1736 – France et golfe du St Laurent – B. d’Arachon, Bassin d’Arcachon, Cap Feret, C Feret

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Carte pour servir à la navigation contenant les côtes de France et celles du golfe du St Laurent

On a marqué sur cette Carte les Variations observées dans les Voyages faits depuis 1732 et elles ont été placées aux lieux mêmes où les observations ont été faites.

  • Variations en 1732 par M. Desherbiers de l’Estanduère
  • Variations en 1734 par le Vaissau le Héros
  • Variations en 1735 par M. de la Saussaye
  • Variations en 1735 par M. Forant

Appartient au Portefeuille 118 du Service hydrographique de la marine consacré à l’Océan Atlantique.

B. d’Arachon, Cap Feret

La déclinaison magnétique (ou variation) est, en un point donné sur la surface de la Terre, l’angle formé entre la direction du pôle Nord géographique et le Nord magnétique (il s’agit donc d’un angle sur le plan horizontal du point d’observation). Cet angle est compté positivement vers l’est et négativement vers l’ouest.

 

Desherbiers de l’Estanduère est un des derniers marins de cette époque qui eussent fait leurs premières armes sous les Tourville, les d’Estrées, les Ducasse et les Duguay-Trouin.

Dans une lettre datée du 20 octobre 1673, adressée au Révérend Père Richard, provincial de la province de Guyenne à Bordeaux, le père Nau raconte son voyage à bord du Rubis. Les  passagers embarqués le 29 mai 1734 comptaient parmi eux Mgr Dosquet avec sa suite de 11 personnes, soit des ecclésiastiques « ramassés sur le parvis de Paris », trois prêtres de  Saint-Sulpice, quelques Jésuites, une centaine de soldats, quatre-vingt faux-sauniers, etc. Le père raconte que parmi les désagréments du voyage il y a la vermine et la puanteur : « Nous avions à bord une centaine de soldats de nouvelle levée, dont chacun avait avec soi un régiment entier de Picardiers. En moins de huit jours, les picards afamés se répandirent partout, personne ne fut exempt de leurs morsures, pas même l’évêque et le capitaine. Toutes les fois que nous sortions de l’entrepont, nous nous trouvions couverts de pous. J’en ay trouvé jusques dans mes chaussons, autre fourmillière de pous et encore d’infection, c’étoient quatre vingt faux sauniers, qui avoient langui pendant un an dans les  prisons. Ces misérables auroient fait pitié aux plus barbares des Turcs. Ils étoient demi-nuds, couverts d’ulcères, et quelques uns même rongés tous vifs par les vers. Nous nous cottisâmes et fimes une quête dans le vaisseau, pour leur acheter des chemises des matelots, qui en avoient de reste ; nos soins ne les empêchèrent pas de mettre dans le navire une espèce de peste dont tout le monde a été attaqué, et qui nous a fait mourir vingt hommes à la fois, que les officiers et les passagers qui se portoient bien étoien obligés de faire la manœuvre à la place des matelots ».

Le Révérend Père de Lauson devient second maître d’équipage pour les ecclésiastiques et parmi les autres Jésuites  le Père   Aulneau se distingue par son zèle auprès des malades. Mais une fois à terre il tombe gravement malade et deux attaques l’amènent aux portes de la mort. Nau est le seul des Jésuites à n’avoir souffert de rien, même pas du mal de mer.

Hubert Charbonneau, professeur en démographie historique à l’Université de Montréal, écrit que cette « espèce de peste », appelée aussi « fièvre des navires » ou « fièvre pourpre », est en fait le typhus, une maladie contagieuse souvent confondue à l’époque « avec la peste, la rougeole ou même avec la typhoïde… c’est le mal par excellence des marins, des soldats et des prisonniers, bref de tous les groupes où règne l’absence d’hygiène. Il s’agit d’un complexe pathogène comportant par conséquent un agent infectieux et un agent vecteur ; celui-ci est le poux ».

Finalement, continue le Père Nau, ils atteignent Québec le 16 août après une traversée de 80 jours, l’une des plus longues jamais vue. Des vents contraires et très violents ont retardé le navire et  près du Grand Banc ils doivent changer leur mât de hune. Ils seront huit jours sur une mer agitée incapable de faire voile, devenant le jouet des flots et essuyant les grosses vagues comme une simple coquille.

Le Père pense que le navire aurait pu être une proie facile pour les pirates ou les Anglais alors qu’il y avait tant de malades à bord. Mais heureusement la taille du navire effraie tous ceux qu’ils rencontrent dont entre autre l’un des vaisseaux du roi, la Charente, commandée par La Saussaye (deviendra très vite commandant du Rubis), qui les voit 7 heures avant qu’eux-mêmes s’en aperçurent. Il leur envoie des rafraichissements et ils rirent alors de bon cœur de leur frayeur, conclut-il.

Il s’agit probablement du huguenot charentais Jacques Forant, (1588-1649) dit « le Chevelu », Amiral de la république de Venise s’illustre dans la marine et termine avec le grade de contre-amiral ; le patronyme Forant, que l’on trouve aussi sous l’orthographe Foran ou Forand, est d’origine rétaise. Il apparaît dans les archives de la ville de La Rochelle dans les années 1580-1585. La famille Forand a fourni au royaume de France un grand nombre de marins.

Jacques Forant est marié avec Thomasse Valleau.

