson et en coquillage, est apparemment le debouchement de la Rivière de Leyre, et nombre de petits Ruisseaux qui s’y déchargent et y traînent un limon avec du sable fin qui coule insensiblement dans ces petits Ruisseaux. Les environs du terrain de cette Mer le fonds en étant tout, exepté les bords du côté du Sud et a l’Ouest de la Parroisse de Lanton et a l’Embouchure de la Leyre, où il y a plusieurs petites Isles, où ils prennent quantité d’Oyseaux aquatiques, aussy bien que sur les bancs qui découvrent toutes les marées le long du Rivage de Marais sablonneux qui sont fermes partie de l’Année.

Le debouchement des eaux qui viennent des Etangs de Carcan, de la Canau, et autres moindres qui se déchargent dans la Mer d’Arcachon par le chenal de Leyge a l’Ouest du Village d’Arez ne contribue pas peu par son limon a la nourriture du poisson de cette petite Mer, aussy bien qu’un autre très grand nombre de chenaux, où l’on voit courir le poisson quand la Mer est basse.

Il y a autour de cette Mer dans les principaux ports, 20 grandes chaloupes qui vont dans les belles Saisons a la pesche dans la grande Mer, et ils ont vers l’Embouchure ou goulet du havre d’Arcachon dans des cabanes de roseaux où se retirent ces Pescheurs en attendant le temps favorable pour sortir la barre. Et l’on compte autour de cette petite Mer près de 250 petits bateaux sur les quels sont employez environ 500 hommes, sans compter les femmes & enfans qui ne vont point a la pesche dans la grande Mer. Les habitans autour de cette Côte sont aisez, outre le revenu qu’ils retirent de la pesche, ils ont les mêmes avantages a l’égard des Bestiaux que ce qui est dit aux mémoires des Cartes cy devant.

La Teste de Buch est le principal Bourg de l’Etendue de cette Carte, où l’on compte environ 200 feux. C’est un assés grand Village pour ce Païs la, où les Maisons sont bâties la plupart de pierre, et quelques unes assés jolies. Il s’y trouve de bons Marchands, dont le principal négoce est en braye, Raisiné et gouldron que l’on tire des bois de pin qui sont autour de ce Bourg, et dans la Carte du 7e quarré, ce qui ne laisse pas d’apporter un bon revenu au Païs.

Les environs de La Teste sont bien cultivés où il s’y cueille beaucoup plus de vin que les habitans du Païs n’en peuvent consommer, mais ils ont peu de bled, le fonds du terrain étant d’un sable fin qui ne peut produire que du Seigle et du petit mil. Les habitans de cette Parroisse nourrissent peu de bestiaux.

Il y a a l’Ouest de ce Bourg un ancien Château ou grosse tour quarrée presque toute ruinée qui appartient a la Maison de Foix. Cette tour a été fortifiée autrefois de 3 petits bastions de terre qui sont a présent tout ruinez et sans deffence.

L’Eglise Paroissiale qui est fort jolie, et bien ornée est proche de ce Château.

Gujan est une Paroisse d’environ 180 feux, d’où dépendent 3 ou 4 bons Villages qui sont presque tous pescheurs comme les précédents, quelques uns Vignerons et bergers.

Le Tuhe est une Paroisse d’environ 60 feux qui appartient au Baron d’Audinge ou de Ruart, qui a un petit Château assés joly. Les habitans sont comme ceux des Paroisses précédentes exepté qu’ils nourrissent plus de Bestiaux.

L’on ne dit rien de la Rivière de Leyre qui se décharge dans la Mer d’Arcachon entre le Teuth et le Château de Certe, qui a été autrefois un lieu considérable dans le temps des guerres civiles, où l’on a tenu garnison. Il est encore enceint d’assés bons fossez mais a présent sans deffence. Il appartient au Marquis de Sivrac.

Lanton est une Paroisse d’environ 48 feux. Les habitans sont pescheurs, quelques laboureurs et bergers. Cette Paroisse appartient au Seigneur du Château dit cy devant.

Andernos est une Paroisse d’environ 96 feux. Ces habitans sont a peu prés d’une même profession que les precedens.

Arez est un bon Village qui appartient au Seigneur de ce nom. Ce Village dépend de la Paroisse de Leyges ; les habitans de ce lieu sont aisez et presque tous Pescheurs, Laboureurs et Bergers.

