Grey Owl

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En 1906, on trouve un certain Grey Owl (il n’est pas encore connu sous ce nom, nous le verrons plus loin) à Témiscaming, dans la région administrative de l’Abitibi-Témiscamingue, une contrée sauvage à la frontière du Québec et de l’Ontario, près de la rivière des Outaouais.

Quelques mois plus tard, il se rend plus loin vers l’ouest, au lac Temagami, où réside une petite communauté de Sauteux, les Teme-Augama Anishnabai (qui signifie “peuple des eaux profondes”). John Egwuna et sa famille l’accueillent. La nièce de John, Angèle Egwuna, lui enseigne leur langue ojibwa, et lui apprend à canoter et à tendre des pièges. Grey Owl se teint les cheveux en noir, assombrit sa peau avec du henné et passe des heures devant un miroir à s’exercer au stoïcisme « indien ».

Le 23 août 1910, il épouse à l’île Bear, lac Temagami, Ontario, Angèle Egwuna, au cours d’une cérémonie chrétienne. Mais au terme d’un an à peine, dépourvu d’un modèle de famille normale, il se conduit exactement comme son père – nous en reparlerons – et abandonne sa femme et leur fille nouveau-née, Agnès.

Au printemps de 1912, Grey Owl arrive à Biscotasing – qu’on appelle Bisco –, minuscule ville de débitage de bois à quelque 100 miles à l’ouest de Temagami, le long du chemin de fer canadien du Pacifique entre Sudbury et Chapleau. Il s’y fait connaître par son adresse au lancer du couteau, sa virtuosité au piano lors de soirées dansantes et son penchant pour la boisson. Il gagne sa vie l’été comme garde forestier et guide, et l’hiver comme trappeur. Ayant quitté sa femme légitime, il amorce une relation avec Marie Girard, métisse de Bisco. Au moment de leur séparation, au début de l’hiver 1914–1915, il ignore apparemment qu’il l’a engrossée. Marie meurt de tuberculose peu après avoir donné naissance à leur fils, John, à l’automne de 1915.

Le Canada est entré dans la Première Guerre mondiale au début d’août 1914. Grey Owl s’enrôle, mais pas immédiatement et pas au nord-est de l’Ontario ; il le fait au mois de mai suivant, à Digby, en Nouvelle-Écosse. Le premier ordre militaire auquel il doit se conformer est de se faire couper les cheveux, qui lui descendent jusqu’aux épaules. Au moment de l’enrôlement, quand on lui demande s’il a quelque expérience militaire, il répond oui, dans les « Mexican Scouts, 28th Dragoons ». Excellent au tir, il sert au front comme tireur d’élite jusqu’à ce qu’une blessure grave au pied droit – s’est-il tire une balle dans le pied ? –  le force à quitter la guerre en avril 1916. Il est hospitalisé en Angleterre.

Par un heureux hasard, Grey Owl passe quelque temps dans un hôpital militaire à Hastings. Il prend contact avec deux tantes qui, à leur tour, le mettent en rapport avec Florence Ivy Mary Holmes, fille d’une bonne amie à elles que Grey Owl a connue dans son enfance. Femme séduisante et sociable, elle est danseuse professionnelle, faisant partie d’une troupe qui a donné des spectacles dans toute l’Europe avant la guerre. Grey Owl cesse de boire et, bien entendu, ne souffle mot de son mariage à Temagami. Florence Ivy Mary Holmes aime sa compagnie ; il est un merveilleux conteur. Ils tombent amoureux et se marient le 10 février 1917 à Hollington, près de Hastings. Florence Ivy Mary accepte le projet de son mari d’aller vivre ensemble dans la forêt canadienne. Le couple décide que Grey Owl partira le premier (durant la guerre, les épouses ne peuvent accompagner leurs maris qui retournent au Canada) ; il s’embarque le 19 septembre 1917. Elle ne le revera jamais plus…

Grey Owl retourne à Bisco, complètement accablé par les horreurs de la guerre ; il a été témoin d’une inconcevable boucherie. Sa blessure lui rappelle constamment le conflit et son absurdité. En raison de la lésion à la région centrale de son pied, il ne pourra plus jamais marcher comme avant. De plus, la plus grande confusion régne dans sa vie personnelle. Il ne demande pas à sa nouvelle femme de venir le rejoindre au Canada et finit par lui avouer son mariage antérieur : Florence obtient le divorce le 9 août 1922 pour cause de bigamie.

