Départ du chevet de la Basilique Notre-Dame d’Arcachon
Textes dus aux travaux de Marie-Christine Rouxel et Michel Boyé que nous remercions.
MENTQUE (allée de)
Né le 11 avril 1808, avocat, Pierre-Paul-Edouard-Martin de Mentque entra dans la carrière préfectorale en 1834. Préfet de la Haute-Marne, il est révoqué en février 1848. Envoyé comme préfet à Limoges de janvier 1849 à mai 1852, il se fait remarquer par sa répression anti-républicaine en Haute-Vienne. Il administra la Gironde du 22 juin 1853 au 27 juillet 1863. Sénateur de l’Empire, Grand Officier de la Légion d’Honneur, Martin de Mentque mourut à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise) le 2 septembre 1878.
Mentque laissa « avec empressement poser les rails sur la route départementale alors que la prolongation du chemin de fer sur Arcachon n’était pas encore décrétée et que conséquemment, la Compagnie du Midi aurait pu n’être pas autorisée à traverser cette route ».
Sainte-Solange, 34 allée de Mentque
Elle date de 1878 et elle s’appelait Amelina. En 1889 elle appartient à Mme Cuzol. Après 1930 elle se nomme Sainte-Solange.
Eureka, 32 avenue de Mentque
Construite par le même propriétaire que Marfred.
Voir les deux « mounaques » venant d’une tradition de Campan (65).
En 1878 elle appartient à M. Tickell, en 1879 à M. Donis.
Coralyne, 30 allée de Mentque
Propriété de M. Tickell en 1878 (pension de famille) (AA 24-2-78) et de M. Cash de Bordeaux en 1879 puis à Levassor, constructeur automobile (AA du 28.03.1897).
Elle appartient en 1952 au comte de la Taille Trétinville comme Marfred. Elle devient Coralyna.
Balcons modifiés mais réhabilitation réussie (1983).
Marfred, 28 allée de Mentque
Bâtie en 1878 cette pension de famille appartient à M. Tickell sous le nom de Bella-Vista.
Pension de famille que le guide Bradshaw recommande ainsi : « maison anglaise de premier ordre établie en 1879 dans la forêt ; à prix modérés avec tennis, croquet et appareils de gymnastique, dans un jardin de 2 300 m2. Il y a 12 chambres à coucher et deux grands salons. Au premier, une véranda et un balcon donnant sur le midi (de 16 m de long de plain-pied avec le salon). Les deux salons réunis peuvent accueillir 135 personnes lorsqu’on donne une fête. Bella Vista joint « la salubrité de sa situation à l’excellence de sa nourriture ». Elle était la propriété de la famille Tickell. Bien qu’elle soit distante de la mer, des cabines sont attachées à l’établissement. « Il n’y descend que des personnes appartenant à la bonne société.
L’AA du 17 septembre 1882 y annonce la naissance de John-Maurice Mendes.
Elle figure sur le plan A.J. Ducos de 1889.Elle prend ensuite le nom de Quo Vadis au moins jusqu’en 1907. Ce nom était très à la mode à cause du roman.
Institution libre en 1903 qui prépare aux baccalauréats, directeur M. Berthomé.
Quo-Vadis prit ensuite son nom définitif, Marfred, sans doute à cause du début des prénoms de MARie-Anne et FREDéric de la Taille-Trétinville qui étaient propriétaires de cette villa.
Propriétaire : Cte Ctesse de La Taille-Trétinville (AC 1911, 1922, 1928).
Lacordaire, 26 allée de Mentque
En 1878 cette villa appartient à Mme Garrigues sous le nom de Mignon ; elle l’aménage en pension de famille en février 1888 et la dirige. Elle prend le nom de Lacordaire en 1903 (dit Villet) (ou en 1917 ?). Le chanoine Bonnet, curé d’Arcachon de 1908 à 1925, aménage le presbytère de Notre-Dame dans cette villa en 1917. Il y reste jusqu’à l’achat de la villa Rasnes devenue Sancta Maria, presbytère actuel, 21 allée de Mentque.
La villa célèbre ainsi le dominicain Jean-Baptiste-Henri Lacordaire (1802-1861).
Cure de la paroisse Notre-Dame.
La villa faisait référence à l’œuvre maîtresse du compositeur Ambroise Thomas – « Mignon », opéra-comique d’après un poème de Michel Carré et Jules Barbier (1866), inspiré du « Wilhelm Meister » de Goethe.
Les Palmiers, 24 allée de Mentque
Bâtie en 1879 pour M. Lehman.(AA novembre 1879).
Elle est de « style rocaille », où le ciment armé reproduit le bois.
Le Guide d’Arcachon 1888 décrit ainsi cette villa de location :
« Villa des Palmiers avec jardin de 1 500 m2 à 120 m de la chapelle Notre-Dame, à 300 m de la plage, belle vue sur le Bassin et sur la forêt, cinq chambres de maître dont trois au midi avec sept grands lits, quatre cabinets de toilette, trois chambres de domestiques, pas-perdu, salon, petit-salon, salle-à-manger, grande cuisine et dépendances, cave, calorifère, sur l’avenue de Mentque éclairée au gaz ».
L’AA du 16 mars 1923 signale le séjour de l’abbé Rousselot, professeur du Collège de France, qui y vient plusieurs fois par an.
Dr Pelletier (acquisition signalée par AA du 15.10.1899)
La villa est réquisitionnée par la ville le 19 septembre 1939.
Les Violettes, 22 allée de Mentque
Date de 1903. En 1952 et encore en 1954, elle abrite une école de Sténo-Dactylo. Elle porte son nom dans la grille d’entrée.
Santa Maria, 21 allée de Mentque
Bâtie après 1930. Ex Rasnes qui est rasée. Presbytère de Notre-Dame.
Les Boutons d’Or, 18 allée de Mentque
Date de 1903.
Les Coquelicots, 20 allée de Mentque
Bâtie en 1903.
Le musicien André Caplet y vient en convalescence en 1910. (Osiris, l’oncle d’Arcachon par Jean-Pierre Ardoin Saint Amand p. 86).
Graciosa, 19 (ou 21) allée de Mentque
Bâtie après 1930.
Georges Antonina, 17 allée de Mentque
Elle appartient en 1889 à M. Grange. Elle est rasée après 1930 et sur son emplacement on construit la villa Passe-Temps.
Marie-Joseph, 15 allée de Mentque
Construite en 1889 (on parle aussi de 1870) pour M. Engremy sous le nom de Alice Gabriel, elle change de nom peu après (avant 1896).
Jeanne d’Arc, 13 allée de Mentque
Mentionnée en 1889 elle appartient alors à Melle Callas.
Lou Casse, 12 avenue de Mentque
Postérieure à 1930.
Bel-Air, 11 avenue de Mentque
Cette villa construite en 1894 pour le vicomte de Josselin par M. Ormières et M. Blavy, se nomme Bel-Air. L’Avenir d’Arcachon du 24 juin 1894 annonce l’achèvement de sa construction. Notons que le vicomte de Jousselin était le frère du « sportman » de La Haye Jousselin.
Il la cède en 1905 au ténor Alvarez (Albert Raymond Gourrond) qui lui donne le nom de Yamina.
Albert Raymond Gourrond jouait du cornet à piston dans la musique du 28e Régiment d’Infanterie en 1881. Il avait une belle voix. On le retrouve ténor espagnol sous le nom d’Alvarez. Célia Bertin raconte comment « la dernière des Bonaparte » fut émue de l’entendre chanter dans « la Favorite ». Il avait une « si jolie barbe fine ». Etoile parmi les étoiles, il chanta à l’Opéra, à Covent Garden puis en Amérique. Auschitzky, un « sanfiliste » amateur hérissait d’antennes le toit de sa villa Cyclamen pour converser avec le reste du monde. Lors du concert donné par Alvarez à New-York, sa femme se rendit chez lui et put entendre chanter son époux. Alvarez mourut à Paris en 1933.
Emmanuel de Witt, inspecteur des finances y habite un an en 1910 puis il achète la villa La Bruyère quelques maisons plus loin. L’aviateur Latham y séjourna en septembre 1910.
En mai 1919 Gilbert des Voisins et sa femme Louise de Heredia quittent « la villa Maïtea pour s’installer à Yamina où ils bénéficient d’une vue magnifique au Nord sur le Bassin. Ils y demeureront jusqu’en décembre 1921. » (BSHAA n° 119)
En 1926 la villa est habitée par la veuve de José-Maria de Heredia accompagnée de son gendre Gilbert des Voisins, de sa fille Marie écrivain sous le nom de Gérard d’Houville et du poète Henri Régnier. Louise, mariée en 1915 (?) à Pierre Louÿs épousa en seconde noce Gilbert des Voisins.
Propriétaire en 1924 : Cabanne ou Mme Martour (Annuaire Delmas).
Ker Goz, 10 allée de Mentque
Construite par J.M. Alaux, elle appartient en 1889 à M. Couturier sous le nom de Saint-Joseph et en 1903 à M. Maubourguet. (Phare du 04.12.1933).
Sous le Vent, 9 allée de Mentque
En 1879 elle appartient à Melle Alger sous le nom de Lilia.
AA 5-05-1895 : M. et Mme Théomède de Villebonne
Elle est acquise en 1908 par Mme Charrit qui la rebaptise Marguerite. Son patronyme Sous le Vent est postérieur à 1930.
Mektoub, 7 allée de Mentque
Elle appartient en 1889 à Melle Alger d’où son appellation Cottage Alger. M. Cieutat, conseiller à la cour d’Agen y séjourne en 1894. En 1908 Mme Charrit l’achète et la renomme Maurice. Puis elle prendra le nom de Mektoub après 1930.
La Sympathie, 5 allée de Mentque
Construite sur l’emplacement de la villa Rodrigues-Ely. Cette maison bâtie en 1865 appartient en 1871 au Vicomte Charles de Villoutreys, puis en 1878 à M. C. Lanoir (le prince Alex de Lieven, de Russie, y vient en novembre1878 nous dit l’Avenir d’Arcachon). En 1882, elle est à Mme Alger. Le 3 septembre 1888 y est ouvert le Collège anglais d’Arcachon avec pour directeur M. de Podog Dmochowski.
