1541 Europe d’après “Géographie” de Ptolémée – Igmanus

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Carte extraite de la “Géographie” de Ptolémée. Tabulae Europae tertia Livre second 3e planche de l’Europe, page 25
[Gaule] : [Europae tabula tertia continent Galliam Aquitaniam, Lugdunensem, Belgicam, et Narbonensem.], Claude Ptolémée (90-168) Astronome et Géographe, Michel Servet (1511-1553) Éditeur scientifique
Collection numérique des Cartes et plans d’Auvergne
Voici, en 1732, ce qu’en dit Antoine Augustin Bruzen de la Martinière 1662-1746, Géographe de sa Majesté Catholique Philippe V Roi des Espagnes et des Indes dans « Le Grand Dictionnaire Geographique Et Critique » : IGMANUS, ou SIGMANUS selon les divers Exemplaires de Ptolomée, Riviere de La Gaule Aquitanique. Elle doit être Adour & la Garonne & avoir son Embouchure dans la Mer. On croit ou plutôt on conjecture que c’est l’Eyre qui se perd dans le Bassin d’Arcachon ; mais comme il y a plusieurs Rivieres entre l’Adour & la Garonne, celle de l’Eyre convient moins qu’aucune à l’Igmanus de Ptolomée. Car il était entre l’Adour & le Promontoire Curianum que l’on prend pour la Tète de Buch. Il serait plus naturel de croire qu’il nomme Sigmanus le Boucaut de Memisan , où se décharge la Riviere de la Molasse ou d’Escourse, celle de Bielba ou de Borne & plusieurs autres ; qui à leur Embouchure commune font une Riviere considerablc. Cela convient mieux à l’Igmanus que l’Eyre dont l’Embouchure est entre la Tête de Buch & la Garonne.
Hypothèse reprise en 1766 par Louis de Jaucourt dans l’Encyclopédie – la Grande Encyclopédie –, ou, Dictionnaire universel raisonné des sciences, des arts et des métiers : « IGMANUS ou SIGMANUS, selon les diverses éditions de Ptolémée, liv. II. c. VIIe rivière de la gaule d’Aquittaine ; elle doit être entre l’Adour et la Garonne, et avoir son embouchure dans la mer. On conjecture que c’est l’Eyre ; mais ce serait plutôt le Boucaut de Mémisan, où se portent quelques petites rivières, qui en font une grande à leur embouchure commune ».
Le chevalier de Jaucourt, qui fut longtemps considéré comme un simple compilateur, le Maître Jacques de l’Encyclopédie, se révèle au lecteur scrupuleux comme l’un des meneurs de l’entreprise, celui qui a réussi le mieux, par la profusion et la hardiesse des articles qu’il a rédigés, à donner son ton subversif au dictionnaire. Dans des milliers d’articles au titre inoffensif, car il lui fallait dépister la vigilance des censeurs, Jaucourt a semé des critiques audacieuses de l’Eglise et de la monarchie. En effet, ce physicien huguenot a stigmatisé, sous la rubrique de « superstition », tous les dogmes et cérémonies catholiques (et protestants) qui ne s’accordaient pas avec le culte primitif ou les édits de « la raison ». Dans sa contribution au Dictionnaire encyclopédique, Jaucourt s’est fait l’ennemi acharné du fanatisme et de la persécution. Apôtre de la tolérance, il concourut de façon considérable et manifeste à faire de l’Encyclopédie un instrument pour « changer la manière commune de penser ». La qualité de l’œuvre de Jaucourt, aussi bien que sa ténacité et son courage doivent le placer en tête de file du grand mouvement « philosophique » du Siècle des lumières.
« La philosophie de Jaucourt dans l’”Encyclopédie” », Georges A. Perla, Revue de l’histoire des religions, Année 1980 197-1 pp. 59-78
Esprit Joseph Chaudon Lacombe, en 1777, écrit dans son « Dictionnaire interprète-manuel des noms latins de la géographie ancienne et moderne : pour servir à l’intelligence des auteurs latins, principalement des auteurs classiques ; avec les désignations principales des lieux » : Igmanus, Lere ou Leyre, pet. Riv. De France, en Gascogne.

Aimé

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