Grey Owl rend visite à Angèle peu après son retour au Canada en 1917, mais décide vite de ne pas rester avec elle.

À Bisco, il apprend qu’il a un fils, John Girard, élève de la Chapleau Indian Residential School, qui rentre à la maison pour l’été. Le garçon ne sait toutefois pas qui est son père. Mme Édith Langevin, la femme autochtone qui a la garde de l’enfant, ne le lui dit qu’après le départ de Grey Owl. Fervente adepte de la tempérance, elle est révoltée par l’alcoolisme de ce dernier.

L’amitié des Espaniels, famille de la région de Sauteux, sauve Grey Owl. Pour autant qu’il ne boive pas et qu’il se conduise correctement, ils lui permettent de rester avec eux sur leurs territoires de piégeage pendant plusieurs hivers au début des années 1920. À leur contact, il perfectionne sa maîtrise de leur langue et en apprend davantage sur le mode de vie des Sauteux ; il acquiert une meilleure connaissance de la forêt nordique.

En 1925, il quitte Bisco et retourne au lac Temagami où habite Angèle. Elle l’a vu la dernière fois deux ans auparavant, quand elle était très malade. Cette fois encore, il ne reste pas longtemps. En 1926, elle donne naissance à leur deuxième fille, Flora.

À la fin de l’été de 1925, Grey Owl rencontre fortuitement Gertrude Philomen Bernard, jeune adolescente Iroquoise. Il lui propose de passer l’hiver à piéger ensemble en Abitibi, au Québec.

Sa vie prend une tournure décisive au cours des mois suivants. Archie aime et respecte Gertrude, qu’il appelle Anahareo, mais il ne pourra jamais lui révéler la vérité sur ses véritables origines. Elle a été élevée dans la ville de Mattawa, en Ontario, à l’est de North Bay, et non pas dans la forêt. Ironiquement, c’est lui qui enseigne la survie en forêt à cette Amérindienne. Cet hiver-là, il a cependant beaucoup de mal à trouver suffisamment de gibier à fourrure pour assurer leur subsistance. Il observe en particulier une diminution radicale du nombre de castors. L’Ontario a interdit aux non-Amérindiens de tendre des pièges, ce qui avait entraîné une ruée de trappeurs d’autres régions.

Anahareo supplie Grey Owl de sauver deux bébés castors dont ils ont pris la mère au piège, ce qui incite ce dernier à se lancer dans une croisade écologique. Les bébés castors réveillent en lui « la tendresse qui dort dans le cœur de l’être humain », dit-il. Dès lors, tuer ces bêtes lui apparaît monstrueux et il ne pourra plus le faire.

Début de juin 1926, au cours d’une cérémonie autochtone au lac Simon, Québec, Grey Owl épouse Anahareo.

Il a enfin la possibilité de faire quelque chose de sa vie, comme Ada – nous verrons plus loin de qui il s’agit – lui avait demandé sans relâche. Au début, Anahareo l’encourage à écrire, ce qu’il fait pour l’importante revue anglaise Country Life, à qui il se présente comme un « écrivain indien » ; son premier article parait à Londres en 1929 et, pour la première fois, il signe « Grey Owl » (Wa-sha-quon-asin, du mot ojibwé signifiant « chouette cendrée » ou « chouette grise ») ; le choix de ce nom lui est venu aisément, car il imite le hululement du hibou depuis son enfance.

Le deuxième article est publié en 1930 à Kingston, en Ontario, par la Canadian Forestry Association, dans Forest and Outdoors. Lorsque Country Life lui commande un livre, Grey Owl utilise le nom qu’il a donné à Forest and Outdoors, et l’ouvrage parait à la fin de 1931 sous le titre The men of the last frontier et encore sous la signature de « Grey Owl ». L’éditeur explique les origines de son auteur dans une note insérée dans le livre : « Son père était un Écossais, sa mère, une Apache du Nouveau-Mexique, et il naquit quelque part près du Rio Grande il y a une quarantaine d’années. » Grey Owl est si convaincant que même Anahareo le croit Amérindien !