AA du 21-06-1891 raconte : « Lundi dernier on célébrait la fête de la Mme la comtesse de Partz de Pressy. Il a été tiré un brillant feu d’artifice.
En 1895 elle est à Arthur Escarraguel, maire d’Ambès et vice-consul d’Espagne à Arcachon, (qui fonda à Arcachon en 1886 la Société de gymnastique et d’instruction militaire) et il y tient le vice-consulat jusqu’en 1907. Il agrandit le parc en faisant l’acquisition de 3 000 mètres carrés de dune boisée en 1896 (AA du 23.02.1896). Il est président de l’Automobile Club Bordelais.
Le 26 décembre 1905 Francis Planté donne un concert au Théâtre municipal. Il en donne ensuite deux autres, dans ce chalet et à la villa Renesse.
En 1910 l’infante Eulalie (sœur d’Alphonse XII), en séjour chez la comtesse de Renesse, est invité par les Escarraguel à un five o’clock et à un concert.
L’AA du 25 décembre 1910 informe :
« Mardi 20 décembre, à la villa Bellevue, pendant l’absence des propriétaires, à l’heure du déjeuner des domestiques, vers midi, le tuyau de tôle d’une salamandre qui avait toujours bien fonctionné, mit le feu à la tenture d’une galerie vérandah. A midi trois quarts, le bris d’une glace attira l’attention du valet de chambre qui entra dans la pièce déjà pleine de fumée.
A l’alarme donnée, le pompier Larroque et le jardinier commencèrent à jeter de l’eau et faire manœuvrer la lance. Le feu commençait à gagner le premier étage par la cage de l’ascenseur.
Le valet de chambre fut gravement blessé par la chute d’une imposte en verre-glace.
Les intérieurs du salon et de la galerie-véranda ont été entièrement brûlés ainsi que quelques meubles du premier étage.
Duvaché et ses ouvriers, mandés par téléphone, la police prévenue, le capitaine des pompiers et des voisins sont arrivés à maîtriser ce très gravec commencement d’incendie. La gendarmerie est arrivée également.
Les dégâts mobiliers, très importants, couverts par des assurances, sont évalués à une soixantaine de mille francs. »
L’AA du 27 avril 1924 nous dit que M. Defrance est propriétaire de la villa Bellevue.
Elle appartient le 27 décembre 1927 à la femme d’Auguste Gilbert de Voisins, 2e époux de Louise de Heredia qui la fit transformer par un architecte parisien. (Ils l’avaient louée l’année précédente (BSHAA n° 119 p. 34)
“La villa Bellevue était déjà un très bel immeuble quand Voisins entreprit de la restaurer. Il s’ensuivit une véritable reconstruction. Cette grande bâtisse deviendra une très belle villa, avec un toit à deux pentes inégales, peinte en rose, ce qui était à l’époque une innovation. De même, à l’intérieur, l’ameublement sera résolument orienté vers le mobilier « art décoratif » puisque certaines pièces seront signées de Follot, de Ruhlmann, avec, au salon, l’inévitable laque de Dunand. La dominante générale sera le rose. Les Voisins la rebaptisent La Sympathie en souvenir d’une caféière de la famille Despaigne (la mère de Louise), détruite à Cuba lors de la révolution de 1868. »
A la mort de Louise en décembre 1930 la maison revient à son mari qui est son légataire universel. Selon le vœu de sa femme la villa est transmise à Marie de Régnier en 1932, lui en garde l’usufruit mais ne voulant plus y revenir après la mort de sa femme, il en laisse la jouissance à Marie de Régnier. Elle y habitera au moment de la déclaration de guerre de 1939 et en devient entièrement propriétaire le 8 décembre 1939 à la mort de son beau-frère. Elle y reste durant l’hiver glacial de 1940 et devant l’avance allemande mais l’entretien de la maison est bien lourd pour elle financièrement. Famille et amis viennent se réfugier dans sa villa où vont s’installer tant bien que mal une vingtaine de personnes. A ce moment-là à Arcachon s’entassent plusieurs milliers de réfugiés venant de la Belgique, du nord et de l’est de la France.
Petit à petit tout le monde regagne ses foyers. Pour éviter que sa villa soit réquisitionnée par les Allemands, Marie de Régnier la loue à Marcel Petit, un industriel parisien réfugié pour la durée de la guerre à Arcachon mais en août 1942 il est prié de vider les lieux et les Allemands l’occupent jusqu’au 20 août 1944. Marie de Régnier qui a perdu son fils Pierre, dit Tigre en 1943, reviendra à Arcachon en avril 1945. Mais en partant les Allemands ont mis le feu à la villa qui est restée ouverte à tous les vents et les meubles ont disparu. Elle entreprend d’assurer le clos et le couvert à son locataire Marcel Petit mais l’entretien et les impôts son trop lourds et elle doit vendre la villa le 17 décembre 1949. M. Petit l’achète. Elle ne reviendra jamais à Arcachon jusqu’à sa mort en 1963. (Robert Fleury : Marie de Régnier l’Inconstante, Plon Collection biographique 1990)
Les propriétaires, à une époque, inclinent sur le mur aveugle de la salle à manger une glace chargée de refléter la mer aux yeux des convives qui n’en avaient pas l’image sous les yeux.
Jacques Chaban-Delmas loua la villa plusieurs années.
Villenave, 3bis allée de Mentque
Appartient à Eugène Rodrigues-Ely de sa construction en 1865 jusqu’en 1905. Elle est achetée en novembre 1905 par Mme Masson en même temps que Mendelssohn. Sa fille, Mme Auguste Petit qui en hérite la transforme en garage. Elle renaît en 1985 sous le nom de Nyarha.
Mendelssohn, 3 allée de Mentque
En 1882 elle appartient à Eugène Rodrigues-Ely, L’Avenir d’Arcachon annonçant dans l’état civil du 17 au 24 novembre la naissance dans cette villa de Isaac-René-Isidore-Henri Rodrigues-Ely, son fils. Il possède aussi la villa voisine Villenave (dont il était déjà propriétaire en 1878). Quelques années plus tard, il la loue et habite la villa Socrate qui deviendra La Salutaire, 209 boulevard de la Plage.
En 1891 et 1892 l’annuaire du conseil héraldique de France note la présence à cette adresse de H. Mercier (Maurice), chevalier de Saint-Grégoire, décoré de la croix Pro Ecclesia et Pontifice. L’Avenir d’Arcachon du 2 avril 1893 annonce la venue de M. Bloch et celle du 26 août 1894 celle de M. Puccinelli mais le baron et la baronne de Contenson (AA du 31.12.1893) y séjournent en 1893, 1894 et 1895. Ils font souvent parler d’eux en raison des réceptions qu’ils donnent.
L’Avenir d’Arcachon les relate fréquemment.
Le 9 décembre 1894 : « Jeudi 6 décembre a eu lieu à la villa Mendelssohn en l’honneur de S.A.R. la princesse Eulalie de Bourbon, fille de la reine d’Espagne et femme du prince Antoine d’Orléans, duc de Montpensier.
Le baron et la baronne de Contenson avaient réuni à Son Altesse Royale, qu’accompagnait Mlle de Podesta, le comte et la comtesse G. de Bourbon-Lignières, la princesse Caradja, le comte de Lary de Latour, ainsi que M. Joseph de Canclaux, fils de notre ancien chargé d’affaires à Madrid.
Quelques personne ont eu l’honneur d’être présentées à Son Altesse après le dîner par les aimables maîtres de maison, parmi lesquels la comtesse de Lary, le vicomte et la vicomtesse de Leusse, le vicomte et la vicomtesse de Damas, M. et Mme de Sancy avec leurs filles, M. Canut et la délicieuse Melle Canut, que la princesse a retenue, ainsi que la charmante Mme Duprada, comme partners au lawn-tennis, le comte Mathéus, etc., en tout une trentaine de personnes.
La princesse, experte dans tous les sports, patinage, équitation et même bicyclette, ne méprise point pour cela la valse qui fait briller, comme tous les exercices dans lesquels elle excelle, sa taille fine, souple, élégante et gracieuse, et la soirée s’est terminée par une sauterie improvisée ».
Janvier 1895 : « A la villa Mendelssohn, mercredi, le jour habituel de Mme la baronne de Contenson, s’est transformé en une petite sauterie qui avait été précédée d’un goûter d’enfants, auquel ont pris part les deux jeunes princes d’Orléans, qui sont à l’hôtel Continental, Melles de Lary-Latour, de Bourbon-Lignières, de Bruce, de Villebonne, Renée Duprada, Jacques Festa.
L’enfance a fait ensuite place à la jeunesse qui a dansé un petit cotillon conduit par M. Joseph de Canclaux et Mme la comtesse de Bourbon-Lignières. Parmi les danseuses : Mme Duprada, Melle Alavoine, Melle de Sancy, Melles de Flaghac, Melles Boulay de la Meurthe, Melle de Saint-Didier, petite-fille de la comtesse de Lastic, Melle de Romeuf. Les classes de rhétorique et de philosophie de Saint-Elme avaient fourni à ces demoiselles un brillant escadron de danseurs. Saint-Cyr était même représenté par M. Patrice de Mac-Carthy.
On voit que M. le baron et Mme la baronne de Contenson prouvent, parmi nos hivernants, que la colonie étrangère fournit des ressources mondaines des plus élégantes et des plus brillantes à la fois ».
En 1895, bien que venant fréquemment à Arcachon le premier semestre, ils ne donnent pas de grandes réceptions étant vraisemblablement en deuil puisqu’ils sont devenus comte et comtesse de Contenson.
En 1901 L’Avenir d’Arcachon note la présence dans la villa de la comtesse de Salles, en 1902 du comte de Humières en mars, puis de Mme Magne en août et septembre, en 1903 du Dr Dupuy et en 1904 de M. de Brevans.
Tous les numéros de L’Avenir d’Arcachon du 11 septembre 1904 au 3 septembre 1905 font de la publicité pour l’école Berlitz : « Depuis le 1er septembre l’Ecole Berlitz de Bordeaux a ouvert une succursale à Arcachon, villa Mendelssohn, où les personnes désireuses d’apprendre l’une quelconque des langues vivantes trouveront des professeurs chargés de donner des leçons à l’Ecole ou à domicile. Leçons spéciales pour la préparation aux examens. Pour les renseignements s’adresser villa Mendelssohn ».
