1584 Europae tertia tabula d’après Claudii Ptolemaei – Sigmanus

18 mai 2020 0 Par Aimé

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Dans sa Géographie, Claude Ptolémée nous enseigne que l’Aquitaine est limitée, au couchant, par l’Océan aquitanien, sur la côte duquel on rencontre, à partir du promontoire Œasso, (que nous appelons le cap du Figuier) qui fait partie des Pyrénées,
L’embouchure du fleuve Aturis 16°45’ ; 44°45′
L’embouchure du fleuve Sigman 17° ; 45°20′ (dans la version latine, le mot est Igman)
Le promontoire Curianum 16° 30′ ; 46°
L’embouchure du fleuve Garuna 17°30′ ; 46°20′
Milieu du cours de ce fleuve 18° ; 45° 20′ …
Nota : la longitude est comptée du Méridien de l’Île-de-Fer.
Pour Pline, on peut penser que les Cocosates, surnommés Sex Signani, auraient occupé la vallée de la Leyre (Sigmano fluv.) Ils avaient Cœquosa pour capitale mentionné sur l’Itinéraire d’Antonin entre Bordeaux et Dax.
Lexicon geographicum ,… authore Fr. Philippo Ferrario,… Editio nova [edente G. Dillingham]. Adnectitur tabula longitudinis ac latitudinis urbium… per totum terrarum orbem, ex ejusdem Philippi Ferrarii “Epitome geographica” desumpta Auteur : Filippo Ferrari (1551-1626). Éditeur (Londini) Date d’édition : 1657
Selon Fournier dans son ouvrage Géographica orbis notitia, paru en 1667 (1), le Sigman, dont parle Ptolomée, se jette dans le bassin d’Arcachon, alors port très sécurisé, ainsi que la baie la plus honorable, portus tutissimus, nec non sinus amplissimus.
Georges Fournier, 1595-1652 est un prêtre jésuite français, géographe, hydrographe et mathématicien de renom, auteur de nombreuses publications scientifiques dont la première encyclopédie maritime française. Ayant navigué plusieurs années en suivant les opérations militaires de son protecteur l’archevêque de Bordeaux Henri de Sourdis, et devient aumônier de la marine royale. Il a été l’un des professeurs du mathématicien et philosophe René Descartes.
Promenade sur les Côtes du Golfe de Gascogne, Jean Thore
En 1814, Lucien Bonaparte prince de Canino dit aussi que le Sigman (Sigmanus) aujourd’hui appellé la Leyre se jette dans le bassin d’Arcasson autrefois nommé Curianus Sinus ou golphe de Cure. Biganos ou Bigan est un bourg qui se trouve à l’embouchure de la Leyre au dessous de la tour de la Motte.
« Charlemagne, ou L’église délivrée ». Poëme épique en vingt quatre chants par
Camille Jullian propose de transformer Sigm… en Sign…
Sigmatios. – Il ne me paraît point douteux que la rivière Σιγμάτιος ou Σίγματις de Ptolémée ne soit la Leyre (cf. p. 242). Mais faut-il conserver le mot et se borner (comme on l’a fait) à trouver une ressemblance entre le cours de la Leyre et le sigma lunaire ? Je ne le crois pas. Étant donné que le manuscrit de Marcien d’Héraclée porte Σιγνατίου, et que le thème sign– convient fort bien à des noms de cours d’eau, je propose la correction en Signatios ou Signatis.
« La ville de Boii », Camille Jullian, ‎ Revue des Études Anciennes Année 1926 28-3 pp. 241-246 1926
SIGMANUS an. (lat. 45°, long. 17°). Ptolémée indique l’embouchure de cette rivière entre l’Adour et la Garonne. Dans la version latine le nom est Igmanus. Marcien d’Héraclée, géographe et navigateur grec qui semble avoir vécu au Ve siècle raconte dans son « Périple (2) » traduit par Emmanuel Miller en 1839 : « À la pointe d’Œasso (Cap Figuier) dans la Pyrènes, succède les bouches du fleuve Aturis [Adour] : la distance n’excède pas 4 250 stades (3), elle n’est pas au-dessous de 3 300 (le deuxième chiffre serait à vol d’oiseau). Des bouches de l’Aturis aux bouches du fleuve Signatii, 500 stades, 450 [stades] ( στάδια φ’, [στάδια] uν’). Des bouches du fleuve Signatii au promontoire Curiannum 500 stades, 370 stades. De Curianno aux bouches du fleuve Garumnae, dont la largeur est de 50 [stades], 600 stades, 430 [stades]… ». (Emmanuel Miller note que Pline signale les Signani comme un peuple d’Aquitaine).