Le livre de Grey Owl relate l’histoire de sa famille inventée, mais révèle aussi son merveilleux talent de conteur et, après sa « conversion » sous l’influence d’Anahareo, sa propension à la conservation et à la défense des castors alors menacés d’extinction. Grey Owl parsème délibérément son style d’imperfections orthographiques et grammaticales qu’il insiste pour que ses éditeurs respectent. Le livre connaît un grand succès, et l’auteur devient l’enfant chéri de la presse canadienne.

À sa lecture, le commissaire des parcs James Harkin 1875-1955 décide d’inviter Grey Owl à assurer, au printemps de 1931, l’intendance des animaux du parc national du Mont-Riding, au Manitoba, puis, six mois plus tard, au parc national de Prince-Albert, en Saskatchewan. Pendant la grande dépression, période où des milliers de Canadiens perdent leur emploi, lui a trouvé du travail !

Il termine ses trois livres suivants dans le parc national de Prince Albert. L’« homme aux castors » vit au bord du lac Ajawaan, à Beaver Lodge, cabane en rondins d’environ 18 sur 20 pieds ; les castors, apprivoisés avec Anahareo, construisent leur gîte à l’extérieur et à l’intérieur de la cabane, grâce à un tunnel sous l’eau.

Les publications de Grey Owl et les films que la direction des parcs nationaux tourne avec lui et les castors rendent Grey Owl célèbre au Canada et de l’autre côté de l’Atlantique : sa popularité en Grande-Bretagne est phénoménale.

En 1934, le Canadien Horatio Henry Lovat Dickson, propriétaire d’une maison d’édition prospère à Londres, fait paraître son deuxième livre, Pilgrims of the wild, sous la signature de Wa-sha-quon-asin (Grey Owl). L’ouvrage raconte comment, grâce à l’influence d’Anahareo, l’auteur est devenu protecteur de l’environnement.

L’année suivante, le livre pour enfants publié à Londres, The adventures of Sajo and her beaver people, obtient également un grand succès de librairie.

À l’invitation de Dickson, Grey Owl entreprend une tournée en Grande-Bretagne fin 1935 / début 1936 sous le nom de Hiawatha, un personnage qu’il avait imaginé étant enfant.

Les talents de l’éditeur en matière de promotion et l’attrait du message de ce « Hiawatha moderne » font de ce voyage de quatre mois une immense réussite. Dans ses conférences, accompagnées de ses films, il parle à son auditoire des vastes forêts nordiques ainsi que des êtres humains et des animaux qui les habitent. Partout, il fait salle comble et répète le même message : « La nature ne nous appartient pas, nous lui appartenons ».

Au moins un journaliste, Ed Bunyan du Nugget de North Bay, sait que Grey Owl est un imposteur, mais opte de ne pas ébruiter la chose. Les autochtones que rencontre Grey Owl savent généralement qu’il n’est pas des leurs, mais ils apprécient la valeur de son discours. Alors que des anthropologues comme Marius Barbeau rabaissent le mode de vie des autochtones, Grey Owl le célèbre.

Le triomphe de Grey Owl en Grande-Bretagne lui apporte plus de publicité au Canada. L’un de ses moments de gloire est la conférence qu’il livre à la Book Fair de Toronto en 1936. Le soir du 9 novembre, le grand homme vêtu de peaux de daim, au visage de faucon et aux longs cheveux tressés, s’adresse à une foule de 1 700 spectateurs au King Edward Hotel. Il vient de publier à Londres, la même année, son quatrième et dernier livre, Tales of an empty cabin. Les organisateurs de la foire refusent 500 personnes à l’entrée. Dans la salle comble, le défenseur des espaces sauvages canadiens déclare, de sa voix profonde et électrisante : « La plus grande richesse du Canada aujourd’hui est sa forêt. Dans mon dernier livre, j’ai dénoncé l’ignorance du Canadien moyen à l’égard de son propre pays. Il est plus fier des gratte-ciel de Yonge Street et du prix des porcs. Il peut obtenir ces deux choses n’importe quand, mais nous ne pouvons remplacer les ressources naturelles que nous détruisons aussi vite que nous le pouvons. » Grey Owl argue qu’au Canada, il n’y a plus surabondance de faune, de flore et de régions sauvages. Il demande qu’on mette un terme au pillage de l’arrière-pays.