La villa est acquise en novembre 1905 par Mme Masson de Paris ainsi que la villa Villenave (3bis allée de Mentque) qui appartient aussi à Rodrigues-Ely (Av Arc 12-11-1905). Elle la loue en septembre 1906 à M. Dufréchoux puis fin décembre 1906 et le premier semestre 1907 à M. Perrier, auditeur au Conseil d’Etat. Elle y décède en août 1913 dans sa 90e année.
La villa devient la propriété de sa fille Mme Auguste Petit qui la possède lorsque L’Avenir d’Arcachon du 31 mars 1920 note que dans son jardin se trouve un Acacia Baleyana, de la famille des mimosas, originaire de l’Australie dont les fleurs jaunes en glomérules pédicellées sont disposées en grappes le long des rameaux. En mai suivant, le journal parle des cytises qui sont dans le jardin de la villa. La villa a alors pris le nom de La Vedette tandis que Villenave est ravalée au rang de simple garage.
L’Avenir d’Arcachon du 1er août 1920 raconte : « On voit aussi quelques-unes des célébrités mondaines, artistiques et littéraires dont notre station est actuellement peuplée.
Une jeune femme s’avance ; son costume d’une suprême élégance dans sa simplicité, sa démarche et son attitude empreintes d’une grâce particulière, font pressentir une reine, peut-être une déesse. Vera incessus patuit dea. Sa démarche révèle une véritable déesse. Est-ce Vénus elle-même ? Pas tout à fait, mais presque. C’est une reine de théâtre, Régina Badet qui, ayant loué le chalet La Vedette, dans la ville d’hiver, vient faire un tour de plage. Et maintenant, elle s’éloigne en soulevant dans son sillage parfumé des murmures d’admiration ».
Devenue veuve, Marie-Louise Petit s’installe dans un bâtiment annexe de la villa La Joconde et vend La Vedette le 29 septembre 1924 à la comtesse de Livron, Marguerite Marie Gabrielle de Lastic Saint-Jal. Cette dernière, veuve depuis le 11 avril 1924, épouse en seconde noces à Arcachon, le 26 avril 1927, Martial Marie Joseph Descubes du Chatenet ; le couple vend La Vedette en viager, le 15 octobre 1949, à Georges Bordessoulles et à son épouse, née Philomène Lafon. Leur héritière, Annie Michèle José Bordessoulles, épouse de Pierre Eugène Dulac, cède la villa le 19 décembre 1964 à Guillaume Cesbron Lavau, époux de Colette de la Bourdonnaye.
Celui-ci la revend le 12 novembre 1971 à Pierre Babon dont les héritiers font cesser leur indivision le 1er avril 1985. La villa, partagée en trois appartements, est transformée en copropriété et l’architecte Legrix de La Salle en restaure l’intérieur et l’extérieur, tandis que le garage devient une modeste villa – Nyädaha avec un petit jardin. La fille de Pierre Babon, épouse d’Hervé Creuzé, consul du Luxembourg, demeure au rez-de-chaussée.
Ultime étape, La Vedette redevient Mendelssohn en 1994.
La Bruyère, 1 avenue de Mentque
En 1882, date de la première mention dans la presse subsistante, la villa La Bruyère qui entend vraisemblablement célébrer l’auteur des Caractères, est la propriété de la famille Galibert. Le 11 novembre 1891, ont lieu les obsèques de Mme veuve Galibert. La Bruyère passe alors à sa fille, épouse Séguinaud-Galibert. Parmi ses locataires de marque, on relève au cours de la décennie 1890-1900 : le comte Pierre de Montalivet en janvier 1895, M. de Meck – peut-être le baron von Meck, dont l’épouse tomba amoureuse de Tchaïkovski, en 1896.
Considérablement » agrandie en 1901 par l’entrepreneur Pierre Blavy, sous la direction de l’architecte Jean-Michel Alaux, La Bruyère est vendue par Mme veuve Séguinaud-Galibert en 1911. Le nouveau propriétaire est l’inspecteur des Finances Emmanuel Gaston de Witt qui a découvert la station balnéaire, vraisemblablement sur avis médical – il est atteint par la tuberculose, ou par le biais de connaissances; il séjournait depuis juillet 1910 à la villa Yamina, toute proche, avec sa jeune épouse Augusta Cécile Léonie Latham. Carnet rose et carnet noir se succèdent : le 28 mai 1911, Robert de Witt voit le jour ; le 4 décembre 1913
Emmanuel de Witt meurt, à l’âge de 35 ans, villa La Bruyère ; le 22 janvier 1914 naît sa fille posthume Marie Emmanuelle.
Le 9 avril 1921, Ida Danis, jeune femme « sans profession et célibataire », s’éteint villa La Bruyère. À son chevet, Abel Gance et son beau-père Adolphe Gance qui déclarera le décès à la mairie d’Arcachon. Abel Gance et sa compagne sont venus s’installer à Arcachon à l’automne 1920 ; lors du recensement de mars 1921, ils sont ainsi considérés comme des résidents arcachonnais ! Le cinéaste a choisi la station peut-être pour y terminer son film « La Roue » – le Casino Mauresque va lui fournir en effet le décor de quelques scènes – mais, surtout, dans l’espoir de voir Ida recouvrer la santé. En vain.
Le 31 octobre 1922, Léonie de Witt, « tutrice de ses deux enfants mineurs » et demeurant alors au château de Maillebois (Eure-et-Loir), vend La Bruyère à Marie François Le Quellec, sans profession, né à Bordeaux le 11 mars 1863 et marié à Marie Louise Versein, née elle aussi à Bordeaux le 18 mai 1873.
Au décès de François Le Quellec survenu le 21 avril 1949, usufruit et propriété de la villa passent à sa veuve et leurs cinq enfants ; ceux-ci obtiennent de la Préfecture, après la disparition de leur mère le 22 octobre 1956, l’autorisation de morceler la propriété : l’arrêté du 21 février 1958 limite les ventes à venir à trois lots – lot n° 1 constitué par La Bruyère et lots n° 2 et n° 3, constructibles, donnant sur le cours Tartas.
Le 28 juin 1961, les consorts Le Quellec, négligeant l’autorisation préfectorale, vendent en un seul lot leur propriété à Joseph Picon, entrepreneur né le 22 novembre 1892 à Cornil (Corrèze) et à son épouse Émerence Léonie Picon, née à Alger le 3 juillet 1894.
Aux termes de plusieurs actes (1962-1963), M. et Mme Picon se dessaisissent des lots n° 2 et 3. Quant au lot n° 1 – La Bruyère -, ils décident de le vendre par appartements distincts ; à cet effet, ils font établir le 31 octobre 1963, par le géomètre expert foncier Raymond Bon, un règlement de copropriété qui sera désormais annexé aux ventes qui s’échelonnent depuis 1964. Divisée en 10 appartements, la villa La Bruyère comprend un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé accessible par un escalier et deux étages carrés. Elle est couverte par un toit à longs pans (tuile mécanique) et un toit en pavillon sur le belvédère couronnant le corps de bâtiment Est. Les baies sont en arcs segmentaires. Les chaînes d’angle et les encadrements des fenêtres sont en brique. (Michel Boyé et Marie-Christine Rouxel : Villas d’Arcachon un siècle d’histoires Tome II)
Bacon, 3 allée Sully
Bâtie en 1864 sous le nom de Pâquerette pour le compte de la société immobilière d’Emile Pereire « Le Domaine d’Arcachon », c’est une des premières pensions de famille d’Arcachon (on disait aussi « Boarding-house » par anglomanie) qui prend dès 1865 le nom de Bacon. Elle appartient en 1889 à M. Duclou. Des agrandissements sont réalisés par Ormières en 1911 et 1914.
L’AA du 26-01-13 raconte : « Le 2 et 5 janvier charmantes réceptions musicales à la villa Bacon chez M. et Mme Houding, où l’on a apprécié les beaux talents de Mme Bouyer, Melle Alaux comme cantatrices, Miss Radcliff pianiste, M. Leyman violoniste ».
Houlding y vit encore en 1929. Devenue copropriété, Maître Ribet en a été un copropriétaire dans les années 1970.
Qui Emile Pereire voulait-il célébrer ? le moine alchimiste Roger Bacon (1214-1294), surnommé le « Docteur admirable », ou le chancelier Francis Bacon (1561-1626) qui compte au nombre des créateurs de la méthode expérimentale ?
Elle eut pour hôte en 1871 Charton Edouard.
Buvette de la Caoudeyre (disparue).
Au carrefour de l’avenue de Mentque et de l’allée Charles-Rhôné se trouvait une buvette de sève de pin. Elle était réputée pour ses bienfaits sur les infections respiratoires.
RHÔNÉ (avenue Charles)
Ingénieur de l’École Centrale de Paris (1841), gendre d’Emile Pereire dont il avait épousé la fille Cécile, Charles Rhôné né à Valenciennes le 6 février 1819, fut “ le bras droit [de son beau-père] dans tout ce qui a été accompli d’important à Arcachon ”. Il apparaît dans l’histoire arcachonnaise comme conseiller général du canton de La Teste, élu le 18 avril 1864.
Il fut ensuite conseiller municipal (1865-1870) et mourut le 2 juin 1876.
Colibri, 1 rue Charles Rhôné
En 1889, elle appartient à M. Valleau.
Arcole, 2 allée Charles Rhôné
En 1878 elle appartient à la famille Ollivier sous le nom de Saint-Georges. Elle devient Arcole après 1930 ( ?).
René de Vivie de Régie se réfugie à Arcachon dans cette villa pendant la guerre 1914-1918. (Un drôle de pistolet à Arcachon : Henriette Caillaux par Jean-Pierre Ardoin Saint Amand p.12.
Isabelle-Anne, 7 allée Charles Rhôné
Date de 1888. Ce sont les prénoms des deux filles du propriétaire M. Saint-Gabriel. La villa prend le nom de Saint-Gabriel en 1907 puis revient à celui d’origine.
Plaisance, 9 allée Charles Rhôné
Appartient en 1889 à madame de Latrade.
Saint-Vincent de Paul, 10 allée Charles Rhôné
Sa construction est signalée par l’Avenir d’Arcachon du 01.10.1899.