L’Isle de la Teste est innondée en partie aux grandes Malines. Il n’y a que 2 cabanes ou habitent des bergers, et une fontaine d’eau douce.

L’Isle de Branne et celle de Bassaïane n’est point habitée. On y éleve pourtant des chevaux.

La Mer ou bassin d’Arcachon paroit un des plus beau ports ou havres quand la Mer est haute, que l’on scauroit souhaiter étant couvert du côté de la grande Mer qui est a l’Ouest par des hautes Dunes de sable dont il y en a qui ont plus de 100 pieds a picque qui luy servent comme de digue, et du côté du Sud, ce havre est couvert en partie par la forest ou bois d’Arcachon qui y met aussy les Bâtiments a couvert dans son grand chenal ou il reste beaucoup d’eau en basse Mer. Et comme le surplus de cette Mer est bordé de Villages et de petits bois, et d’un terrain très bas, l’aspect en est fort joly quand on le regarde du côté de la terre ferme, quoy que ce ne soit qu’un Pais de landes très basses. Mais le grand inconvénient de cette Mer est a son Embouchure, où il se forme une barre remplie d’un nombre de bancs de sable mouvant qui en rend l’entrée et Sortie très difficile & aussy n’y vient-il communément que des petits Bâtiments et grandes barques qui viennent au port de la Teste.

Il ne paroît pas que les Ennemis s’hasardent jamais d’y entreprendre aucune descente, a cause de la difficulté de la navigation de son chenal dont la barre ne paroît point en cette Carte, où il ne reste que 10 a 12 pieds d’eau quoy qu’il y aye 3 passes et qu’il reste beaucoup d’eau dans la principale, mais qui n’est proprement connu qu’aux Pilotes et Matelots des environs de cette Mer qui se conduisent en y entrant par des balises. Et si elles êtoient ostées, l’on ne connoitroit plus le chenal qui change souvent de lit, et pour peu que les assaillans s’écartassent, ils tomberoient infailliblement sur les bancs où la Mer brise dans les plus grands calmes avec impétuosité, et qui est affreuse pour peu qu’il fasse de vent. Il y avoit autrefois au Sud de l’embouchure de cette Mer, un grand bassin ou port naturel, qui est a présent presque tout comble de Sable.

Dans le temps que les Anglois possedoient la Guienne, il y a assés d’apparence que l’entrée du havre d’Arcachon êtoit beaucoup meilleure qu’elle n’est aujourdhuy, car il paroit que c’êtoit la où ils faisoient un de leurs principaux abord, puisque l’on voit encore les vestiges d’une chaussée qui partoit de la tour de la Mothe qui est sur le bord de la Rivière de Leyre a l’Est de cette Carte que l’on verra dans le13e quarré, & cette chaussée a de longueur plus de 18000 toises presque en ligne droite par où ces Insulaires traversoient la grande Etendue de landes qui est entre Bordeaux et la Mer d’Arcachon. Mais il y a apparence que les Anciens Géographes se sont grossièrement trompés quand ils ont donné près de 5 lieues de long au goulet qui fait l’entrée de ce bassin quoy que la tradition et l’expérience visible fait voir que la grande Côte de l’Occean ou de la Mer de Gascogne Se mange actuellement et que les rives approchent dans l’intérieur des terres. Il y a peu d’apparence que la pointe la plus avancée de l’embouchure de ce goulet ayt été a prés de 17 lieues communes de france de Bordeaux au rapport des Cartes de Sanson, puisqu’aujourd-huy il n’en est qu’a 14.

L’abordage le long de la grand Côte depuis le Cap du ferret en tirant au Nord n’est nullement a craindre n’y ayant n’y port n’y rade. Tout ce qu’il y auroit a appréhender si les Ennemis avoient tant fait que de passer la barre, ils ne missent pied a terre le long de la Côte, depuis l’embouchure du Pilât jusqu’à la pointe de la Teste où une batterie ne seroit que très utile, comme il avoit été proposé en 1691. Les Biscayens firent autrefois décente le long de cette Côte, mais ils eurent bien de la peine de pénétrer jusqu’à la Teste, les Montagnes de Sable, ou dunes qui sont au Sud de la forest d’Arcachon, sont très hautes & difficiles a traverser, outre qu’il faut être guidez autrement l’on tombe dans des Marais qui sont a l’Ouest de la Beste, et aussy les Espagnols eurent bien de la peine a se rembarquer quand ils eurent fait leur descente en… Les habitans du Pais qui s’étoient embusqués dans le bois de la montagne, les maltraitèrent extrêmement.

