Livre et écrivains du Bassin printemps 2024

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REVUE DE PRESSE LITTÉRAIRE N°5

  PRINTEMPS 2024

 LIVRES ET AUTEURS DU BASSIN


+ « Atlas des toponymies des espaces maritimes du bassin d’Arcachon », par des auteurs regroupés par le Parc naturel marin. Complété par des cartes. (En ligne)

La Dépêche du Bassin consacre une page entière à cet atlas rédigé grâce à treize spécialistes et aux anciens du « Sénat de la mer » de Gujan-Mestras. Autant dire qu’il s’agit d’un ouvrage, dit La Dépêche « qui a nécessité deux années de travail, de recherches, de compilation et de mises en forme. » Il ne s’agissait, rien de moins, que d’expliquer l’origine de tous ces noms qui font du Bassin un monde à part. Pourquoi ‘’Lavergne’’ ? Pourquoi ‘’Le Canon’’ ? Pourquoi ‘’Le Mimbeau’’ ? Pourquoi ‘’Mapouchet’’ ? Plus d’une centaine de noms de lieux sont ainsi répertoriés, écrit Jean-Baptiste Lenne, « à la croisée de la géographie, de l’histoire et de la linguistique. » Le tout compose le socle d’une mémoire collective, liée au gascon ainsi mis à l’honneur. Et le journaliste de se livrer à un classement sur l’origine des mots. « Certains font référence au contexte géographique ou morphologique, d’autres désignent une pratique ou une ressource. Certains évoquent un nom de famille ou un événement marquant. » Il s’en allait temps d’inventorier ce patrimoine immatériel, menacé de disparaître, miné par la disparition du gascon ou la réduction du nombre des parcs à huîtres. Ce précieux atlas, c’est donc autant l’histoire du Bassin que de son peuple courageux qui a trimé sur ses flots et sur ses terres durant des siècles.


* « Le goût du bonheur », par Sophie Avon. (Mercure de France)

– Dans le Nouvel-Obs, Jérôme Garcin écrit, à propos du roman de Sophie Avon (1) : « Héritière de Colette et de Christine de Rivoyre, son livre est plein de confidences, de parfums, de couleurs, de bruyères, de regrets et d’espoir. Il brûle comme le lignite sous

la terre de Gascogne ». On ne saurait mieux décrire la richesse de cet ouvrage qui a pour cadre principal, Lios (Mios n’est pas bien loin de là –NDLR-) où Lili partage avec son frère Paul la vieille maison qu’il vient d’acheter, au cœur des Landes. Là, ces deux déracinés se retrouvent enfin, ils songent ensemble à tout ce qui fut leur vie, lui romantique, elle, Lili, tourmentée par le souvenir d’une enfance déchirée à Oran, torturée par le temps qui passe car tenant toujours par la main « la petite fille morte en Algérie » qu’elle fut, traumatisée par la guerre d’Algérie.

Cependant, sous nos pins, tous deux retrouvent lentement une sérénité et même une certaine forme de joie dans leur « sanctuaire », devenu comme une maison de famille. Mais nous sommes en juillet 2022. La forêt brûle, menaçant de ses flammes infernales la maison de la sérénité retrouvée. Les démons qui tourmentaient Lili reviennent alors avec la force de l’incendie. Mais les hommes, avec courage et abnégation, finissent par vaincre l’enfer. La nature, bientôt, reprend vite ses droits et Lili, qui s’est battue contre ses tourments revenus face à la violence du feu, contre sa peur d’aller vers la fin, de ne plus pouvoir vivre que dans le passé où elle s’accrochait, Lili retrouve le calme de son havre de paix. « Le roman de Sophie Avon à la fois combatif et contemplatif », s’achève sur une victoire qui est aussi celle de notre forêt qui va revivre.

(1) Ancienne critique de cinéma à « Sud-Ouest » et au « Masque et la Plume » (France Inter).