Tipperary, 13 allée Charles Rhoné
La villa a été construite en 1893-1894, dans le style italien, par l’entrepreneur Léon Lemétayer, tandis que son jardin a été dessiné par Édouard Gaffet, pour le compte de Marie Roche, épouse Poirat, qui a fait appel au peintre verrier Dagrand pour des baies décorées de vitrail. Baptisée Guadeloupe, elle rappelait tout simplement les origines de sa propriétaire qui avait vu le jour le 22 juin 1847 à Saint-François, sur l’île de la Guadeloupe.
Guadeloupe apparaît dans la presse locale, en l’occurrence L’Avenir d’Arcachon, le 21 octobre 1894. C’est pourquoi, reprenant L’Avenir d’Arcachon du 28 avril 1895, Arcachon-Saison (édition du 2 mai 1895) annonce à ses lecteurs : « Mme [veuve] Poirat, de Bordeaux, propriétaire à Arcachon, s’est installée en sa charmante villa Guadeloupe. »
Installation toute provisoire, car la villa a été précédemment louée pour « la saison d’hiver » à une famille de Vierzon, les Barthe. En novembre 1895, la locataire sera Mme Hublot et en mars 1896 M. Salles père prendra le relais.
L’Avenir d’Arcachon du 14 décembre 1902 relate, sans plus de précision mais avec pour sous-titre Guadeloupe, que « ces jours derniers, un commencement d’incendie a débuté dans la villa occupée par Mme veuve P… et dont elle est propriétaire. Grâce à la promptitude des secours, le feu a été rapidement éteint et les dégâts sont insignifiants ».
En 1903, la presse met à l’honneur à plusieurs reprises Mlle D. Poirat, inscrite alors au Touring-Club de France et, à l’évidence, fille de Mme Poirat. Celle-ci et sa fille Delphine vont connaître un sort tragique le 22 septembre 1908 ; elles meurent, à quelques heures l’une de l’autre, dans leur villa Guadeloupe.
En septembre 1910, le rédacteur en chef Edmond de Gabory fait une confidence : « notre excellent confrère parisien M. Guy de Téramond, le romancier bien connu, vient d’acheter Guadeloupe. La villa désormais s’appellera Schmâm’ha, titre d’un de ses plus intéressants romans ».
Guy de Téramond, s’il réside quelquefois dans sa villa, la destine avant tout à la location. Parmi les locataires, en 1914, un nom interpelle : Bullock-Workman. Serait-ce l’exploratrice Fanny Bullock (Worcester [États-Unis], 8 janvier 1859 – Cannes 22 janvier 1925), et son époux le docteur William Hunter Workman (Worcester, 1847 – Newton [États-Unis], 10 octobre 1937), qui s’installeront dans le sud de la France en 1917?
La villa apparaît sous le nom de Tipperary, dans la presse locale, en juillet 1922. Référence à la ville ou au comté irlandais ? Aux chansons du début du XXe siècle (Tipperary – 1907, ou It’s a Long Way to Tipperary – 1912) ? La question reste posée.
Tipperary est une maison en pierre d’un étage, au toit de tuiles. La partie ouest est une tour légèrement en retrait. Les encadrements des fenêtres sont décorés de pierre et de briques alternativement. L’entrée est surmontée du cartouche de Tiperrary gravé dans la pierre du bas d’une fenêtre du premier étage entre les deux balcons. Des céramiques en losange décorent la façade entre les fenêtres du premier étage. (Michel Boyé et Marie-Christine Rouxel : Villas d’Arcachon un siècle d’histoires Tome II)
La Joconde, 14 allée Charles Rhôné
Le terrain, détaché avec d’autres de la forêt domaniale de La Teste, est adjugé en 1861 à la
Compagnie des chemins de fer du midi qui en fait apport à la Société Immobilière d’Arcachon en 1866. Ces terrains sont vendus aux enchères en 1909 et pour des raisons comptables la Compagnie des chemins de fer du Midi rachète ce terrain à la Société Immobilière d’Arcachon. Elle le cède en 1910 à M. Lafitte entrepreneur et à son épouse née Bronsat, mercière. M. Lafitte en revend l’année suivante une partie à M. Husson et à sa femme née Hannart qui font construire La Joconde en 1911 par l’architecte Gabriel Fargeaudoux et l’entrepreneur Lidove. La villa est de « type hygiénique ». « Elle comportait un gîte pour loger les domestiques ainsi qu’un garage. Elle présente un très beau travail de colombages de bois et son nom est en céramiques sur les façades. Elle possède encore des ornements de terre cuite sur certaines cheminées et aux pointes du toit ». (Mémoire de Sandra Massonnat)
En 1915, M. et Mme Husson vendent 427,72 m2 de leur terrain à leur jardinier M. Capdepuy et à sa femme et en 1919 la villa La Joconde à M. et Mme de Villefosse (née Petit). M. et Mme Lagrange la leur rachètent en 1937 puis l’année suivante la revendent en viager à M. et Mme Augereau. Dans cet acte de 1938 elle est ainsi décrite : « villa appelée La Joconde, composée d’un simple rez-de-chaussée, élevée sur cave et jardin autour, le tout d’une superficie de 770 m2 ».
Au décès de M. Augereau en 1940, sa femme, née Petit, en hérite et la cède en 1952 à Mme le Tallec.
Elle a été restaurée et remodelée intérieurement en 2003 par André Morier, architecte à La Teste.
(M. Boyé et M.C. Rouxel : Villas d’Arcachon Un siècle d’histoire, Geste-Editions, 2014).
Figaro, 15 allée Charles Rhôné
Date de 1888.
En janvier 1929, Mlle Hélène Behrlé y ouvrit une école libre (Phare du 6/01/1929).
Favorite, 12 avenue Rapp
En 1882 elle appartient à M. Millardet, professeur à la faculté des Sciences de Bordeaux.
Jeanne-Marie-Charlotte Dunet , épouse Lebey y meurt à 27 ans (AA 30-09-1883).
Son nom rappelle « La Favorite » opéra de Donizetti où triomphait le ténor Alvarez.
Lord Lytton, ambassadeur de Grande-Bretagne en France y séjourne en mars 1888.
Andréa, 21 allée Charles Rhoné
Sa construction est relatée par l’Avenir d’Arcachon du 15.10.1899.
Pour soutenir sa veuve, étrangement informée de la disparition de son mari par une lettre datée de février 1916 et expédiée de Bucarest par une habitante de Gondrecourt [Meuse], sont à ses côtés ses beaux-parents M. et Mme André Capdepuy, les propriétaires de la villa Andréa.
La villa a été construite en 1899 pour le jardinier landais Jean dit André Capdepuy, époux de Marguerite Mouroux, sur un terrain de 855 m².
André Capdepuy (faut-il voir dans le nom de la villa un lien avec son prénom usuel ?), voit ses deux fils suivre sa voie ; si Jean connaît un destin tragique (le 8 mai 1916, un service religieux est célébré en l’église Notre-Dame « pour le repos de l’âme de Jean Capdepuy », soldat au 220e régiment d’infanterie de Marmande, tombé au champ d’honneur le 24 août 1914), Joseph, après avoir servi pendant la Grande guerre comme officier d’administration, et s’être installé allée Fénelon, sous l’enseigne « Capdepuy fils », villa Verdurette, va devenir un des horticulteurs en vue d’Arcachon et prendre une part active dans la vie municipale dès 1938.
André Capdepuy décède en 1929, son épouse en août 1933. Leur fille aînée Marie-Jeanne Capdepuy, qui a épousé le jardinier Albert Pascal Raymond Cazaux le 17 juillet 1911 à Arcachon, hérite d’Andréa. À son décès en 1957, la propriété est partagée entre ses deux enfants : à Andrée Cazaux, qui restera célibataire, la maison et le jardin avec chai à bois et à charbon sur un terrain de 455 m² ; à son frère Jean Cazaux, professeur d’horticulture, époux de Simone Yvette Lalande, l’autre partie du terrain, de 400 m², un jardin d’horticulture avec garage et serres.
En septembre 1980, l’ensemble est acheté par un marchand de biens, Yves Boissou, et payé en partie par une rente viagère pour Andrée, placée à la résidence Saint-Joseph, boulevard de la plage. La villa Andrea restée jusque-là dans la même famille va passer dans une autre, la famille Hessel où elle est encore de nos jours.
En janvier 1982, Jean Hessel et Annie, née Joucla, rachètent l’ensemble. En juin 1992, Jean Hessel décède. Le 23 février 2006, suite au décès de Annie Hessel en août 2005, son fils aîné Philippe devient propriétaire de l’ensemble. À son décès en 2018, son épouse et sa fille en héritent.
Une gloriette à l’entrée du jardin, où Annie Hessel aimait beaucoup se tenir, donne du charme à cette coquette maison sans étage en pierre enduite d’une couleur ocre. Le pignon central est soutenu par une ferme élégante surmontant les importants motifs décoratifs de brique qui cernent le cartouche. La porte d’entrée est surmontée d’une sculpture en pierre et encadrée par des briques sur les côtés. D’autres décorations ornent la façade sous les fenêtres et aux coins des murs. À l’intérieur, la maison a gardé ses boiseries et ses parquets en pitchpin.
La maison donne à l’arrière sur une terrasse et sur un jardin fleuri.
L’ancienne serre, à l’est de la maison, n’a pas pu être réparée ni reconstruite à l’identique. Par contre le garage-atelier a été revêtu de bardages de bois disposés verticalement avec feston à la remontée des sablières.
PEREIRE (allée Émile)
Jacob Emile Pereire, né à Bordeaux le 3 décembre 1800, s’installa à Paris dès ses études terminées en 1822. Proche des milieux saint-simoniens, oeuvrant dans le secteur bancaire, cet homme d’affaires avisé se consacra d’abord, avec l’aide des Rothschild, à la construction des premières lignes de chemin de fer (Paris-Saint-Germain en Laye, lignes de Lyon, du Nord, du Midi), avant de créer avec son frère Isaac une banque d’affaires, le Crédit mobilier (1852), ce qui le brouilla avec les Rothschild. Le nom d’Emile Pereire est associé à la transformation de Paris, à la spéculation qui agite le Second Empire, au contrôle de grandes entreprises françaises (par exemple, la Compagnie générale transatlantique) et étrangères. Soutenu par Napoléon III, député de la Gironde au Corps Législatif (1863-1869), il se retira de la vie politique après la liquidation du Crédit Mobilier (1867).
