Chronique n° 002 – Les atouts du désert.

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Arcachon a jailli du sable. Dès que l’on creuse dans le sous-sol de la ville, on tombe sur cette masse dorée que l’on dirait inerte si les hommes ne l’avaient pas réveillée.

Paradoxe : son apparente stérilité, a donné vie à une ville qui en paraît des plus étonnantes. D’autant plus que ce sable prend des allures de Sahara car il s’accumule en hautes dunes qui laissent des traces profondes. Tenez : un plan d’Arcachon des années 60 porte encore des mentions précises du nom des dunes sur lesquelles s’est hissé Arcachon. On y trouve indiquée, la dune Pontac, dominant le boulevard de la Plage. S’ouvrant sur ce même boulevard, la rue Mauvezin s’est longtemps appelée  impasse de la dune Richon et culmine à dix-huit mètres.

Plus à l’ouest, dégringole la Grande dune dont la pente aiguë atteignant les trente-huit mètres, accueillit longtemps une piste de ski sur grépin, que l’on veut remettre à l’honneur.    Autre présence de ces dunes : elles enserrent littéralement la zone des lycées s’appelant dune de  Peymaou, dune de Camicas, ou dune de Lagrua, ou encore Régue blanche, de jolis noms d’ici. On eut même la dune des Musiciens, près du parc mauresque et qui a comblé un  vallon de la ville d’hiver.

Et voilà que ces dunes, que l’on croirait d’inutiles tas de sable, font l’originalité d’Arcachon. Grâce à elles, la ville se différencie de ses voisines du Bassin qui ont choisi des endroits tout plats pour s’installer. Au contraire, Arcachon, monte, descend, tourne, virevolte, grimpe vers le ciel, c’est à dire vers la célébrité. Elle a donc tout  le charme d’une ville de montagne ;  elle tient alors de Menton ou de Capri et domine le Bassin. Étonnez-vous après cela qu’on n’ait pas trop hésité à y installer la sous-préfecture…

    Il y a même des endroits où l’on trouve encore les versants de  dune à l’état pur. Jetez donc un coup d’œil au-dessus d’une des clôtures de la rue Mauvezin ou de la rue Cigarroa et vous verrez qu’il y a encore là des pentes bien marqués que l’urbanisation n’a pas encore estompées. Quand on grimpe vers le parvis de la basilique ND, on monte aussi une dune très historique. Quand on se hisse dans les nombreux escaliers qui gagnent la ville d’hiver, on escalade des dunes. Et quand, l’été, les touristes suffoquent dans l’avenue Gambetta, ils affrontent un raidillon qui vaut celui de la dune du Pilat. Oui, vraiment, les dunes font beaucoup pour le charme d’Arcachon.

Et il y a longtemps que cela dure puisqu’elles s’entassent  là, nos dunes, depuis 5 000 ans, à cause d’un caprice de l’Océan qui a alors reculé, dégageant une très large plage où les vents d’ouest patinaient gaillardement, poussant devant eux  des nuées de grains de 3/10e de millimètre. Et comme en même temps il se mit à beaucoup pleuvoir, la végétation put se fixer sur ces sables. Alors, une  forêt naturelle, autre richesse  arcachonnaise, allait naître.  C’est une autre histoire.

A  suivre…

Jean Dubroca

Aimé

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