Honneur à la Légion à Lugos

Imprimer cet article Imprimer cet article

Aimé Nouailhas reçoit la Légion d’Honneur !

Le nouveau Comité Nord Bassin-Val de l’Eyre de la SEMLH, Société d’entraide des membres de la Légion d’honneur, s’est réuni le 24 novembre 2011 à Lugos, à la Bonne Auberge, sous la présidence de Marc Chappuis.

Ils sont 44, avec conjoints et conjointes, venus d’Arès ou d’Andernos, de Le Barp ou de Belin-Béliet, heureux de se retrouver autour d’une bonne table pour écouter, en guise d’apéritif, un exposé de Michel Boyé, président de la Société historique et archéologique du bassin d’Arcachon et de son secrétaire général ; le duo donne un bel aperçu historique du Pays de Buch, expliquant qu’il s’étend de Lacanau à Béliet, mais ne recouvre pas, … à cette époque, Lugos, Belin et Saint-Magne, rattachés à l’Archevêché de Dax.

Boïens, boïates et captalat n’ayant plus de secret pour les participants, le président Marc Chappuis reprend la parole pour transmettre les dernières informations du nouveau Comité, remerciant les participants et organisateurs de cette belle journée, et notamment le délégué du Val de Leyre, habitant de Lugos, Joël Cabardos.

Hélène Arzeno

https://www.sudouest.fr/2011/11/28/avec-la-legion-d-honneur-565374-2733.php?nic

 

La dotation définitive de la Légion d’honneur – instituée le 19 mai 1802 par Napoléon Bonaparte – comprend le bois de Lugos près de Belin.

Alors, que la Légion n’est pas encore certaine de conserver la propriété de cette forêt, le 17 messidor an XIII, Lacuée écrit à Lacépède : « Les pignadas et les bois taillis situés à Lugos, arrondissement du bureau de Belin, dont la Légion d’honneur a pris possession, ont été aussi affectés à la dotation de la sénatorerie de Bordeaux.

Il paraît, d’après la lettre de M. le Directeur, que M. le maréchal de Pérignon a réclamé pour le Sénat le remplacement de ces pignadas et bois taillis par d’autres propriétés nationales, ce qui a fourni occasion à M. le Conservateur de la 11division des Forêts de demander au ministre des Finances que les bois taillis chênes, dont la coupe est évaluée trois ou quatre mille francs tous les neuf ans, fussent conservés au Domaine comme excédant de beaucoup le revenu qu’on a eu l’intention de donner à la Légion d’honneur.

Je ne sais qui a donné à ce conservateur le soin de se mêler de nos affaires, d’autant qu’il se trompe bien certainement, puisque nous n’avons pas la moitié du revenu qui nous est affecté.

Quoi qu’il en soit, il est essentiel pour nous d’obtenir incessamment une décision du Gouvernement à cet égard, parce que ces bois étaient sous la surveillance d’un garde préposé par l’administration forestière. Ce garde vient d’être supprimé, et s’il n’est remplacé par la Légion, nous devons nous attendre à voir bientôt dévaster entièrement cette propriété.

Indépendamment des vieux pins qui sont affermés 440 francs, par an il y a un bois taillis chêne dont la coupe peut valoir tous les neuf ans trois ou quatre mille francs. Il y a, de plus, sept à huit cents journaux de jeunes pignadas qui promettent une récolte abondante dans peu d’années. D’après cela, je suis d’avis de faire en sorte de conserver cette propriété, d’obtenir du Gouvernement une prompte décision, et, si la propriété nous en est adjugée, d’y établir un garde. »