C’est Emile Pereire qui fut à l’origine de la création de la Ville d’Hiver ; il mourut à Paris le 6 janvier 1875.
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Pour en savoir plus : Jean Autin, Les frères Pereire – Le bonheur d’entreprendre.
Franklin, 31 allée Emile-Pereire, allée des Chênes
Maison en pierres de taille et briques avec une toiture en ardoise et zinc, plus du style de la Touraine que de celui d’Arcachon et élevée de deux étages au-dessus du rez-de-chaussée. Une partie de la villa actuelle a été rajoutée. En 1921 environ 3 868 m2 de terrain avec écuries, remises, scellerie, grenier, chambre à coucher et serre.
Entre les deux guerres elle possédait un tennis (supprimé en 1948) et une très belle tapisserie longeait la cage d’escalier.
Elle avait des dépendances : écuries, remises, scellerie, grenier chambre à coucher et serre transformées en une chapelle orthodoxe puis une villa séparée.
Lors de l’achat Wolff en 1946 : la villa Franklin est « élevée, partie sur terre-plein et partie sur cave, d’un rez-de-chaussée, d’un étage et d’un comble aménagé, construite en pierre de taille et briques et recouverte en ardoises. Une construction à usage de garage, édifié en maçonnerie et couverte de tuiles mécaniques.
Différents propriétaires :
1865 : Emile Pereire, la villa faisant partie du « Domaine d’Arcachon ». Elle est bâtie sur les plans de Régnauld.
En 1866 Emile Pereire annonce à ses actionnaires qu’il met en vente les terrains et constructions. M. et Mme Marxen achètent Franklin.
En 1882 : Pedro E. Garcia, correspondant du journal madrilène El Porvenir, achète la villa à Joséphine Marie Eraso veuve de M. Carlos Adolphe Marxen et on appelle parfois la villa Franklin la villa Garcia. La villa est proposée à la location par l’agence Ducos.
1889 : Docteur Pierre Georges Ernest Martin et sa femme née Hélène Berthe Clémentine Bouquez. Sur son terrain agrandi se trouve une écurie (allée des Chênes).
(M. Cardailhac en 1891 (AA 22/11/1891) doit être un locataire de Franklin
1892 : M. et Mme Amédée Balaresque née Georgette Planteau Marousseur (bien propre à Mme Balaresque qui l’achète à Pierre Georges Ernest Martin.
(1894 : M. La Fonta (AA du 07.01.1894) ) est peut-être locataire) et 1895 : Pedro Garcia (AA du 17.02.1895 doit être l’ancien propriétaire de Franklin).
Au décès de Mme Balaresque à Grisélidis le 28 mars 1911 la villa appartient à leurs fils Joseph Jean Roger et Jean Joseph Marc Balaresque qui en héritent.
1921 : Albert Georges Stucken, russe et rentier. G. Stucken (négociant, Phare du 01.08.1931) achète la villa juste avant son mariage. Ses trois enfants en héritent et c’est à eux Georges, Serge et à la femme de Michel Stucken née Martin, son héritière, qu’achètent les Wolff.
1946 : Dr et Mme Wolff (avec le cabinet médical ; le docteur exerça auparavant quelques mois villa David, allée Necker, 1945-1946). Mme Wolff est née Denise Léon Eliane Reine Dacunha-Casté.
Le garage de la villa fait fonction de chapelle orthodoxe à partir de 1929 (Phare du 10/02/1929) aménagée par M. et Mme Stucken pour que les russes orthodoxes aient un lieu de culte. Le pope Nicolas de Bordeaux vient y assurer les offices. Les murs sont cachés par de riches tapis et des icones dorées.
La cérémonie pour le décès à 53 ans de Mme Stucken, née Julia Nazaroff à Moscou en 1878, fut célébrée dans le salon de la villa (AA 18-1-1931). Très aimée et participant avec son mari à toutes les manifestations artistiques d’Arcachon, tous les artistes de la ville étaient présents à ses obsèques. (SBHAA n° 146 p. 37) (Franklin était le rendez-vous de tous les artistes arcachonnais.
Nom : Hommage est ainsi rendu à Benjamin Franklin (1706-1790), homme d’Etat et publiciste qui fut l’un des fondateurs de l’indépendance américaine.
Personnages importants : En août 1883, invité par Pedro Garcia « l’ancien président du conseil des Ministres d’Espagne, Manuel Ruiz Zorilla » est reçu à la villa Franklin.
En septembre 1889, le docteur Alfred Festal « ancien interne des hôpitaux de Paris » installé à Arcachon depuis le mois de mars, y transfère son cabinet ; son épouse y décède en janvier 1890.
AA 22/11/1891 : M. Maret, caricaturiste parisien distingué est attendu chez son oncle M. Cardailhac, villa Franklin.
Dans les années 1920, Franklin était le rendez-vous de tous les artistes arcachonnais. La villa avait une très grande réputation, on y donnait notamment des concerts. Une très belle tapisserie longeait la cage d’escalier. Et tous ces artistes ne manquèrent pas d’assister aux obsèques de Mme Stucken, née Julia Nazaroff, qui sont célébrées, selon le rite orthodoxe dans le grand salon de Franklin, le 13 janvier 1931.
Les sportifs y ont aussid droit de cité. A leur intention un tournoi de tennis est même organisé en septembre 1925 avec en match d’exhibition une rencontre entre « le célèbre Jean Samazeuil et le jeune Géraud, champion des Pyrénées ».
La villa réquisitionnée pendant la guerre donne lieu à une indemnité de dix mille francs comme dommages de guerre.
(M. Boyé et M.C. Rouxel : Villas d’Arcachon Un siècle d’histoire, Geste-Editions, 2014).
Ecuries de Franklin, 2 allée Jacques Monod ou Petit Franklin
Le Dr Martin achète le terrain à la famille Andrieu qui l’avait acquise des Garcia pour en faire une dépendance de Franklin en 1893. Les terrains entre Franklin et les écuries ont changé de mains. Franklin s’appelait avant villa Garcia du nom de son propriétaire Pedro Emilio Garcia qui l’avait acquise de Joséphine Marie Eraso, veuve de Carlos Adolphe Marxen en 1880. Il avait incorporé ce terrain à la villa Franklin qu’il a acquise de Jean-Jacques Valleton architecte et son épouse Jeanne Chaigneau.
Une importante colonie russe fuyant les bolcheviks s’étant réfugiée à Arcachon, une dépendance de la villa Franklin, 31 allée Emile Pereire, fut utilisée comme chapelle orthodoxe. Les anciennes écuries devenues garage, accueillaient les offices nous dit l’Avenir d’Arcachon du 17 mai 1929. Elles sont ensuite aménagées en villa.
Papageno, 33 allée Pereire
Postérieure à 1930.
Salammbô, 36 allée Emile Pereire
En 1882 la villa appartient à M. Velleton et en 1923 à Mme Rémy Martin. Rémy Martin y meurt en 1924 (AA 3-08-1924).
La villa fait référence au roman (1862) de Gustave Flaubert, histoire des amours de la fille d’Hamilcar et du chef des mercenaires révoltés Mathô ; l’opéra d’Ernest Rey, dit Reyer (1823-1909, poème de Camille du Loncle tiré du roman, ne fut créé qu’en 1890)
Les Algues, 36 allée Emile Pereire
Construite par la Compagnie du Midi en 1865 sous le nom de Leibnitz, elle devient Les Algues en 1888. M.Colomès la rachète en 1889 puis Girardot (AA du 07.06.1896) de Versailles, la famille du constructeur automobile C.G.V. (Sylvain Smague : Toulouse-Lautrec en vacances, L’Horizon Chimérique 2014 p. 171). Début janvier 1907, M. Alexandre Naoumoff, chambellan de la Cour de Sa Majesté Impériale, Maréchal de noblesse du Gouvernement de Samara, vient y séjourner. M. Reverdy l’achète en 1912, puis la famille Vitu (AA 7-09-1924). M. Vitu est ingénieur.
Beethoven, allée Beethoven ou 42 allée Pereire
Construite en 1869 pour Louis Bras-Lafitte (1802-1870), avocat et franc-maçon bordelais, la villa se trouve sur le même parallèle que la villa Grand-Orient, initialement construite par le même Bras-Lafite en 1859 à l’angle de la rue Alfred-Dejean et de l’avenue de la République dans le quartier de Saint-Ferdinand, et le temple maçonnique voisin (aujourd’hui disparu). Grand-Orient et Beethoven avaient les mêmes colonnes de portail avec des signes maçonniques.
Elle appartient à Paul Chéron en 1878, à M. Gièse en 1889 et au comte de Monspey (AC 1895).
Flore, 37 allée Emile Pereire
Jean-Abel Mainda, courtier à Bordeaux, achète en 1886 un terrain à M. et Mme Valleton. Avec sa femme ils font construire la villa Flore. A sa mort en 1921, la villa devient la propriété de sa femme Rose Guillemette Ceroui.
AA 3-03-1895 : Déjeuner chez M. et Mme Barthélémy.
Mme Mainda la garde jusqu’à sa mort en 1932. Sans héritier, elle la lègue à Marguerite Videau, veuve d’Alfred Chabe, qui meurt en 1958. Sa fille unique Gilberte Chabe, veuve de Jean-Abel André Charbonnier, la garde jusqu’en 1973 où elle la vend à Pierre Duran et à sa femme née Maria Georgie Figueired.
La villa Flore a été réquisitionnée par les Allemands qui ont causé quelques dégâts ce qui a donné lieu à des dommages de guerre.
« La brique et la pierre rythment les façades et équipent les angles et les encadrements. Tous les encadrements, hauts et étroits, participent à la verticalité de l’édifice. Des fenêtres géminées, en meurtrières, s’ouvrent sur la façade. Des lucarnes percent le toit. De larges avant-toits abritent le tout ». (Villet)
(M. Boyé et M.C. Rouxel : Villas d’Arcachon Un siècle d’histoire, Geste-Editions, 2014).