Il y a autour de cette petite Mer 12 moulins a vent et 7 moulins a l’eau, ce qui n’est pas beaucoup pour la quantité de peuples, mais ils apportent partie de leur pain tout cuit de Bordeaux quand ils vont porter du poisson.

Les Peuples le long des Bords de la Mer d’Arcachon sont beaucoup plus rustics que les Medoquains et autres Gascons, et ont un patois plus rude et différent.

a la Rochelle le 25e May 1708, Masse

1709 – Carte particulière d’une partie du Médoc, qui est le 12e quarré (Salaunes, Le Temple…).

Carte particulière d’une partie du Médoc, qui est le 12e quarré de la généralle de Guienne, Saintonge et Médoc.

Cette carte particulière contient partie de Médoc et aussi une partie du pays de Buch, apelle par aucuns le Captalat il y entre aussi une partie de la banlieue de Bourdeaux, apellé vulgairement le Bourdelois.

Tout le pays contenu aux trois parties de Contrée qui sont dans l’étandue de cette carte La superficie du terrain est tout sable qui ne produit que des bruyeres ou landes excepté les environs des parroises et villages qui sont cultivés ou il ne croist que du Seigle et du millet

 

 

 

 

En nota : que depuis Au Lasse jusqu’à Odeinge, Certe dAndernos lAnton il ny si trouve aucune maison rien que des landes basse et inondée lhiver ou l’on compte 4 lieues tous les Bourgs si nomé sont aux Rives de la Mer d’Arcachon et depuis Illac jusqua cette Mer ce sont les plus Vaste Landes de toute la Basse Guienne

 

 

Elle represente le pays en l’Etat qu’il Estoit en 1707

La carte est levée et dessinée par Claude Masse (1652-1737), en 1709

Cette Carte, 12e quarré de la Générale de Medoc, de guienne et de Saintonge, joint au Nord a la 11e, au Sud a la 13e, à l’Ouest a la 5e et a la 19e qui n’est point encore achevé de lever.

Le Pays contenu dans cette carte est presque tout en landes ce qui en cause l’inondation partie de1’Année. Il n’y a aucune hauteur que diverses collines fondrieres et ravines ou se forme le commencement de la Source de la Jasle ou riviere de Blanquefort, dont la principale Source sort avec abondance a l’endroit marqué à la Carte, et il n’y a rien de remarquable dans l’Etendûe du Pays qu’elle contient.

Il se trouve en cette Carte 6 Parroisses, qui sont Sommos, le Tremple ou Temple, Ste helene de la Lande, Salaune, Martignac, Illac. Elles sont toutes habitées par d’asses bons Païsans, Pastres ou Bergers qui paroissent en leurs habits fort pauvres étant la plupart habillés de peau de mouton et ne laissent pas d’être communément aisés quoy qu’ils aillent partie de l’hiver et de l’Eté et autre saison pieds et jambes nues et ne portent point de chapeaux mais seulement des toques ou barettes, et quand ils veulent dire des injures aux Etrangers, ils les appellent capettes, méprisant beaucoup ceux qui portent des chapeaux.

Il n’y a dans toute l’Etendue de cette carte qu’une maison noble, poi[n]t de chapelle, 5 moulins a vent et 2 a eau et l’on peut juger par la du peu de peuples qu’elle contient ; ce n’est pas que les païsans aisez n’ayent des moulins a chevaux chez eux ou ils moudent leur seigle ne cueillant point d’autres grains. Et cette contrée est une des plus stérile et déserte de tout le Medoc et elle en fait l’Extrémité du côté du Sud ou elle se joint au Pays de Buch appellé Vulgairement le captalat, et au Sud Ouest au Bordelais qui est l’Extrémité de la Banlieue de Bordeaux, le surplus des particularités de cette Carte est écrit sur les lieux et dans les titres.

Nombre a peu prés des feux contenus aux parroisses de cette Carte.