Si l’on s’attache à ce qu’il y a de plus remarquable en cet intervalle, cette bouche doit désigner l’entrée du bassin d’Arcachon, sans que la distance de deux tiers de degré qu’on trouve dans Ptolémée entre l’embouchure et le promontoire Curianum, qui ne saurait être que le cap Ferret, par lequel l’entrée d’Arcachon est resserrée, y mette un empêchement dirimant. Car on doit être prévenu que ces positions de Ptolémée ne sont pas en général d’une grande précision vis-à-vis du local ; et un intervalle de 500 stades ( ! ) dans le périple de Marcien d’Héraclée n’y ajoute point d’autorité. Le Boucau de Mimisan, qui est à environ un demi degré au sud du cap Ferret, serait plus convenable à cet écart que met Ptolémée entre Sigmani Ostia et le Curianum promontorium. Mais le Boucau de Mimisan serait-il un objet qui méritât d’être distingué sur ce rivage, pour parvenir à la connaissance de Ptolémée, préférablement au bassin d’Arcachon ? La délicatesse de ceux qui argumentent sur les positions de Ptolémée, pour en faire rigidement le fondement de leurs opinions sur la situation des lieux, oblige d’entrer dans cette discussion, dont on se croirait bien dispensé sans cette raison. “En lisant dans Ptolémée Bigmanus, au lieu de Sigmanus, on pourrait y trouver du rapport avec le nom de Biganos que porte un lieu situé près de l’entrée de la rivière de Leire dans le bassin d’Arcachon. »
Jean-Baptiste Bourguignon d’Anville. Notice sur l’ancienne Gaule, tirée des monuments romains. Paris, 1760.
Dictionnaire géographique, historique, industriel et commercial de toutes les communes de la France et de plus de 20,000 hameaux en dépendant : illustré de 100 gravures de costumes coloriés, plans et armes des villes, etc.,…. Volume 3, Eusèbe Girault de Saint-Fargeau (1799-1855). Éditeur : F. Didot (Paris) Date d’édition : 1844-1846
Dans l’Histoire des Gaules, et des conquêtes des Gaulois, depuis leur origine jusqu’à la fondation de la monarchie françoise, ouvrage de Dom Jacques Martin,… & continué par Dom Jean-François de Brezillac, on trouve pour le mot Sigmanus que « ce n’est point une rivière particulière que Ptolémée a voulu désigner par ce mot, mais un grand bassin qui est entre l’embouchure de Ladour & le promontoire Curianum, qui est le cap de Buch. Ce bassin s’appelle le Boucou de Mimisan, & il reçoit la Molasse ou Lescource, la Bielba ou Borne, & quelques autres rivières à l’égard desquelles il est comme les bouches où elles vont se dégorger, comme son nom le dit, & avait ainsi la figure d’un Sigma de cette sorte C : ce qui prouve que Ptolémée a écrit Sigmanus, & non pas Igmanus ». Il résulte de ce que disent ces savants, que Vinet & M. de Marca se seraient mépris, en entendant par le mot Sigmanus la rivière de la Leyre.
Variétés médoquines, Pallamdre Jeune, 1786
(1) – Promenade sur les côtes du golfe de Gascogne, ou aperçu topographique, physique et médical des côtes occidentales de ce même golfe, M. Jean Thore, Médecin en chef de l’Hôpital militaire de Dax, et membre de plusieurs Sociétés savantes, 1810.
(3) – Le terme « stade » ou stadion désigne la longueur de la piste de course ; la légende raconte que cette mesure correspond à 600 fois le pied d’Hercule, long de 32 cm soit 192 m ; pour les Romains, il équivalait à 1/8 du mille romain c’est-à-dire 185 m, ce qui équivaut au 1/10 du mille marin (1 852 m).