La Bretagne, 39 allée Emile Pereire
Bâtie en 1864 pour Emile Pereire sous le nom de Molière. Léon Bloy y séjourne en 1869. (Charles Daney : Sur le Bassin d’Arcachon à l’époque de Napoléon III ).
Le journaliste Louis Veuillot auteur des « Odeurs de Paris »y séjourne aussi. « Le quartier », écrivait-il à sa fille en 1875, « est un jardin d’ajoncs fleuris et de bruyères. Il y a des coqs dans le voisinage. La physionomie générale est toujours celle d’une boîte à joujoux ». L’hiver 1876-1877 le froid le fait revenir à Arcachon où il apprécie « toutes sortes de belles et bonnes choses qu’on ne trouve pas partout à l’heure qu’il est (1/01/77) un beau soleil, des arbres verts, des buissons en fleurs, une mer bleue et tranquille ».
En 1891 M. Bertrand, directeur des Variétés, puis de l’Opéra de Paris vient y passer deux mois avec sa famille. (AA 26-04-1891).
La villa appartient en 1889 à M. de Chaboulan (AA du 13.01.1895) et elle est mise en vente en 1892. Elle appartient encore aux Chaboulan en 1895 et à la Vve Lécaille en 1902.
En 1907 elle est désignée sous le nom de Bretagne. L’AC 1928 nous dit qu’elle appartient au Vte et à la Vtesse G. d’Espiès. – Dr Cuénot (1954)
Elle servit en 2008 de lieu de tournage pour le film « Mère et fille » avec Catherine Deneuve.
Elle a perdu ses décorations de brique mais a conservé ses festons et ses toits en pentes diverses.
Pension de famille, la villa Molière accueillit en 1871 Victor Bailleux de Marisy et on y relève un décès toujours la même année (acte n° 93)..
Dania, 41 allée Emile Pereire
Kirstein, consul du Danemark à Bordeaux fait construire cette villa en 1892 (AA 6-11-1892) par l’entrepreneur Blavy d’après les plans de Fernand Grelet à peu près en face de l’hôtel Riquet devenu Résidence Océanic, entre Cosette (aujourd’hui Cyclamen) et Molière (Bretagne). Dania veut dire Danemark en latin (nom trouvé sur une carte de géographie ancienne).
La construction est composée de plusieurs édifices décalés et en saillie. La pierre et la brique rythment les façades. Les porte-fenêtres du rez-de-chaussée donnent sur des balcons à balustres en pierre et en brique, celles du premier étage sur des balcons en bois.
Elle a deux portails pour permettre aux calèches des visiteurs de les déposer devant le porche et de ressortir facilement. Un très bel escalier en pierre mène à un perron abrité sous un auvent en ferronnerie sur fines colonnes. La villa possède un deuxième perron à l’est qui donne accès au parc. Le parc de cette villa fut agrandi par une acquisition de terrain faite en 1896 (AA du 17.05.1896) par M. Kirstein qui décédera en septembre 1899 (AA du 24.09). La propriété a alors une surface de 2 850 m2.
Jolis vitraux. Dans l’ancien salon, peintures au plafond, boiseries et très belle cheminée en bois. La cage d’escalier est splendide.
Différents propriétaires :
– Charles Henri Philippe Edouard Kirstein (78 cours du Jardin public Bordeaux) et son épouse Maive Henriette Clémentine Bueck.
Mme Bueck devenue veuve fait en 1899 un testament en faveur de Mme Vignial et décède à Arcachon le 11 mai 1923.
– 1923 Mme Vignial (Blanche Suzanne Faure), épouse de M. le vicomte Pierre Félix René Vignial, 14 rue des Trois conils à Bordeaux.
René Vignial en 1927 y donne un bal déguisé le 25 mars. (AA 3-04-1927).
« Il y eut un bal déguisé très select à la villa Dania, chez M. René Vignial, dans la nuit de vendredi à samedi, les 25 et 26 mars. On y a dansé jusqu’à cinq heures du matin. C’était ce qu’on appelle une fête d’après mi-carême ».
– 1944 : achat le 14 mars par André Bercut, chirurgien-dentiste et son épouse Marthe Lassalle (29 avenue du Maréchal Foch à Tarbes).
– 16 mars 1946 achat par Jean Marie Louis Coronat, docteur en médecine, et son épouse , Marie Lucienne Louise Esquirol (Moissac Lot-et-Garonne).
– Le 4 novembre 1946 elle est achetée par Henri Docquet, colonel en retraite, Grand Officier de la Légion d’Honneur et Ide, Ellen, Rose Céline Fourmaintraux, son épouse, (allée Sully, villa La Résidence Arcachon), pour servir de home d’enfants en annexe à la villa Craigcrostan, où, après le lycée climatique, s’est installé un home d’enfants (SCI Dania-Graigcrostan).
– Le 11 avril 1957, Paul Louis Mutz, artisan constructeur en moteurs électriques, et son épouse Odette Marcelle Simonin l’acquièrent et la transforment en 1958 en copropriété.
En 1957 son propriétaire, M. Mutz, la divise en une dizaine d’appartements avec un terrain réduit à 1 650 m2.
(M. Boyé et M.C. Rouxel : Villas d’Arcachon Un siècle d’histoire, Geste-Editions, 2014).
Cyclamen, 43 allée Emile Pereire
Bâtie en 1887 par Jean-Michel Alaux, le fils de Gustave et l’entrepreneur Blavy, sous le nom de Cosette, elle est à M. Gendron en 1889 et à M. Auschitzky en 1897(d’une famille polonaise réfugiée en France et installée à Arcachon).
Fin mars 1904 Gabriel Montoya descend chez Daniel Auschitzky (Guy de Pierrefeux) vraisemblablement pour finir son livret de l’opérette Le Pantalon Rouge dont la musique est écrite par Charles Grelinger. (BSHAA n° 148).
Mme Auschitzky fait immatriculer le 15 décembre 1914 une voiturette Peugeot Lion B3P1.
Pierre Auschitzky (1896-1981), fils de Daniel, « sanfiliste » amateur, hérisse d’antennes le toit de sa villa pour converser avec le reste du monde. Il commence ses recherches sur ondes courtes et ultra-courtes dès 1913.
« Mardi dernier la grande cantatrice Donalda s’est rendue à la villa Cyclamen où, par téléphonie sans fil, elle a entendu son mari, le ténor Mischa-Léon qui chantait à Londres divers morceaux notamment La Marseillaise. » (AA 18 février 1923)
Dès 1927 il arrive à joindre l’Amérique et le Danemark et un an plus tard la côte est de l’Amérique et le Canada. Ses signaux sont reçus à Panama, en Angleterre, en Irlande, aux Indes. Lors du concert donné par Alvarez à New-York, sa femme qui habitait villa Bel Air se rendit chez lui et put entendre chanter son époux. Il gagne un prix d’amateur en 1931. Il est muni d’un poste fixe radio-électrique et demande une autorisation exceptionelle pour un poste mobile. Connu par les agents de la station Radio-Police à Bordeaux ses compétences sont utilisées en 1940. (SHAA n° 85 p. 51).
Daniel Auschitzky dit Guy de Pierrefeux, après des essais malheureux en politique, se tourne vers la littérature. Installé villa Cyclamen, il publie avant la guerre de 1914-1918 des livres à caractère politique mais toujours tournés vers les problèmes de l’église au moment de la séparation de l’église et de l’état : Le Triomphe de Lourdes, Le Triomphe du Christ, l’Episcopat sous le joug, Dans les couloirs du Vatican, Le Clergé fin-de-siècle, Les Martyrs de l’Episcopat et Dans l’Eglise et des comédies pour les patronages. (SHAA n° 92) Après la guerre Terre d’Amour (où il choisit comme personnages M. et Mme Caillaux pendant un séjour à Arcachon) dont il tirera le Guide de la terre d’Amour consacré à cette région. Il atteint la notoriété avec ses romans qui se situent sur les bords du Bassin d’Arcachon et où il met en scène ses contemporains : Joseph Caillaux encore dans Le Revenant, D’Annunzio dans Le surhomme de la Côte d’Argent, Sarah Bernhard dans Madame quand même.
Il fait la connaissance de Jean-Paul Allégret qui vient de s’installer à Arcachon à La Savane et qui lui sert de secrétaire.
Pendant de nombreuses années conseiller municipal, Guy de Pierrefeux est mort à Arcachon le 15 décembre 1937.
Lorsque son fils meut, sa veuve achète un studio à Dania, la villa voisine.
Eva, 44 allée Emile Pereire
Construite en 1879 pour M. Chéron, elle est acquise en 1889 par M. Gièse. Elle prend aussi le nom de Camille. Après 1930 elle est rasée et la villa Franche-Comté est bâtie à sa place.
Stellio, 46 allée Emile Pereire
En 1877 elle appartient à M. Bras-Lafitte (AA 8-4-77) et elle est à louer sous le nom de Magdala. En 1882 elle passe à M. Saulnier et en 1889 à M. Hennon.
Helvetia, 49 allée Emile Pereire
Propriété en 1878 de M. Berge puis elle a appartenu à M. Bréard. Le pasteur Guex en est propriétaire en 1891 (AA 13-09-1891) et y habite encore en 1903.
Cette très grande villa se trouvait sur le boulevard de la Côte d’Argent face à la grille du Parc Pereire. La villa Riquet (Oceanic) était sa voisine de l’autre côté de la rue, allée Émile Pereire. Le terrain était si étendu qu’elle donnait également par l’arrière sur l’actuelle allée Jacques Monod (ancienne allée des Chênes). Maison de famille en 1936 (Guide 1936).
Riquet, 30 boulevard de la Côte d’Argent et 54 allée Emile Pereire
Elle faisait partie des cinq « maisons de famille » ouvertes avant la saison d’été 1864, avec 10 chambres de maîtres, quatre de domestiques, un salon, une salle à manger. C’est un exemple des chalets type Suisse bâtis dans la Ville d’Hiver. En 1864, la villa appartient à Emile Pereire qui lui donne le nom de Riquet de Camaran, l’ingénieur célèbre du canal du Midi. En 1878 M. Ollé l’achète et la villa devient l’hôtel Riquet, avec 17 chambres, une grande salle à manger et un parc immense. Le 18 janvier 1886 René Goblet (1828-1905), ministre le l’Instruction publique, vient chez sa sœur villa Riquet.
