800 – Al-Khwârizmî

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Le Livre de la représentation de la terre du mathématicien et astronome al-Khwârizmî (première moitié du IXe siècle) constitue un témoignage sur la manière dont l’Europe est représentée. Il s’agit d’un ouvrage qui reprend, en toute vraisemblance, les indications géographiques portées par la carte faite pour le calife al-Ma’mûn.

Son ouvrage n’est pas un traité de cartographie comme l’est la Geôgraphikê, mais une description détaillée de la révision faite au IXe siècle. Il contient un ensemble de coordonnées en longitude et latitude des points côtiers des continents, des rivières, des montagnes et de cinq cent trente-sept localités. Le style même de l’ouvrage indique que les coordonnées ont été levées à partir de la carte que le texte tente de décrire. Bien qu’il ne traite pas du problème de la projection et que les quatre cartes conservées avec le manuscrit unique ne concernent pas l’Europe, des reconstitutions (Jafri, 1985) permettent d’avoir une idée de sa vision de notre continent.

L’image de l’Europe tant pour les côtes que pour l’intérieur des terres est grandement redevable à Ptolémée. La côte atlantique présente les mêmes erreurs : en Espagne, le cap Saint-Vincent est considéré comme le point le plus à l’ouest, l’extrémité occidentale des Pyrénées se prolonge par une presqu’île dans l’Atlantique. Cependant, en France, la péninsule normande apparaît. La Grande Bretagne est plus large que chez Ptolémée (les Cornouailles sont oubliées). Elle reçoit une forme relativement correcte sauf que l’Écosse est tournée, comme chez Ptolémée, vers l’est, au sud de Thulé. Celle-ci est dessinée comme une large île à 63° de latitude nord. L’énigmatique île de Thulé – l’ultima Tule – reçoit ici une ville et un fleuve inconnus de la Geôgraphikê. L’Irlande est bien proportionnée. À l’est, nous retrouvons la péninsule des Cimbres (le Danemark) exagérément orientée vers le nord-est, et ensuite l’île de Skandia. La côte baltique est mal rendue et orientée vers l’est. À l’intérieur des terres, les montagnes et les rivières représentées sont des transpositions du géographe d’Alexandrie. Le Rhin et le Danube sont mal dessinés et ce dernier est trop proche de l’Adriatique (Cezglédy, 1950-1951).

Reconstitution de la carte d’al-Khwârizmî par S. Razia Jafri

L’Europe dans la cartographie arabe médiévale, Jean-Charles Ducène, 2008.

https://journals.openedition.org/belgeo/8801

Raphaël

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