Lagune de l’Eau plate

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Le berceau des libellules.

Il se trame une drôle de (pré) histoire dans les Landes girondines : dissimulée dans un écrin de pins maritimes, une relique de l’ère glaciaire montre le bout de ses ailes. En tout, ce sont trois espèces de libellules rarissimes en Europe qui ont été recensées par Bruno Jourdain, chargé de l’étude Natura 2000 sur le site du parc. « Leur présence n’est pas une nouveauté, explique ce membre actif de la Ligue de protection des oiseaux. La surprise, c’est plutôt de les retrouver en si grand nombre sur un espace aussi délimité ! » Et c’est ici que réside le secret de la présence de ces espèces pourtant accoutumées à des latitudes plus septentrionales. Gros thorax, large queue et front blanc constituent la tribu d’irréductibles libellules (ou odonates) qui peuplent le réseau de trois cents lagunes, du parc naturel. Pour elles, tout se joue il y a 10 000 ans. La banquise recouvre une grande partie de l’Europe du nord ouest, c’est la dernière grande glaciation de l’histoire. Sur le site du parc, de grandes plaques de glace se forment et creusent le sol. Une fois fondues, elles laissent de grands bassins où la nappe phréatique affleure : les lagunes, sont nées. Un éden tout trouvé pour ces odonates qui se fixent et prospèrent. « C’est un milieu acide, comme une tourbe, précise le naturaliste. Il n’y a donc pas beaucoup d’espèces concurrentes. » À l’instar des dinosaures du monde perdu, les odonates ont profité de l’isolement de ces lagunes pour en faire leur berceau de peuplement. Un secret tellement bien gardé que la première campagne de recensement Natura 2000 n’incluait pas ces espèces. Mais les découvertes de Bruno sont sans précédent. Elles intéressent le Muséum d’histoire naturelle de Paris et la Société française d’odonatologie (SFO) qui lui commande une étude pour un inventaire national. En les suivant à la trace (une goutte de vernis sur les ailes), le naturaliste a mis en avant les mœurs de ces libellules protogirondines. « Elles restent à l’état larvaire pendant, deux à trois ans, éclosent en très grand nombre et profitent du vaste réseau de lagunes pour étendre leur aire de répartition. » Mais l’âge d’or de ces fossiles vivants touche à sa fin. « En vingt ans près de la moitié des lagunes ont disparu ! »

http://www.vallee-du-ciron.com/Documents/Nouvelles/N163.htm

Leucorrhinia albifrons est présente sur les deux domaines départementaux d’Hostens concernés par cette étude  des preuves  de reproduction ont été obtenues pour 4  sites : le Lac Bleu, la lagune n°247, l’Étang des Poissons rouges et le Marais du Cla. En juin 2000, l’espèce se reproduisait également sur la lagune du Cap de l’Homme. Des imagos ont été ponctuellement observés sur deux sites supplémentaires : le lac de Lamothe et les étangs de Guiron. Il faut souligner ici que d’autres populations de Leucorrhines à front blanc pérennes et très importantes elles aussi, colonisent les lagunes des communes voisines et notamment celles, très nombreuses, des communes de Saint‐Magne ou de Louchats. 5 070 mètres seulement séparent le lac Bleu de

la lagune de l’Eau Plate où nous avions dénombré 114 exuvies[1] de ce taxon le 21 mai 2000.

Source : État des lieux du contexte piscicole et halieutique sur les milieux aquatiques du domaine départemental d’Hostens (Gérard Lagors), Sophie de Lavergne, Frédéric Lafitte, Thierry Moissonnier, FDAAPPMA 33, 2009-2010.

file:///C:/Users/rapha/Downloads/60998_ETANGS_AQ_32821_6_docob_hostens_annexes%20(1).pdf

[1] – Enveloppe que le corps de l’animal a quittée lors de la mue ou de la métamorphose.

Raphaël

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