* « Le parler du Bassin », par François Lafaye. (En librairie)

– « Ces mots d’ici d’autrefois », c’est le titre de La Dépêche du Bassin pour présenter ce livre d’un enfant du Bassin. Il rappelle que, jusqu’à la fin du XIXe siècle on y parlait le gascon jusqu’à ce que l’école finisse par imposer le français. De ce long passé linguistique subsistent quelques expressions qui, dit l’auteur « seraient banales sans la façon de les dire ». François Lafaye a donc répertorié ces mots qui trouvent difficilement leur équivalent en français pour parler de la forêt ou de la mer et qui ne manquent pas de saveur. D’autant plus qu’ils proviennent de façon subjective, dit encore l’auteur « des restes d’escapades d’enfance, de cours d’école ou de sorties en pinasses ».

 

 


* « Les fantômes de la ville d’hiver » par Yann Callens. (Autoédité)

– L‘auteur voit dans cet historique quartier d’Arcachon « Un trésor du patrimoine à ciel ouvert où le temps est suspendu ». Il invite donc le lecteur à le suivre dans une balade qui le plonge, 150 ans en arrière, dans ce qu’il appelle « la Belle époque, celle de l’insouciance » et qui nous a laissé ses fantômes. Il les fait revivre tout au long de son itinéraire fétiche, à travers les villas, les soirées mondaines, les fêtes grandioses et les nombreuses anecdotes qui y sont liées. Puis, soudain, il erre dans le calme absolu d’allées enchanteresses… C’est tout le charme de cette ville étrange, née de rêves fous et de réalités très commerciales que ce livre, souvent poétique et orné de belles photographies, évoque à travers cinquante chalets historiques.

 


* « La saga du banc d’Arguin », par Hervé Roques. Préface d’Erik Orsenna. (Éditions Sud-Ouest)

– Dans sa belle préface Erik Orsenna raconte sa passion pour les sternes « ces acrobates aériens dont on se raconte les voyages de 70 000 kilomètres et qui, chassés du sillon de Talbert en Bretagne, furent sauvés par Pierre Davant et son équipe qui leur ouvrit le nid du banc d’Arguin. Au prix d’une longue bataille que narre le livre, il devint une Réserve naturelle nationale ». C’est cette passionnante aventure, illustrant « la naissance du droit à l’environnement » que raconte Hervé Roques dans un ouvrage fort complet, ponctué de belles et explicites photos. Il s’ouvre sur l’inventaire et le rôle essentiel des réserves naturelles françaises puis il raconte comment le banc d’Arguin a sauvé les sternes dès 1966, menacés de disparition par l’envahissement touristique ce qui amena à la création de la SEPANSO. Mais ils ne sont pas les seuls à profiter de cette langue de terre salvatrice. Pingouins Torda, fous de Bassan, ou autres migrateurs y font escale. Ensuite, l’auteur nous intéresse « à la vie cachée des dunes » où diverses plantes rares peinent à fixer des sables mouvants, il évoque les huîtres qui prolifèrent mais aussi tout ce qui menace cet environnement fragile, unique en France. Le tout accompagné de chapitres qui, associant explications scientifiques et anecdotes variées, apportent un regard plein d’humanité sur ce bout de sable qu’Orsenna appelle « une des pierres d’un gué, le gué de la vie ».


* « Les blockhaus engloutis du Bassin », par Marc Mentel

– « La Dépêche du Bassin » rappelle que son auteur est le créateur de la GRAMASA (Groupe de Recherches archéologiques sur le mur de l’Atlantique secteur d’Arcachon). Ce plongeur et son équipe ont exploré les bunkers engloutis des Gaillouneys depuis 1984. Une longue série de visites du site a conduit, d’abord, à la publication d’une première carte sous-marine de l’emplacement des fortifications. Elle fut suivie par des études sur l’organisation militaire du lieu, sur sa formation, sur sa description archéologique et sur la faune marine qui s’y développe d’une manière exceptionnelle. Six hectares immergés qui forment un des sites patrimoniaux culturel et naturel parmi les plus remarquables du Bassin. Un monde étonnant à découvrir dans un livre exceptionnel.

 Jean Dubroca

 jeandubroca@orange.fr

Aimé

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