Le Teich, franchissement de l’Eyre

Le Grand chemin de La-Teste à Bordeaux figure sur le tableau d’assemblage du cadastre napoléonien de la ville du Teich ; il prolonge le chemin que nous avons emprunté à Gujan, passe au pied du moulin de Camps et se poursuit jusqu’à l’Eyre qu’il atteint au pont de Pouliq (associé au moulin homonyme ; aussi nommé pont d’Arnère par certains géographes), juste en amont du confluent du Lacanau.

Albert de Ricaudy, président et fondateur de la Société historique et touristique d’Arcachon et du Pays de Buch, rapporte que le confluent du ruisseau d’Arneyre, à proximité du pont, est nommé des autochtones estey[1] de Péchin, mot que dans leur langue musicale ils prononcent Pitchine en faisant sonner l’n.

Albert de Ricaudy poursuit : le renflement porte le nom de Réservoir de l’Eyga. Rien que ce mot “réservoir”, conservé par la tradition, eût suffi pour démontrer son origine artificielle si elle ne résultait d’autres considérations fort curieuses, comme on va le voir…. D’après le docteur Peyneau, le réservoir d’Eyga, alors beaucoup plus vaste, constituait le port intérieur de la ville de Boii, et le port actuel de Biganos son avant-port…. Du port intérieur on rejoignait l’Eyre par le canal artificiel, aujourd’hui ruisseau d’Arneyre à moitié disparu, à un confluent qui, sur le plan cadastral de Biganos, est encore appelé le Culet.

On remarque, au nord-ouest du pont de Pouliq, le Passage de La Motte (ou La Mothe) qui laisse supposer une autre alternative de franchissement de l’Eyre ; ce lieu-dit Le Passage[2] figure déjà sur les cartes respectives de Cassini (1760 env.) et de Belleyme (1791 env.).

[1] – Nom donné aux petits cours d’eau soumis aux marées à rapprocher du vieux français estier, dérivé du latin aestuarium.

[2] – Certains lieux-dits appelés le Passage (Lamothe, Mons) ou pas de Charles (Salles) signalent l’emplacement des gués d’autrefois.

Raphaël

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