Son père (Robert) Job Forant s’est signalé en sauvant les navires protestants lors du combat de Riez, le 16 avril 1622, qui oppose les armées catholiques et royales de Louis XIII aux troupes huguenotes, combat au cours duquel il préfère se tuer plutôt que de se rendre. Les  guerres de Religion ont opposé catholiques et protestants, appelés aussi huguenots dans la seconde moitié du XVIe siècle. Elles ont fortement  concerné le futur département de la Vendée où des fiefs protestants sont solidement implantés autour de seigneurs déterminés, comme les Rohan et les Soubise. Après l’Édit de Nantes, de 1598, le retour à la paix est d’autant plus fragile que la monarchie catholique craint la proximité de la ville protestante de La Rochelle où un débarquement anglais est toujours possible. L’épisode particulier du combat du 15 avril 1622 illustre les tensions – dont le siège de La Rochelle en 1628 est le point culminant – qui vont durer dans tout l’Ouest jusqu’à l’arrêt des persécutions sous Louis XVI en 1787.

En 1622 devant la menace que font peser les chefs huguenots qui ont investi l’île de Riez, et ravagé le Bas-Poitou, l’armée royale, commandée par Louis XIII, entoure l’île et l’envahit à marée basse. Si le reportage retrace les étapes de la bataille qui est un succès royal, le bilan humain est sans doute à reconsidérer car les mises à mort des protestants atteignent peut-être le chiffre de 4 000 personnes, outre 1 500 autres envoyées aux galères. Le choc prive le camp protestant de la possibilité de résister en Vendée, même si un certain nombre d’entre eux restent sur place, malgré les avanies qu’ils subiront, jusqu’à la Révolution qui permet la reprise du culte.

À l’époque, cette victoire a une résonance dans tout le royaume, parce qu’elle est un coup d’arrêt devant les prétentions des protestants à contrôler des provinces et qu’elle consacre le pouvoir du jeune roi, conseillé déjà par le cardinal de Richelieu, précédemment évêque de Luçon. De cet écho, en témoigne un ensemble de vitraux exposés au musée de Troyes, qui a été confectionnés en 1624 et dont l’un est intitulé « L’isle de Rié » présentant la bataille.

On connaît aussi son fils, Officier de marine, également Job Forant (ca1606-1692) qui termine sa carrière militaire avec le grade de chef d’escadre (équivalent de contre-amiral) ; un quai de la commune de Saint-Martin-de-Ré (île de Ré) a été nommé en son honneur. Job Forant fait partie des officiers protestants que Louis XIV a à cœur de rallier à l’Église catholique romaine. De sa vie privée nous retiendrons que le 17 février 1687, Seignelay écrit à Forant : « Le Roy a été informé qu’il y a à la Tremblade une fille de la Rochelle, nommée Tatou Burtel, qui y mène une vie scandaleuse et avec laquelle vous avez un commerce qui est d’un très mauvais exemple ; je suis bien aise de vous dire que vous feriez mal votre cour à Sa Maj. si vous continuyez dans une pareille débauche, et qu’a votre âge et dans la dignité dont Sa Maj. vous a honoré vous devez avoir une conduite exempte de tout reproche et qui édifie les anciens catholiques et les nouveaux convertis. J’espère que vous y donnerez ordre et que vous empêcherez qu’il ne vienne plus de pareilles plaintes à Sa Majesté. »

En effet, La Tremblade est témoin des infidélités du vieillard, alors même que sa femme, Marguerite Richier, et ses jeunes enfants y résident. L’affaire a un grand retentissement, et l’on arrête Tatou Burtel, qu’on envoie dans un couvent.

 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53177429f/f1.item

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65401337/f222.image.r=desherbiers#

Navires venus en Nouvelle-France en 1734

https://www.naviresnouvellefrance.net/vaisseau1700/html/page1734.html

https://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr&p=jacques&n=forant

https://fresques.ina.fr/olonne/fiche-media/Olonne00570/la-bataille-de-riez-contre-les-huguenots.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Job_Forant

Pour les curieux :

Carte des variations de la boussole et des vents généraux que l’on trouve dans les mers les plus fréquentées dressée au dépost des Cartes de la Marine pour le service des vaisseaux du Roy par ordre de M. le Duc de Choiseul […] Ministre de la Guerre et de la Marine / Par le S. Bellin,… 1765. Appartient au Portefeuille 1 du Service hydrographique de la marine consacré aux mappemondes, cartes magnétiques, cartes polaires et planisphères avant 1800 ; 20

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b5970595s.r=%22carte%20des%20variations%20de%20la%20boussole%22?rk=21459;2

1786 & 1792 – Carte générale de l’Océan Atlantique

Carte générale de l’Océan Atlantique ou occidental

dressée au Dépôt général des Cartes Plans et journaux de la Marine publiée par ordre du Ministre pour le service des vaisseaux Français en 1786 (revue et corrigée en 1792, An I de la République)

C Feret, Bassin d’Arcachon

N.B. Les Navigateurs sont invités à communiquer au Dépôt des Cartes et Plans toutes les Observations astronomiques et nautiques qu’ils ont  pu faire ou recueillir, ainsi que leurs remarques sur l’exactitude ou les erreurs des Cartes dont ils font usage et que l’on s’empressera de rectifier.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b59706153/f1.item

Raphaël

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