1643 – Carte généralle des postes de France Salmon – Belin, Leyra R.

 
 
Cette route des Grande Landes, la voie historique, est une des premières routes à être équipée d’un service des postes ; on institue des maîtres de courrier agrées puis une « Ferme générale des Postes » à laquelle est attribué le monopole du transport du courrier. C’est alors l’âge d’or des maîtres de Poste qui assurent le transport des lettres en fournissant des chevaux aux courriers de la Ferme. À chaque relais, le courrier change de monture. Un chevaucheur accompagne jusqu‘au relais suivant et ramène ensuite les chevaux. L’augmentation du trafic conduit à l’utilisation de petites voitures à un ou deux chevaux, puis, à partir de 1793, des malles-poste à trois chevaux. Au fil du temps, les maîtres de poste participent au transport des voyageurs en louant des chevaux aux voitures particulières, ou en les mettant à disposition des diligences royales. Les relais se transforment en écuries et auberges en mesure de nourrir et loger les voyageurs. Ils sont, en principe, tenus d’avoir de la lumière pendant la nuit et un postillon de garde. Ces maîtres de poste sont la plupart du temps des propriétaires sinon fortunés du moins aisés ou possédant quelques biens pour assumer écurie, chevaux et fourrage. Certains sont ainsi à la fois agriculteur, aubergiste ou maréchal-ferrant. Employés du Roi avec uniforme, bénéficiant de certains privilèges, correspondants de la Ferme, ils sont aussi auxiliaires de police tenant registre des passages. Particularités notées dans les Landes, on ne ferre pas les chevaux, le sable nourrissant la corne au lieu de l’user, et les postillons y renâclent à porter l’uniforme, lui préférant les habits de pâtres (veste en peau de mouton sans manches et un surtout en grosse laine du pays avec manches et capuchon – le « béret » au lieu du chapeau).
Passé Petit Bordeaux, deux Relais de Poste sont installés vers 1620, l’un à Lestaules (Les Taules)et l’autre au Putz (Puch ou Le Puch de Lagubath). L’inventaire au décès du Maître de Poste de Lestaules, Noël Taffart, en 1669, nous montre la diversité des activités liées au fonctionnement d’un de ces relais-auberges, et les retombées économiques pour l’agriculture locale : vignes, labours, troupeaux de moutons, ruches. Ensuite vient Le Barp, important relais de poste sur la route d’Espagne qui traverse la paroisse du nord au midi, poste à chevaux après Gradignan.
 

1643 Carte generalle des Postes de France

Carte généralle des postes de France ainsy quelles sont à présent establies y compris les rivières & principalle villes tant dudict royaume que de ses frontières, dédiée à Jérôme de Nouveau 1613-1665, Chevalier, Baron de Linières, Seigneur de Fromont, surintendant gêneral des Postes et Relais de France / Salmon Cartographe
Belin, Leyra R.
Entre Bordeaux et Bayonne, nous trouvons les étapes Petit Bordeaux, Le Bac (Le Barp), Le Puy de Lagudat (Le Puy de Langubat), Belin, Le Muret, Lyspotet (Lipostey), La Bocherie (La Bouhere), Iean Guillet (Languillet), La Harie (Laharrye), Lesperon, Castetz (Castelz), Mayesc, Les Monts (Les Mons), StVincent, Les Vagues et Ondres ; la route des postes s’arrête à Bayonne.

Dans les Grandes Landes, la plupart des relais sont installés dans les vallées boisées au bord d’un ruisseau : en 1814, un voyageur rapporte que « les auberges des landes ne causent jamais de ravissement : ce sont de misérables avento, où, presque sans vous rien fournir que le couvert, on vous fait payer comme vous ayant nourri ». La route isolée des Grandes Landes est également marquée par divers vols et brigandages. Déjà au Moyen Âge accuse-t-on le sire Amanieu d’Albret de rançonner les voyageurs à Lesperon ! En l’An VIII, on signale l’attaque et vol d’une diligence, et, peu après, un autre vol par le conducteur de la malle lui-même qui prétend avoir été arrêté et pillé par des brigands ! À cela, pour l’ambiance, il faut ajouter la présence de loups comme encore en 1806 à Laharie.

Les commentaires en italique sont ceux de M. Vaysse de Villiers, inspecteur des postes, en 1823
Landes en vrac, souvenirs et témoignages du passé et petit patrimoine landais
 