En 1888 elle appartient à M. Lanneluc et elle subit quelques changements. La villa est alors dirigée en 1888 par M. et Mme Lavergne, nous dit le Guide d’Arcachon.
« Entourée d’un immense parc, desservie par plusieurs perrons, garnie de nombreuses terrasses, elle offre un balcon à chaque chambre. En sous-sol se trouvent les chambres du personnel, garde-meuble, cave, cellier, débarras.
Au rez-de-chaussée, élevé de quinze marches au-dessus du sol, on compte : deux grands salons, salle à manger, cuisine.
L’ensemble de la villa comporte trente chambres à coucher, parfaitement meublées. Un calorifère chauffe les étages… Les familles y sont traitées avec les plus grands égards ; la table est excellente, le service irréprochable. »
L’Avenir d’Arcachon rapporte les nombreuses fêtes, bals, dîners de gala donnés dans la villa pour distraire ses pensionnaires tant français qu’anglais et autres étrangers.
En 1895 M. Roberty en est le propriétaire. Un incendie l’endommage le 28 décembre 1901. Ses écuries ont été détruites avant 1930 et à leur emplacement on a construit la villa Recantou. C’est maintenant Océanic Résidence.
MONOD (allée Jacques)
Fils du docteur Lorenz Monod, arrêté à la frontière espagnole alors qu’il voulait rejoindre les Forces Françaises d’Afrique du Nord et refusait le Service du Travail Obligatoire, Jacques Monod, d’abord déporté au camp de Dora, mourut le 27 mars 1944 à Lublin-Maïdanek. La Médaille de la Résistance lui fut accordée à titre posthume en janvier 1947.
CHÊNES (allée des)
Saint-Arnaud, 1 allée des Chênes
Construite sur une parcelle boisée acquise par la maréchale Saint-Arnaud le19 février 1875 d’Adélaïde Claire Anne Baudon de Morny veuve de Louis Emile Tartas « en son vivant général de division ».
La veuve du Maréchal Jacques-Achille Leroy de Saint-Arnaud (vainqueur de la bataille de l’Alma en Crimée le 14 septembre 1854) passait l’hiver dans ce chalet situé à l’extrémité du passage des Chênes, derrière l’église Notre-Dame. En été, elle résidait à l’Alma,
boulevard de l’Océan, où elle eut l’occasion de recevoir la visite de l’Empereur
Napoléon III (BSHAA n° 30).
La maréchale de Saint-Arnaud reçoit à déjeuner à Saint-Arnaud la reine Ranavalona de Madagascar, détrônée par Galliéni, en résidence forcée du 30 juin au 25 juillet 1901 au Grand Hôtel d’Arcachon et sous surveillance policière.
Louise-Anne-Marie de Trazegnies, née le 10 novembre 1816 à Ittre (Belgique) mourut à la Villa Saint-Arnaud le 8 janvier 1905.
La villa Saint-Arnaud située en altitude bénéficie d’une vue exceptionnelle sur le Bassin. « Son jardin comprend de fausses grottes en contre-bas de la maison située au sommet d’un petit mont » (Mémoire de Sandra Massonnat) et un pigeonnier. Elle domine la place de l’église Notre-Dame.
Les conseillers municipaux votèrent la décision de donner à une avenue le nom de Saint-Arnaud mais par la suite on regretta qu’on n’ait pas précisé : Avenue de la Maréchale de Saint-Arnaud, ou de Trezignies. C’est à elle qu’allait la reconnaissance des Arcachonnais pour les dons qu’elle faisait aux œuvres charitables. La sacristie de Notre-Dame conserve pieusement un ciboire en bronze doré avec incrustations d’émaux bleus et blancs représentant une tête de guerrier et des attributs militaires, ainsi que des petites figurines dont elle fit le don. Elle est la marraine d’une des quatre cloches principales bénies le 7 septembre 1862.
C’est elle qui jusqu’à un âge avancé entraînait la bonne société dans des activités qui faisaient la réputation de la station. Elle suivit ainsi en landau, alors âgée, un rallye-paper de 12 km, pendant deux heures à travers la forêt.
La villa appartient ensuite à Alvarez en 1907 (?) célèbre ténor de l’Opéra qui fait élever un important château d’eau sur les hauteurs de la propriété au début de l’été 1908. En 1920 il loue le chalet, d’abord à des Américains (au prix de 4 000 F par mois) puis à Auguste Gilbert des Voisins et son épouse Louise de Heredia qui s’y installent pour deux ans (en 1922 et 1923) et y reçoivent leur famille et de nombreux poètes de passage. (BSHAA n° 119 p. 34).
En juin 1923 Alvarez vend le chalet au comte Arnaud Doria (AA 24-06-1923), descendant des Doges de Gênes, qui y emménage en janvier 1924. En 1937 son beau-père, le baron Ernest-Antoine Aimé Léon Seillère de Laborde (1866-1955) en fait l’acquisition. Il est membre de l’Académie des Sciences morales et politiques et son secrétaire perpétuel.
(M. Boyé et M.C. Rouxel : Villas d’Arcachon Un siècle d’histoires, Geste-Editions, 2014).
Les Hirondelles, 3 passage des Chênes
Construite en 1882 pour M. Padock, elle est acquise par M. Drouillard qui la possède en 1889.
Saint-Henri, 5 impasse des Chênes
Construite en 1888. Elle appartient en 1889 au baron Henri de Granville qui habite le château de Varigny.
Référence était ainsi faite au saint patron du propriétaire Henri de Granville.
Océana, 7 allée des Chênes
Bâtie en 1882 elle appartenait alors à M. Rouchard ; cette villa s’appelait alors Réau ; Elle est louée l’été 1889 par les Pascal, cousins de Toulouse-Lautrec qui les rejoint souvent alors qu’il réside à l’hôtel de France avec sa mère. Durant ce séjour il réalise deux peintures sur carton, une huile intitulée : « Vue du Bassin d’Arcachon du beaupré du yacht Cocorico » (Musée d’Albi), et une tempera : « M. Emile Davoust sur son yacht (collection particulière). Un de ses endroits favoris est le café Répetto. (Sylvain Smague : Toulouse-Lautrec en vacances p. 77).
Richard, 7 allée Jacques Monod et allée des Chênes
Construite en 1889 pour M. Richard, propriétaire aussi de la villa mitoyenne Mon Désir
Saint-Bernard, 1 allée Jacques Monod
Bâtie après 1930 .
Spes, 8 allée Jacques Monod
Claverie, officier de marine, achète le terrain à Emile Pereire en 1867 et fait construire sa maison dans les années 1880 avec sur le cartouche en céramique, deux ancres marines qui encadrent le nom de la villa. C’est une maison de vacances qui est parfois louée. De fév ier à avril 1899, elle est habitée par un comte de Toulouse-Lautrec cousin du peintre. L’amiral Claverie meurt bien avant sa femme ; il lui lègue la maison à condition qu’elle ne se remarie pas et elle la garde jusqu’à son décès en 1937.
RAPP (avenue)
Cette avenue ne se réfère pas au général Rapp (Colmar, 1771- Rheinweiller, 1821), mais à son petit-fils Jean Henri Hope, né le 6 mai 1847, fils de Adrien John Hope et de Emilie Mélanie Mathilde Rapp, fille du comte de l’Empire.
Jean Henri Hope-Rapp et son épouse Marie-Charlotte Emilie de Tartas, fille du général de Tartas*, habitaient le Chalet Tartas, avenue Sainte-Marie où naquit leur fille le 19 août 1881.
La Ramière, 21 avenue Rapp
Maison du maire Lucien de Gracia.
Postérieure à 1930.
Clairière, 17 avenue Rapp
Postérieure à 1930.
La Chênaie (ou la Chesnaie), 15 avenue Rapp et 9 allée Jacques Monod
En 1882 elle est la propriété de M. Richard. Construite sous le nom de Auber, elle appartient en 1889 à M. Adam. Elle sert de presbytère de Notre-Dame de 1914 à 1917 au chanoine Bonnet, curé d’Arcachon de 1908 à 1925, sous le nom de Lacordaire (ND d’Arc de Rebsomen) (qu’elle porte encore en 1930) puis devient La Chênaie. Elle a une annexe, la villa Raymond (plan de 1889).
Gény, 15 avenue Rapp
Construite en 1883, elle appartenait en 1889 à Gény de Flamerécourt (AC 1911). Elle s’appelle La Rouvraie lorsque le Docteur H. Chauveau, président du Syndicat médical y habite en 1928.
Son fronton rappelait au passant que son propriétaire était Gény de Flamerécourt.
La petite-fille du Dr Chauveau, Mme Mouchot, née Bermond, y passait ses vacances.
Raymond, 4 allée Jacques Monod ou 15 avenue Rapp
Date de 1903. Ancienne annexe de la villa Auber. (Plan 1889)
Saint-Joseph, 14 avenue Rapp et allée Emile Pereire
Construite en 1894 par Jean-Michel Alaux (AA du 11.03.1894) pour le baron et baronne de Leusse de Syon (AC 1911, 1922, 1928). Elle garde ce nom jusqu’après 1930. Elle s’est appelée Manditafred et son nom actuel est Hauteclaire.
Lulli, 10 avenue Rapp
La villa Lulli est mentionnée pour la première fois dans la presse arcachonnaise en janvier 1888 ; on peut donc penser qu’elle a été construite en 1887. Il s’agit d’une villa de location, dont le propriétaire est, en 1889, M. Adam.
Ce propriétaire est vraisemblablement celui qui a baptisé la villa : porteur d’un patronyme rendu célèbre à l’époque par le compositeur Adolphe Adam, il a choisi, en mélomane averti et propriétaire mitoyen de la villa Chopin, de rendre hommage à Jean-Baptiste Lulli (1633-1687), surintendant de la musique de Louis XIV.
Les façades du rez-de-chaussée alternent harmonieusement la brique et la pierre, tandis qu’au premier étage la brique ne ponctue que les angles et les encadrements. Un pignon en encorbellement accueille un bow-window et de larges avant-toits protègent l’édifice. Enfin, une lucarne donne sur un garde-corps en bois.
Lulli accueille des décennies durant des locataires qui sont en villégiature.
