1804 – France, Arrowsmith & Buache – Eyre R.

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France

Aaron Arrowsmith (1750-1833), Jean-Nicolas Buache, (1741-1825), John Pinkerton, (1758-1826).

Eyre R.

Éditeur : Dentu (Paris)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53078148r?rk=236052;4

 

Aaron Arrowsmith 1750-1823 est un géographe anglais, qui se fait un nom par son habileté à dresser les cartes et est nommé hydrographe du roi George IV. Il publie plus de 130 cartes. Son Nouvel Atlas général qu’il publie en 1817, et ses Mappemondes d’après la projection de Mercator, sont particulièrement estimées.

Le fonds d’archives d’Aaron Arrowsmith est conservé au centre d’archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Aaron_Arrowsmith

 

John Pinkerton 1758-1826 (écrit aussi sous les pseudonymes Robert Heron et H. Bennet) est un cartographe, antiquaire, auteur, numismate et historien écossais et un des premiers défenseurs du suprématisme allemand.

https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Pinkerton

 

 

Jean-Nicolas Buache (souvent appelé à l’époque Buache de la Neuville) est né à La Neuville-au-Pont (actuel département de la Marne), le 15 février 1741. Jean-Nicolas Buache est le neveu du géographe du Roi, Philippe Buache, gendre et successeur du géographe Guillaume Delisle. Jean-Nicolas est envoyé à Paris, en 1751, chez son parent Marc-Dieudonné Collin, qui tient une pension à Picpus. Dans cet établissement privé d’enseignement secondaire – tel qu’il en existe beaucoup en marge des collèges, dans les faubourgs parisiens au XVIIIe siècle – la direction est assurée par un maître répétiteur, agréé par l’Université. Buache y reçoit l’essentiel de sa formation, avant d’y enseigner lui-même et d’être admis chez son oncle Philippe Buache.

À partir du 1er janvier 1762, Jean-Nicolas Buache l’assiste régulièrement à Versailles, en dressant les cartes pour les leçons aux futurs Louis XVI, Louis XVIII, et Charles X. Après la mort de Philippe Buache, le 24 janvier 1773, son neveu hérite de sa boutique parisienne et en rachète le fonds géographique. Jean-Nicolas Buache vient de publier sa Géographie élémentaire, cours qu’il dispense à Picpus. Il y place l’astronomie et les mathématiques en tête des préoccupations géographiques, renouvelant ainsi le point de vue de son oncle.

S’intéressant dès cette époque au passage du Nord-Ouest, il perpétue une longue tradition familiale des Delisle et des Buache, non sans répéter quelques errements. Ces grandes questions géographiques – marquées d’arrière-pensées géostratégiques, d’ego et de prestige national, souvent dans le cadre d’une rivalité franco-britannique (sans oublier le renseignement pur et simple) -, sont alors au cœur de ses préoccupations, à l’instar des îles Salomon, sur lesquelles il communique à l’Académie des sciences en janvier 1781 et polémique encore lorsque Fleurieu – à la fois novateur et génial, et dont il est très proche -, reprend le sujet en 1790.

Jean-Nicolas Buache entre en 1775 au Dépôt des cartes et plans de la Marine (l’actuel Service hydrographique et océanographique de la Marine, le SHOM), dont il gère l’Entrepôt général pour la vente des cartes et des ouvrages, dès sa création le 30 septembre 1776. Il est ingénieur hydrographe en chef le 1er octobre 1779 et garde adjoint (vice-directeur administratif et financier) en mai 1780, revendant, le 5 juin, son fonds géographique à Jean-Claude Dezauche (il lui cède aussi l’Entrepôt général, la même année).

En 1782, après la mort de Jean-Baptiste Bourguignon d’Anville, Buache le remplace à l’Académie des sciences et devient à sa suite, premier géographe du roi. Il est le dernier à porter ce titre prestigieux. Nommé professeur de géographie du Dauphin en février 1783, il est chargé, au printemps 1785, de la préparation des cartes de La Pérouse, avec Charles-François Beautemps-Beaupré comme dessinateur (Buache et Beautemps-Beaupré sont deux fois cousins, par leurs mères qui sont sœurs – Marie-Claude et Marie-Catherine Collin – et par la seconde femme de Jean-Nicolas, Marie-Louise Collin, fille d’un frère de leurs mères, Bernard Collin). En y incluant les Collin, cette lignée Buache (Delisle) / Collin / Beautemps-Beaupré s’affirme ainsi comme l’une des plus importantes dynasties de géographes, où la transmission du savoir se fait essentiellement en famille.

 

Jean-Nicolas Buache est donc le seul géographe parmi les dix premiers membres du Bureau des longitudes. La même année 1795, il devient professeur de géographie à la jeune École normale, et membre de l’Institut. Malgré quelques difficultés sous la Terreur, il est confirmé, le 26 août 1795, dans ses fonctions d’hydrographe de la Marine et de conservateur du Dépôt. Jusqu’à sa mort, le 21 novembre 1825, celui qui publie relativement peu mais a une activité influente dans les institutions (il imagine la future Société de géographie dès 1785), est ainsi le garant de la continuité du service hydrographique de la France, notamment dans la gestion du portefeuille cartographique et la qualité de la gravure. Dans ce domaine, avec Étienne Collin, comme dans d’autres secteurs du Dépôt, il impose des membres de sa brillante tribu. Un véritable deuxième bureau !

 

https://voilesetvoiliers.ouest-france.fr/culture/histoire-de-la-marine/deuxieme-bureau-7ee906b9-a2ec-1743-bdb1-20ccd94f61d7

Raphaël

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