Croquis du Bassin – Gros plans sur le ciné de Pépé (1)

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Mais, nous dit-on, vous avez souvent parlé des cinémas d’Arcachon. Et ailleurs ? Ailleurs, bien sûr, qu’il y avait des salles de cinéma. Elles s’appelaient Les Tennis à Arès ou Le Familia à Audenge. À Cazaux, on allait au Rialto et au Cap Ferret à l’Excelsior ou à l’Universal. Quant à La Teste, il y eut Le Majestic, le Franklin, l’Appolo ou le Vog

Dans cette ville, on pense que la première salle consacrée au cinéma, appelée Le Majestic, s’est ouverte en 1925, dans un lieu jouxtant le Café de la Renaissance, rue du XIV-Juillet. Cependant, il existait avant cette date des séances de cinéma, sans doute ambulant, et qui ne devaient pas manquer d’ambiance pittoresque. Qu’on en juge avec cet arrêté communal du 7 janvier 1920. Il interdit “de fumer, de jeter des pelures d’oranges ou débris quelconques et de faire du tapage durant les représentations données par les cinémas”. Et l’arrêté de préciser que “les contrevenants seront poursuivis et expulsés de la salle par les soins du garde-champêtre et de la gendarmerie”.

En 1930, les propriétaires du café Franklin, place Gambetta, MM. Daisson et Blanqué, installent un appareil de projection dans une salle jusqu’alors réservée aux troupes de théâtre de passage ou aux bals. Le Franklin, arborait deux galeries en bois -dont le poulailler – et un parterre tapissé d’un revêtement à grandes fleurs et des lourds rideaux cramoisis qui isolaient l’entrée de la salle. Un an plus tard, en 1931, la concurrence réagit et M. Bordères organise des séances de cinéma dans une salle attenante au café l’Apollo, situé lui aussi, place Gambetta. Une salle qui servait aussi aux bals animés par le réputé violoniste, Franck Pradères.

Mais, crise économique ou rivalités trop vives, en août 1932, M. Bordères est obligé de rendre à la maison Thomson les modernes appareils de projection qu’il lui avait loués pour 60 000 francs, alors que les recettes annuelles ne dépassent pas les 65 000 francs. Aussi, M. Bordères demande-t-il d‘être dispensé du paiement du pompier de service – douze francs par séance – et du droit des pauvres. Ce que le conseil municipal refuse, le 6 juin. En 1934, M. Chevalier, du Majestic, fait état d’un déficit occasionné en partie par les 9 700 francs de mise en sécurité de la salle et par 7 800 francs de taxes et impôts divers qu’il doit prélever sur les 35 000 francs de recettes annuelles.

Et voilà que sur ces entrefaites, pour le 14 juillet 1934, arrive un cirque qui pompe tout l’argent des spectateurs. Déjà que les séances de cinéma sont interdites à cette date-là pour ne pas troubler les cérémonies officielles, MM. Bordères et Chevalier gémissent et parlent alors d’éteindre leurs écrans ! De plus, les plaintes du voisinage obligent M. Bordères à cesser les séances en plein air qu’il organisait dans les jardins de l’Apollo, alors, écrit-il, “que l’exploitation durant l’été est un désastre”. Enfin, les droit des pauvres est à La Teste plus élevé qu’ailleurs. Si bien que le directeur régional de Métro-Goldwin-Mayer en personne s’en émeut. Ce à quoi ville lui répond qu’il représente à peine 5,5 % des recettes.

C’est à ce moment-là, alors que le cinéma parle et chante depuis déjà sept ans, que M. Mirasson s’installe dans la salle Franklin, la dote d’un appareil de projection fixe, installé dans une cabine et démonte le poulailler, donnant un certain espace à la salle. Hélas ! elle brûle entièrement en 1937. Le cinéma est-il définitivement condamné à La Teste ?

Jean Dubroca

Aimé

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