1632 – Routes postales, Nicholas Berey

 
Long passé de cette route, puisque son tracé reprend, au moins dans sa partie nord, celui de la voie directe des légions romaines de Bordeaux à la péninsule ibérique. Délaissée après l’effondrement de l’empire romain, puis abandonnée lors des périodes troublées qui suivirent, elle ne retrouva son intérêt qu’après le Xe siècle lorsque les pèlerins vers Compostelle en firent un itinéraire majeur suivant à peu près le tracé initial. Voie militaire puis voie de pèlerinage, elle devient ensuite celle des ambassadeurs, puis des Intendants Et, hormis l’aménagement de quelques ponts de bois, rien ne changera vraiment jusqu’à à la fin du XVIIIe siècle ; tous s’accordent sur son état pitoyable. Ainsi, encore en 1810, sur 94 lieues de la limite du département de la Gironde jusque à la Bidassoa, il n’y en a pas une seule qui soit praticable. Ce n’est qu’un pauvre pays de sables, d’eaux stagnantes, de marécages, d’ornières et fondrières, de voitures versées ou embourbées, de malles postes cheminant au pas. En 1748, le comte de Noailles évoquant une précédente traversée des Grandes landes indique : « J’ay esté obligé de faire mettre des bœufs à ma chaise qui n’avoit que moi pour toute charge, et quatre paires de bœufs indépendamment de six à huit chevaux, à ma berline qui, avec ces secours, n’en mettoit pas moins de trois et quatre heures à faire une poste ». Il n’est pas rare que les postillons, évitant les chemins, ou cherchant de nouvelles voies, promènent avec adresse courriers et voyageurs au milieu des pins ; il faut dire que, jusqu’à la fin du XIXe siècle, malgré les quelques réparations entreprises le siècle précédent (Turgot y emploie même un régiment en 1775), et par l’absence des matériaux nécessaires, la route n’est qu’une piste divaguant sans véritable assiette définie, avec pour seul aménagement des planches ou madriers couchés en travers dans les parties les plus difficiles, comme le franchissement des ruisseaux (gués ou ponts de bois).
Les commentaires en italique sont ceux de M. Vaysse de Villiers, inspecteur des postes, en 1823
Landes en vrac, souvenirs et témoignages du passé et petit patrimoine landais

1632 Routes postales, Nicholas Berey

Exemple frappant de la rare carte des routes postales de France de Nicholas Berey, l’une des premières cartes « postales » imprimées de France et l’une des premières cartes postales européennes.
Cette carte publiée séparément, qui est apparue à peu près en même temps que la carte de Sanson, comprend en plus 11 vues à vol d’oiseau des principales villes de France et une merveilleuse vignette décorative ancienne montrant deux attelages tirés par des chevaux, avec des gardes montés, une référence illustrative à la manière dont le courrier a été transmis à travers la France.
Nous voyons qu’entre Bordeaux et l’Espagne, les chevaux font étape à Petit Bordeaux, Le Barp Taules, Le Puy de Lagnubat, Belin, Le Muret, Lipostey, La Bouhere, Languillet, Laharrye, Lesperon, Castelz, Mayesc, Les Mons, St Vincent, Les Vagues et Ondres, Bayonne, Bidar et St Jean de Luz. Par la suite, nous prendrons cette liste pour référence.

Aimé

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