Sommos     90. Feux

Le Tremple          32. F

Ste helene de la lande 110. F

Salaune      60. F

Martignac   45. F

Illac 40. F

a la Rochelle ce 13e Mars 1710, Masse

Claude Masse (1652-1737) est chargé de lever la carte des côtes du Médoc en 1688. Il est alors dessinateur de l’ingénieur général Ferry, directeur des fortifications d’Aunis, Guyenne et Béarn. En 1702, après la mort de Ferry, Claude Masse est nommé ingénieur ordinaire du Roi (c’est-à-dire ingénieur titulaire). Il lève alors la carte du Bas Poitou, Aunis et Saintonge. En 1706, il reprend la mise au point de la carte du Médoc.

En 1724, il est nommé à Lille et chargé, avec ses deux fils François et Claude-Félix, également ingénieurs du Roi, de lever la carte de la frontière, de la mer du Nord à la Meuse.

Claude Masse meurt à Mézières où il s’est retiré.

Pour dresser la carte générale du Médoc et du Pays de Buch et des environs de Bordeaux, Masse fait plusieurs levés en 1688 et, en 1701, il dessine un plan d’ensemble pour donner une idée de la carte générale. Il divise ensuite celle-ci en 21 quarrés représentant chacun « 16 moyennes lieues quarrées de France ». La carte particulière de chacun de ces quarrés est levée au cours de campagnes qu’il effectue au printemps et à l’automne. « Le froid violent, les chaleurs excessives ne permettent pas de travailler en hiver et en été car il faut marcher à pied tout à travers les champs pour mesurer d’un endroit à l’autre » nous dit-il dans un mémoire de 1722. Il précise encore qu’il a un cheval pour monture, un autre pour son bagage et ses instruments ; qu’il emmène « toujours avec lui un jeune homme pour l’aider à faire ses alignements et pour porter son demi-cercle et sa boussole », qu’il a besoin « de deux manœuvres pour conduire et traisner la chaîne et un autre pour porter une double toise et autres gros instruments ». Il a également un valet pour s’occuper des chevaux. Chaque carte numérotée, mise à jour, est ensuite adressée à la Direction du département des fortifications des places de terre et de mer qui a été créée après la mort de Louvois pour rassembler tous les travaux topographiques de l’armée. Grâce à ce dépôt, nous possédons encore ces cartes manuscrites. Périodiquement, Masse dresse également une carte d’ensemble permettant de voir la progression de son travail. Nous avons ainsi pour le Médoc et le Pays de Buch cinq cartes d’assemblage de 1701, 1706, 1707 et 1716 sur lesquelles il indique « ce qu’il a levé et mis au net, ce qui est levé et non mis au net ».

La carte générale ne fut malheureusement jamais achevée. Les quarrés 7 (Etang de Sanguinet-Cazaux), 14 (vallée de la Leyre) ont été levés en partie mais non mis au net, le quarré 13 (Audenge-Biganos jusqu’aux environs de Bordeaux) a été levé et non envoyé.

Dans son mémoire de 1722 adressé au Conseil de la Marine, Masse fait le point sur l’avancement de ses travaux et évalue le coût de leur achèvement ; il lui faudrait une campagne ou deux pour achever la générale du Médoc et trois ou quatre pour terminer les cartes qu’il a envisagé de dresser depuis la rivière de Leyre jusqu’à la Bidassoa. Masse n’obtient pas tous les financements souhaités et est muté en 1724. Ainsi, son travail resta inachevé.

Chaque carte adressée à la cour est accompagnée d’un « mémoire manuscrit » rédigé à La Rochelle où Masse réside. Ces mémoires établis à partir des observations notées au cours de ses nombreuses campagnes sont des rapports officiels destinés à ses supérieurs hiérarchiques, dans le style de l’époque, pas toujours fluide, et dont la forme est peut-être le reflet d’un certain style administratif.

 Masse décrit le pays, ses habitants, leur mode de vie, les villages et les curiosités géographiques et parfois enfin ses impressions personnelles. Il apparaît que les manuscrits de Masse ne sont pas de sa propre main. Ils ont été écrits par plusieurs secrétaires, sans doute à partir de brouillons ou plus probablement dictés par Masse. Toutefois, tous ces manuscrits sont signés « Masse ». L’orthographe y est très instable. Les noms de lieux plus spécialement sont déformés, parfois très erronés en raison des conditions matérielles de la récolte des informations sur le terrain et de la rédaction des mémoires. En plus des manuscrits officiels, Masse a « tout fait copier ou dessiner dans ses heures de relâche ». Ces copies sont transcrites dans des ouvrages qu’il fait lui-même relier et qui resteront dans sa famille.