Ainsi, l’hebdomadaire Arcachon-Saison du samedi 22 juin 1889 annonce la venue à Lulli du comte Ouvaroff, rentier venant de Varsovie. Ensuite, au fil des pages des journaux qui signalent « les étrangers de distinction », apparaissent les noms du prince Ghika, du prince Lubecki, du marquis de Mailly, du (baron ?) Laillet de Montulé, mais aussi ceux des docteurs Motet et Laborde. (M. Boyé et M.C. Rouxel : Villas d’Arcachon Un siècle d’histoires, Geste-Editions, 2014).
Chopin, 8 avenue Rapp
Bâtie en 1886. En août 1886, M. de Selves, préfet de la Gironde, y séjourne. Etait-il le premier propriétaire ou seulement locataire ? On sait qu’il y habite en août 1886 et que vers 1890 (dit D. Chevallier) Madame de Selves y organisait chaque mercredi des réunions mondaines, des « raouts ».
En 1889 elle appartient à M. Dabas. Dès le début des années 1990 elle appartient à Jean-Jacques Paul Darrieux Il est négociant à Bordeaux et il a épousé Marie Aglaé Durand qui y décède le 10 octobre 1896 (AA du 18.10.1896). Elle est ensuite la propriété de leur fils Edmond né à Bordeaux le 21 avril 1854 et élu conseiller municipal d’Arcachon le 3 mai 1896.
En avril 1917 elle devient la propriété du Dr Rivière de Bordeaux.
Cette haute villa de quatre niveaux est entourée d’un jardin de 2 000 m2. Le soubassement est en pierres taillées, les trois autres niveaux sont en pierres décorées de briques en un assemblage très soigné. Les hauts pignons ont des toits à large débordement. Cette villa est destinée à la location à la fin du 19e comme en témoigne la fiche de l’agence Ducos.
Au tout début du 20e siècle, la villa est augmentée d’une tour carrée enrichie de céramiques. Le rez-de-chaussée de la partie ancienne est doté en 1901 de six vitraux du maître-verrier Pierre Henri Feur de Bordeaux représentant les quatre saisons.
Le nom de Chopin sur la rue est en céramiques, il figure aussi gravé dans la pierre sur la tour.
A l’arrière de la villa, deux grandes vérandas superposées soutenues par des piliers en bois occupent la largeur de la partie ancienne. Ses peintures en jaune sont celles de la couleur d’origine. Les balcons sont en bois sculpté en forme de lyre selon le dessin d’origine préservé devant une fenêtre et peints en blanc.
La villa inhabitée ou presque (15 jours par an en août) dans les années 1970 à 1990 était dans un état déplorable et sans aucun confort.
Parmi les locataires prestigieux outre Justin de Selves, le haut fonctionnaire comte de Pange en 1889, le marquis de Moges (1890-1892), la comtesse de Cassagne (1893) puis le marquis de Chaumont-Quitry, des membres des familles Patas d’Illiers et Garon de La Bévière, ainsi que Gruet (1907), Chaumet (1909 et 1934), l’avocat Cazeaux (1913) et Larronde (1914). La villa porte le nom d’un célèbre musicien comme beaucoup d’autres villas proches.
(M. Boyé et M.C. Rouxel : Villas d’Arcachon Un siècle d’histoire, Geste-Editions, 2014).
Haïtzak, 13 avenue Rapp
Villa sur plusieurs niveaux, de type basco-landais construite peu avant 1930.
Grisélidis, 11 avenue Rapp
En 1866, Adélaïde Claire Anne Baudon de Mony, veuve de Louis Emile de Tartas « en son vivant général de division » acquiert de Nelly Deganne un îlot de 7 hectares qu’elle va morceler au cours des années.
Elle vend 5 000 m2 à Mme Sauvage qui revend à Cash et Donnis, agent d’affaires, qui revend le 22 août 1880, au prêtre Etienne Minjard une parcelle de 650 m2 sur laquelle il fait construire la villa Saint-Etienne qu’il revend ensuite à Melle Mélanie Leroy. Celle-ci la renomme le chalet Saint-François. Il achète alors une parcelle attenante de 1 238 m2 sur laquelle il fait bâtir Saint-Thomas d’Aquin.
En 1892, Mme Ganger achète à Melle Mélanie Leroy le chalet Saint-François, bâtiment construit sur 650 m2 de terrain.
Entre avril et octobre 1895, M. et Mme Ganger y habitent d’après l’Avenir d’Arcachon.
Mme Ganger achète aussi en 1896 à René-François Lostie de Keror et Etienne Minjard, prêtre à Arcachon, un bâtiment voisin sur 1 237,86 m2 de terrain appelé Villa Saint-Thomas d’Aquin.(Voir Etienne Minjard BSHAA n° 160, D. Chevallier : Notre-Dame dees Passes note 2 p. 101). Le tout réuni prend en 1896 le nouveau nom de Grisélidis qui est gravé sur les pylônes de l’entrée.
Caroline Ernestine Roger veuve de Marie Edouard Ganger sans postérité laisse comme héritière sa mère Lore Marquet
Lore Marquet veuve en premières noces de Nicolas François Alfred Roger, divorcée en deuxièmes noces de Henry-Paul François Mader qui laisse pour héritières
Mme Fournier née Mader, Mme Loiseau née Mader et Mme Lahillome née Clos.
En 1911, Victor, Camille, Henri, Amédée Balaresque achète le tout aux héritières
En 1926 Melle Courpon achète à M. Balaresque et à sa seconde épouse née Gaden une partie de la propriété dénommée « Villa Grisélidis de 1 264,68 m2 et comprenant villa proprement dite dans l’angle sud, bâtiments à usage de dépendances au nord et jardin d’agrément entre les constructions ». Les Balaresque restent propriétaires de la villa Haïtzack qu’ils viennent de faire construire sur une partie de Grisélidis (elle est bâtie sur Saint-Etienne).
En 1928, Mme Mesuret, née Marie-Anne Chadourne, achète à Melle Courpon la villa Grisélidis (Saint-Thomas d’Aquin sans doute modifiée) qui a alors un terrain de 600 m2, Melle Courpon restant propriétaire de la partie mitoyenne où se trouve la villa Stresa qui s’appelle à l’heure actuelle Clairval.
Grisélidis est l’héroïne d’une légende dont on place la vie au début du XIe siècle. C’est une pauvre bergère. Le marquis de Saluces, épris de sa beauté, l’épouse. Puis, pour éprouver sa fidélité, il la soumet aux pires douleurs : enlèvement d’enfant, obligation de servir une concubine etc…mais Sainte-Agnès la protège et la jeune femme triomphe de toutes les épreuves.
Compte tenu de la date d’apparition (1894 ?) du nouveau nom de la villa, il semble qu’il faille voir une référence au mystère en trois actes (1891) d’Armand Sylvestre et d’Eugène Morand qui retrace la légende de Grisélidis, marquise de Saluces, et dont les auteurs tireront un conte lyrique mis en musique par Jules Massenet en 1901.
(M. Boyé et M.C. Rouxel : Villas d’Arcachon Un siècle d’histoire, Geste-Editions, 2014).
Hélène-Emmanuel, 4 avenue Rapp
11 juin 1893. Un journaliste se promène en ville d’hiver à la découverte des villas. « Allée Hennon, Uruguay tire son origine exotique d’une rivière qui sépare le Brésil de la République argentine, donne son nom à l’état d’Uruguay, et se jette dans l’estuaire du rio de La Plata… ». Ce que le journaliste ignore ou fait semblant d’oublier c’est que le propriétaire de la villa – le négociant Matéo Petit – a créé le service exportation des vins de Bordeaux sur l’Amérique du Sud et que « sa puissante maison » est présente à La Plata.
Hélène-Emmanuel s’est donc appelée Uruguay lors de sa construction en 1889. Elle change de nom, dit-on, lorsqu’elle est acquise par le comte et la comtesse de Marcellus, entre 1901 et 1910. En effet, en janvier 1901, Matéo Petit est toujours propriétaire en ville d’hiver et offre le terrain pour élargir l’allée Hennon où se trouve sa villa Uruguay ; au cours de l’été 1910, alors que la comtesse Henriette de Marcellus vient de mettre au monde leur dernier enfant, Isabelle, le peintre Paul Leroy qui a loué la villa L’Oiseau Bleu à Arcachon exécute son portrait (huile sur toile de 200 cm x 150 cm) présenté au Salon des artistes en 1911, pour lequel elle pose à Bordeaux puis à Arcachon, villa Hélène-Emmanuel.
Rien dans les généalogies Marcellus et Froment ne permet d’émettre une hypothèse quant au nom toujours actuel de la villa, qui n’a guère changé, avec ses soubassements et ses murs de pierre, la brique marquant les angles et les encadrements. Elle arbore toujours ses pignons décorés de panneaux de bois découpé tandis que sous ses larges avant-toits court une frise de pierre et de brique complétée par des cabochons.
Les céramiques au-dessus du bow-window, de part et d’autre du nom Hélène-Emmanuel, sont de Vieillard. Quant au jardin, outre un vénérable chêne-liège, il possède un des plus vieux chênes de la Ville d’hiver qu’il partage avec celui de la villa voisine Haïti.
Une photographie de famille a été prise en 1910, au pied de l’escalier en pierre à balustres qui mène au perron fermé par une galerie vitrée ornée d’une frise de mosaïque.
Hélène-Emmanuel est donc propriété de Lodoïs de Martin du Tyrac, comte de Marcellus (1871-1930) et de son épouse Henriette, née Froment (1874-1956) jusqu’en […].
Elle est alors acquise par les Domaines pour y recevoir des familles de la Gendarmerie nationale, avant qu’elle ne déménage rue Gustave-Hameau.
(M. Boyé et M.C. Rouxel : Villas d’Arcachon Un siècle d’histoire, Geste-Editions, 2014).
Marie-Antoinette, 36 allée de Mentque ou avenue Rapp
Date de 1879 où elle est mise en location par l’agence Ducos.
Kerlys, 1 avenue Rapp
Villa construite en 1889 par Guy Prat pour M. Lemetayer.
Le Dr L. Monod y reçoit sa clientèle en 1927.
Cette villa a été construite à l’emplacement de l’ancien Ermitage – premier presbytère de la paroisse d’Arcachon (AA du 07.06.1896).