La rançon de la gloire est lourde. La naissance de la fille de Grey Owl et d’Anahareo, Shirley Dawn, en août 1932, leur procure beaucoup de bonheur, mais les relations du couple se détériorent au fur et à mesure que la mission de protection de l’environnement de Grey Owl prend de plus en plus de place. La jeune femme, désireuse de vivre pleinement sa propre vie, trouve que les nouvelles habitudes sédentaires de son compagnon et son travail constant d’écriture tournent à l’excès. Les frictions se multiplient, et ils se séparent en 1936, tout juste après la première tournée de Grey Owl en Grande-Bretagne.

Le 5 décembre 1936, à Montréal, Grey Owl épouse Yvonne Perrier, une Canadienne française d’Ottawa. À la fin de 1937, celle-ci l’accompagne pendant sa deuxième et dernière tournée en Grande-Bretagne qui dure trois mois ; elle comporte une prestation au palais de Buckingham, à la demande de la famille royale.

Il effectue ensuite une frénétique tournée de conférences au Canada et aux États-Unis ; le pionnier de la préservation de l’environnement consacre toutes ses forces physiques et émotionnelles à sa mission. Au début d’avril 1938, Grey Owl retourne à Beaver Lodge à bout de force, et il doit être hospitalisé d’urgence trois jours seulement après son arrivée. Trop faible pour résister à ce qui s’avère une pneumonie bénigne, il meurt à Prince Albert, Saskatchewan le 13 avril, à 49 ans. Il est enterré près de sa cabane au lac Ajawaan.

Le Globe and Mail de Toronto, dans sa notice nécrologique parue au lendemain de sa mort, qualifie Grey Owl de « plus célèbre des Indiens du Canada ». Les médias de deux continents avaient accepté le récit romantique de ses origines sans poser de questions. Puis, une nouvelle fait l’effet d’une bombe : dès que le Nugget apprend sa mort, il publie enfin l’article, vieux de trois ans, qui cite « Angèle Belaney » alléguant qu’elle est sa femme légitime et qu’il est « un blanc pure race ». Pendant la semaine après sa mort, un travail rapide de détective des deux côtés de l’Atlantique révèle la véritable identité de Grey Owl : il n’a aucun ancêtre amérindien ! Le « plus célèbre des Indiens du Canada » est en réalité un dénommé Archie Belaney, fils de parents anglais, élevé dans la ville de bord de mer de Hastings. Anahareo réagit avec incrédulité, mais avoue avoir eu l’affreux sentiment d’avoir été mariée pendant toutes ces années à un fantôme.

Archibald Stansfeld Belaney, dit Grey Owl et Wa-sha-quon-asin, garde forestier, guide, trappeur, écologiste, agent de conservation, écrivain et conférencier, est né le 18 septembre 1888 à Hastings, Angleterre, fils aîné de George Furmage Belaney et de Kathleen Verena (Kittie) Cox.

Archibald Stansfeld Belaney fut élevé par deux tantes, Janet Adelaide (Ada) et Julia Caroline (Carrie) Belaney, dans la ville de Hastings, au bord de la Manche. Son grand-père paternel et homonyme, Archibald, est un marchand et courtier maritime d’origine écossaise, dont la femme, Juliana Mary Henrietta (Julia) Jackson, est une descendante du côté maternel des Stansfeld, famille bien en vue de Halifax, dans le Yorkshire. Après la mort prématurée de son mari, cette dernière consacre toute son attention et ses revenus à leur seul fils, George Furmage, qui reçoit une éducation coûteuse. Avec le soutien de sa mère, ce dernier lance à Londres un commerce de thé et de café qui fait rapidement faillite, puis il prend part à une expédition de chasse au gros gibier en Afrique du Sud qui occasionne de grandes dépenses. Au retour, il part aux États-Unis pour investir dans une orangeraie.

Lorsque cet investissement en Floride fait fiasco, George Furmage retourne en Grande-Bretagne avec sa femme enceinte, Kittie, une Anglaise qui a la moitié de son âge. Elle donne naissance à Archibald Stansfeld, surnommé Archie, peu après leur arrivée à Hastings, où la mère et les deux sœurs célibataires de George Furmage se sont récemment installées après avoir quitté Londres.