Tous les travaux de Masse (cartes et plans, mémoires) devaient rester secrets « dans l’intérêt militaire du Roi et de la patrie ». Masse autorise seulement ses fils « à prêter ses manuscrits à ceux qu’ils savaient bons Français et serviteurs du Roi ».

En 1881, les archives de la famille Masse sont achetées à la dernière descendante de Claude Masse par le dépôt des fortifications, devenu depuis Inspection du Génie.

Lorsque Masse parcourt la côte médocaine pour ses levés de 1688 à 1723, la côte est assez rectiligne. Les plages océanes sont bordées par de « grandes montagnes de sables dont quelques-unes sont fort hautes, appelées Peu ou Deu ». Ces dunes sont élevées de 60, 80 à 90 pieds.

Selon Masse, les dunes sont « d’affreux remparts dont les hauteurs étaient variables et où les gens du pays n’osaient s’aventurer de peur de se perdre ou de tomber dans les sables mouvants ». Les paysans empruntent des passages dans les dunes avec les troupeaux pour accéder au littoral, mais les dunes bloquant les écoulements provoquent des inondations hivernales. Masse écrit : « Encore faut-il passer souvent dans l’eau jusqu’à la ceinture pour sortir de ces dunes surtout l’hiver. » Ce gonflement des étangs par les eaux de pluie est un problème majeur car les terres cultivables sont inondées. Seules les dunes sont hors d’eau mais elles provoquent les inondations en obturant les boucaux. En arrière des dunes se trouvent des marais et les lacs avec à l’est « de grands bois de pignadas ».

Sur le 4e carré de la carte de Masse, on remarque deux lacs. Le premier s’appelle Sainte-Hélène et le second de Canaeau ou Cartignac. Géographiquement, le Bas-Médoc se termine au sud de la paroisse de la Canaeau et le ruisseau de la Canaeau marque la séparation entre le Médoc et le pays de Buch. « On assurait que l’étang de la Canaeau profond de 53 pieds se débouchait autrefois dans la mer où on prétendait qu’il y avait un boucau » et « un port considérable que l’on appelait Saint-Vincent ». L’écoulement des eaux des étendues se situant en retrait ainsi qu’à l’est devait s’effectuer de ce Boucau vers l’océan au niveau du Trou de Fer. Un chenal faisait communiquer les deux étangs de Carcans et Lacanau et était entouré de marais presque toujours inondés. Une autre branche partait du lac pour aller vers le havre d’Arcachon et son embouchure était située au niveau de la commune de Liège (Lège).

https://journals.openedition.org/soe/1406

L’évolution du littoral médocain à Lacanau, Marie-Claire Prat et Teddy Auly p. 53-64

https://doi.org/10.4000/soe.1406

Carte particuliere d’une partie de Medoc qui est le onzieme quarre (Listrac, La Canau, etc.) de la Generale de Guienne Saintonge et Medoc

https://1886.u-bordeaux-montaigne.fr/items/show/71955

« Claude Masse, ses cartes et ses mémoires », Françoise & Pierre Labat, Jacques Plantey, Bulletin SHA n° 78, 1993

https://docplayer.fr/82624095-Societe-historique-et-archeologique-d-arcachqn-et-pays-de-bucl-sommaire-regards-sur-le-pays-de-buch.html

1755 – Partie de la Guienne, Masse – Embouchure de la Mer ou Havre d’Arcachon, La Tête de Buch, le Teixe, Lanton, Andemon, Leige, les Porges, Pays de Buch

Carte Générale qui comprend les Isles de Bouin, Noirmoutiers, le bas Poitou, l’Aunis, la Saintonge, partie de la Guienne, du Médoc, des Isles d’Olleron, de Ré et d’Aix, sur lesquelles sont marqués les Batteries, Corps de gardes qui existent, celles qui sont à suprimer, celles proposées ainsi que les Ponts de Communication Relatives au Mémoire qui l’acompagne

Claude-Félix Masse (1712-1786).

Embouchure de la Mer ou Havre d’Arcachon, La Tête de Buch, le Teixe, Lanton, Andemon, Leige, les Porges, Pays de Buch

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53032912j?rk=193134;0

Raphaël

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