La décision qui intervint fut celle que préconise le Chancelier. On se préoccupe donc d’assurer la garde de cette forêt. La Grande Chancellerie pensa que le moyen le plus économique consisterait à en charger soit les gardes-champêtres, soit les gardes communaux ; mais Lacuée lui fit connaître qu’il n’existait dans le pays aucun agent de cette nature. Alors on maintint dans ses fonctions l’ex-garde forestier Tauzin, de Béliet, précédemment chargé de la garde des bois et pignadas de Lugos. Il demanda un salaire annuel de 400 francs. C’était la rétribution que lui allouait l’administration forestière. D’après le Garde général près le Conservateur des Eaux et Forêts du 11e arrondissement, Tauzin était un excellent serviteur. « Il a constamment consacré tout son temps et ses soins à la garde de la forêt de Lugos, et son zèle et sa sévérité contre les délinquants l’ont placé au premier, rang des gardes de l’ex-administration forestière et de la conservation. »

Mais, en avril 1806, s’étant rendu à l’administration des contributions directes à Bordeaux pour y toucher son traitement, il fut payé sur le taux de 300 francs par an. Il envoya deux lettres de réclamation, fort respectueuses et à peu près identiques, adressées, l’une au trésorier de la Légion à Paris, l’autre à Lacuée. On y relève ce passage : « Il existe, sur la forêt de Lugos confiée à ma garde, dix sangliers dont trois gros et sept marcassins qui sont déjà très beaux ; je les surveille avec toute l’attention possible pour les préserver des atteintes qu’on pourrait leur porter. Si la saison le permettait et que l’on en voulût un, il serait facile de le procurer. »

 Mais tandis qu’il écrivait au Trésorier « il serait facile de le procurer », Tauzin disait à Lacuée « il serait facile de pouvoir vous en procurer un. »

Lacuée, dont le désintéressement était hors de doute, crut cependant devoir protester contre cette offre. « J’espère que vous me rendrez la justice de croire, écrit-il à Lacépède, que je me suis bien gardé d’accepter le sanglier que ce garde m’offre. Je ne tournerai jamais à mon profit aucun des objets appartenant à la Légion d’honneur. Je pense néanmoins qu’on ne doit pas laisser multiplier trop ces animaux qui finiraient par dévaster les environs de la forêt, et que lorsque le temps sera assez froid pour les transporter, il faudra donner des ordres pour en tuer, la majeure partie, dont nous pourrions faire hommage d’abord à Sa Majesté Impériale, si elle daigne l’accepter, et successivement à chacun des membres qui composent le Grand Conseil de la Légion. Si vous êtes de cet avis, j’écrirai de suite au sieur Tauzin pour qu’il veille, encore plus exactement, à la garde de ce dépôt et qu’il le préserve des mains des braconniers. » Il est vraisemblable que Tauzin eut gain de cause.

Le 1er septembre 1808, Lacuée envoie à Lacépède une lettre de Magnan indiquant l’état de ce domaine. Le bail de « l’atelier résineux » consenti pour sept années ne s’applique qu’à une très petite partie de cette propriété. Une coupe faite dans les bois taillis appelés « La Grande Rivière » [probablement au bord de l’Eyre] a été vendue le 28 septembre 1807, pour 3 847 fr 52. La majeure partie des pins ont été incendiée sept ans auparavant. Les parties incendiées de la forêt sont occupées par de jeunes pins. « Il conviendrait d’éclaircir, mais les frais de cette opération ne seraient pas couverts par le produit du bois que cet éclaircissage procurerait. À ce moment, on espérait que le bail de « l’atelier résineux », qui était sur le point d’être renouvelé, pourrait bénéficier d’une augmentation de prix. »

En vertu d’un décret impérial du 2 juin 1808, les bois de Lugos et de Vendays (Gironde) appartenant à la Légion sont désignés pour livrer à la marine, le premier 136 arbres et le second 18. Ces arbres sont martelés ; mais ensuite il fallut l’intervention de la Grande Chancellerie pour qu’ils soient estimés contradictoirement par les représentants de la Légion et les fournisseurs de la marine.

Revue philomathique de Bordeaux et du Sud-Ouest, 1914

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102496b/f257.item.r=%22foret%20de%20lugos%22plan

Raphaël

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.