À cette époque, l’alcoolisme de George Furmage a déjà considérablement réduit la fortune de la famille. Il refuse toujours de se ranger des voitures et, deux ans plus tard, il abandonne sa femme, qui vient d’accoucher de leur deuxième fils. Il voyage ensuite en Amérique du Nord, où il meurt apparemment vers 1910, à une date et dans des circonstances inconnues. Peu après le départ de leur bon à rien de frère, Ada et Carrie interviennent et amènent Archie vivre avec elles.

Ada dirige la maisonnée Belaney d’une main de fer. Elle instruit Archie d’abord à la maison, lui insufflant un amour de la littérature et de la musique qu’il conservera toute sa vie. Cette femme sévère et austère insiste sur l’obéissance et l’excellence, tout comme elle le fait pour les colleys qu’elle élève.

En 1899, après trois années passées dans une petite école confessionnelle, Archie, âgé de 11 ans, entre à la Hastings Grammar School. Archie se crée un monde imaginaire très tôt dans son enfance malheureuse : il se réfugie dans la lecture et dans un univers peuplé d’images romantiques des Indiens d’Amérique du Nord. Heureusement, Ada comprend l’importance de la nature pour Archie et lui permet de garder des lapins, des serpents et des souris au dernier étage de leur maison.

Avec ses livres sur les Amérindiens, sa ménagerie et ses promenades à la recherche de plantes et d’animaux, le garçon solitaire vit dans un monde de rêve de sa propre fabrication. Grâce à son esprit créatif, il s’invente deux parents fictifs. Pour expliquer leur absence, il étoffe son histoire et affirme que son père est un homme des Plaines de l’Ouest et sa mère, une Amérindienne. Ainsi commence la fabuleuse histoire de ses origines, qu’il élabore et peaufine tout au long de sa vie.

Archie réussit bien en anglais et en connaissances religieuses, mais dans les autres matières, ses notes sont médiocres. Ada l’autorise à quitter l’école à 15 ans, et il travaille comme commis dans un dépôt de bois d’œuvre local pendant deux ans. Grâce à ses lectures constantes et ses balades en pleine nature dans les espaces verts autour de Hastings, son admiration pour les Amérindiens grandit, à un point tel qu’il souhaite partir vivre avec eux dans la forêt canadienne. Lorsqu’il a 17 ans, sa tante se persuade de le laisser partir.

Belaney s’embarque pour Halifax en mars 1906 et, de là, voyage jusqu’à Toronto où il travaille pendant quelque temps afin d’amasser de l’argent pour son voyage dans le Nord. Il prend le train d’abord pour Témiscaming, une contrée sauvage à la frontière du Québec et de l’Ontario, près de la rivière des Outaouais, puis, quelques mois plus tard, se rend plus loin vers l’ouest, au lac Temagami, où réside une petite communauté de Sauteux, les Teme-Augama Anishnabai (qui signifie “peuple des eaux profondes”).

L’histoire de l’ascension d’Archibald Stansfeld Belaney jusqu’à une renommée internationale est remarquable. Après une vie sans but ni direction, il se transforme dans la quarantaine. En tant que Grey Owl, il devient porteur d’un message de la plus haute importance. Parfois, des gens en marge de la société perçoivent des problèmes cruciaux plus nettement que ceux qui y vivent au cœur. Il comprend clairement une vérité, le besoin de travailler à la sauvegarde de l’environnement pour préserver les forêts ainsi que la faune et la flore du Canada. Il est en avance sur la these du réchauffement climatique de plusieurs décennies.

Certes, la vie de Grey Owl relève de la fiction. Elle aura souillé ses relations personnelles, mais sa compassion pour la nature, les animaux sauvages et le mode de vie des autochtones l’ont racheté. À travers sa supercherie complexe, Grey Owl aura réussi à sensibiliser les Canadiens à des questions qu’ils estiment aujourd’hui essentielles à leur bien-être.

À Pyla-sur-Mer, une villa porte son nom ; à vous de la découvrir…

 

« Belaney Archibald Stansfeld, dit Grey Owl et Wa-sha-quon-asin », Donald B. Smith, Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003–

http://www.biographi.ca/fr/bio/belaney_archibald_stansfeld_16F.html

« La grande supercherie de Grey Owl », James H. Marsh, L’Encyclopédie canadienne, 7 avril 2013

 

https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/la-grande-supercherie-de-grey-owl

Raphaël

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