 
Qui est ce Salmon ? Le Bulletin d’informations / Ministère des Postes, télégraphes et téléphones, Direction du service central (Bureau d’études, de documentation et de statistique) de septembre 1934 indique « Toussaint Salmon, avons en vertu dudit pouvoir, icelui nommé et présenté, nommons et présentons à l’état d’office héréditaire de Conseiller du Roi, Maître des Courriers, ancien, alternatif et triennal du bureau des dépêches de la Généralité de Touraine et Contrôleur provincial des Postes en l’étendue d’icelle, pour l’avoir, et tenir, en faire sous nous et par nos ordres toutes les fonctions portées par ledit édit du mois de mai 1630 et en jouir héréditairement par ledit »
Nous publions le fac-similé de l’original d’un brevet de Maître des Courriers et Contrôleur provincial dont voici la transcription : Hiérosme de Nouveau, Seigneur de Fromont, Conseiller du Roy en ses Conseil, Grand Maitre des Courriers, Surintendant Général des Postes et Relais de France et des Chevaucheurs de l’Écurie de Sa Majesté, à tous ceux qui ces présentes verront, savoir faisons qu’ayant plu au Roy par édit du mois de mai 1630, créer en titre d’Office formé en chacune généralite de son Royaume, trois États et offices de ses Conseillers Mattres des Courriers et Controleurs provinciaux des postes pour en jouir par les pourvus héréditairement aux honneurs, privilèges, exemptions et immunités dont jouissent les officiers domestiques et commensaux de la Maison de Sa Majesté, avec attribution des ports de lettres et paquets arrivant des bureaux des postes établis ou à établir dans l’étendue de ladite généralité conformement au réglement des taxes du 16 octobre 1627 et lettres-patentes sur icelui du 28 août 1628, et aussi droits et pouvoirs portés par ledit Édit et par autre Édit du mois de mai 1632 réuni auxdites charges de Grand-Maitre des Courriers et Surintendant Général des Postes, Relais de France et des Chevaucheurs de l’Écurie de Sa Majesté, les pouvoirs dont jouissaient auparavant lesdits Maîtres des Courriers et Controleurs provinciaux desdites postes, avec faculté toutefois de rétablir les-dits Offices de Maîtres des Courriers et Controleurs provinciaux par nomination de nous qui serait confirmée par Sadite Majesté ; pour en jouir par les pourvus aux mêmes honneurs, privilèges, exemptions et immunités, supplément des provinces, droits et pouvoirs à plain, compte tenu auxdits édits de création du mois de mai 1630. Nous, à ces causes, bien informé des vie, mœurs et religion catholique, apostolique et romaine, fidélité et affection au service de Sa Majesté et experience au fait des postes de M. Toussaint Salmon, avons en vertu dudit pouvoir, icelui nommé et présenté, nommons et présentons à l’état d’office héréditaire de Conseiller du Roi, Maître des Courriers, ancien, alternatif et triennal du bureau des dépêches de la Généralité de Touraine et Contrôleur provincial des Postes en l’étendue d’icelle, pour l’avoir, et tenir, en faire sous nous et par nos ordres toutes les fonctions portées par ledit édit du mois de mai 1630 et en jouir héréditairement par ledit Salmon, aux honneurs, autorités pouvoirs, privilèges, exemptions et immunités, droits de supplément de ladite Généralité et émoluments des ports de lettres et paquets arrivant aux bureaux de ladite généralité de Tourayne, et autres droits et profits audit office appartenant, encores qu’iceux nous ayant été réservés par dit Édit du mois de Mai 1632 sans que ledit Salmon puisse être dépossédé d’icelui, sinon en cas de remboursement général par Sadite Majesté, Laquelle nous supplions trés humblement avoir agréable la présente nomination et sur icelle faire expedier audit Salmon les lettres de confirmation et provision à nous addressantes a ce nécessaires. En témoin de quoi nous avons signé ces dites présentes et fait contresigner par l’un de nos commis a la Surintendance et Contrôle Général des postes de France, et a icelui fait apposer le cachet de nos armes. Donné à Paris le dernier jour de décembre 1640, Signé de Nouveau. — Par Mondict Sieur : Signé Legris
Les Historiettes de Tallemant des Réaux nous apprennent que Jérôme de Nouveau est grand dissipateur des revenus considérables qu’il tient de la Poste ; il aime le panache et se tient à l’affût de tout ce qui peut flatter sa vanité de parvenu. « Madame de Nouveau est la plus grande folle de France. Pour un deuil de six semaines on lui a fait six habits ; elle a eu des jupes de toutes les couleurs qu’elle ne se prive pas de montrer… ». « Estant grosse, elle a retenu deux nourrices de peur d’en manquer… » et « Une autre fois elle ne voulut pas d’un laquais parce qu’il estoit laid, et que si elle devenoit grosse, il y auroit du danger à le regarder.
Jérôme de Nouveau qui avait tiré profit de sa fonction par les ventes et reventes des offices de Maîtres des Courriers dont il était le dispensateur eut bientôt à répondre de ses exactions devant la Chambre de Justice. Sa charge lui fut reprise et revint au domaine du Roi.
Relevons un fait curieux qui lie Salmon à Nouveau par personnes interposées dans le contrat de mariage, en 1635, entre Nicolas Hay, au service de monsieur de Nouveau, Général des Postes, demeurant rue des Blancs-Manteaux, fils de Louis Hay, décédé, demeurant à Champs (près d’Argentan) et de Hélène Dornoy, décédée, d’une part, et Anne Vignon, veuve, demeurant en la maison du sieur Salmon contrôleur des Postes, demeurant rue Saint-Jacques, veuve de Vincent Brisart, d’autre part.
Minutes et répertoires du notaire Charles de Hénault, 23 mai 1634 – 11 août 1676 dans https://francearchives.fr/fr/facomponent/8395777973540c3e2e3fbc01e3ce59a6a7211ab1

Aimé

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