1524 – Hieronymus Verrazano – Arcasan

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Et si New York s’appelait Angoulême ! Le 6 septembre 1522, sponsorisé par l’Espagne, Magellan, à bord de sa caravelle la Victoria vient de boucler le premier tour du monde à la voile en passant par le détroit qui depuis porte son nom. Cette nouvelle route des Indes, de la Chine et du Japon suscite une énorme jalousie. Il faut réagir et trouver une autre voie d’eau. La découverte de Terre-Neuve par Jean Ango, un armateur dieppois, et les trésors rapportés d’Amérique à Charles Quint, son grand rival, persuadent François Ier de s’intéresser au Nouveau Monde.

Les continentaux du Nord-ouest que nous sommes lorgnent vers un passage au nord qui puisse être une alternative. Des légendes courent alors sur l’existence d’un passage et dans les ports de la Bretagne et de la Normandie, on raconte que des aventuriers l’ont déjà côtoyé. Rouen à cette époque est une ville de toute première importance. Les côtes sont bordées de nombreux ports avec de hardis navigateurs : Le Havre vient d’être créé par François Ier en 1515, Dieppe, Harfleur et Honfleur arment pour la pêche depuis bien longtemps. Des côtes normandes partent aussi des corsaires qui mènent la vie dure aux navigateurs de Charles Quint ou de Joao III, roi du Portugal. Depuis au moins le XVe siècle, Rouen compte une importante communauté d’origine étrangère : des espagnols, des portugais et même des italiens (nous avons comme cela des informations concernant Jeanne d’Arc provenant de marchands de Venise). Les archives nous montrent à l’époque qui nous intéresse, pas moins de quatre rejetons de la grande famille des Ruccellaï (Pietro, Zanobis, Mario et Alessandro). Ils ont francisé leur nom en Rousselay, ce qui montre une intégration déjà poussée. Avec eux, on note des Toscanelli (3 petits-neveux du célèbre astronome), un Brunelleschi (en famille avec l’architecte de Florence) et quelques autres qui ont certainement gardé des relations avec leurs congénères dispersés partout où il y a des affaires à traiter. Quant à Lyon, ville admirablement située sur les chemins du grand commerce entre le bassin de la Méditerranée et les plaines du nord-ouest, elle attire un nombre appréciable de commerçants et surtout de banquiers qui y établissent leurs bases à mi-chemin entre l’Italie, la Flandre, l’Allemagne. Ces riches italiens jouent un rôle important dans les flux économiques, en particulier en prêtant aux finances royales lorsque le besoin s’en fait sentir. Voilà les conditions réunies pour décider d’une expédition : l’argent des italiens de Lyon en contact avec leurs compatriotes à Rouen, les navires et les équipages aguerris de la côte normande et la volonté royale de damner le pion à l’ennemi exécré. Cela urge même car la concurrence est rude et nos villes et nos ports sont sous la surveillance attentive d’espions, en particulier portugais.

Il semble que ce soient des marchands italiens de Lyon qui servent d’intermédiaires pour la venue de Verrazzano auprès du monarque français. Nous savons que Giovanni est né vers 1485, de Pietro Andrea da Verrazzano et de Fiammetta Capelli. Ils sont au moins quatre frères dont l’aîné, banquier, s’appelle Bernardo. Ensuite vient Nicolo, Piero, notre Giovanni et enfin Girolamo (Jérôme) qui l’accompagnera dans ses voyages. La famille Verrazzano a des terres à Val di Greve, et une maison à Florence dans une rue qui porte maintenant son nom. Comme beaucoup de jeunes italiens de l’époque il navigue dans le bassin méditerranéen : ses écrits sont ponctués de nombreuses références à des paysages ou des mœurs de cette région qui indiquent qu’il les connait parfaitement ; il a donc un solide passé de navigateur. Il arrive probablement en 1522 à Lyon[1].

Verrazano est missionné par François Ier pour explorer la zone comprise entre la Floride et Terre-Neuve, afin d’y découvrir un accès donnant sur l’océan Pacifique. Huit marchands de Lyon dont cinq sont florentins montent et financent l’expédition en s’associant avec des négociants rouennais lesquels font appel à Jean Ango, richissime armateur dieppois dont la fortune provient des galions espagnols détroussés par ses corsaires. Vers le milieu de 1523 (quelques mois à peine après le retour de Magellan), quatre navires prennent la mer en direction du nord-ouest, sur la route que prennent pêcheurs bretons et normands en direction du grand banc depuis le haut moyen âge. Hélas, la tempête provoque la perte de deux unités et oblige à un retour forcé vers un port breton. Il ne reste que la Normande et la Dauphine[2]. Réparés, les équipages complétés (il y a eu quelques défections), les bateaux repartent, vers le sud cette fois, itinéraire plus dangereux politiquement car dans la sphère d’influence hispano-portugaise. Après une escale près de Madère où la Normande, avariée prend le chemin du retour, la Dauphine met le cap plein ouest le 17 janvier 1524. Le 7 mars, elle atteint le continent américain dans une zone non encore explorée correspondant à la Caroline du Nord actuelle. L’expédition descend d’abord vers le sud, mais, prudent, Verrazzano décide de faire demi-tour et de se diriger vers le nord pour éviter d’éventuelles mauvaises rencontres avec les Espagnols installés dans la Floride actuelle. Longeant les côtes des actuels états de Caroline du Nord, de la Virginie, de Delaware et du New-Jersey, il croit parfois trouver le fameux passage du nord-ouest objet de son expédition : longeant par exemple un isthme, il croit que l’étang qui se trouve derrière est la mer baignant la Chine et le Japon. Le 17 avril 1524, mouillant en eaux profondes dans l’estuaire de l’Hudson entouré d’une bande de terre qui la protège, il les baptise baie Sainte-Marguerite et terre d’Angoulesme, en hommage à son commanditaire le roi François Ier, comte d’Angoulême et frère de Marguerite ; aujourd’hui, elles ont pour nom baie de New York et Manhattan ! Il mérite donc que l’on ait donné son nom à l’un des gigantesques ponts qui traversent le fleuve dans cette ville (le marathon de New-York débute à Staten Island près du pont Verrazano Narrows). Ensuite, Giovanni Verrazano relâche dans la baie de Narragansett (Newport ne porte pas encore son nom, aussi l’appelle-t-il « Refugio » – le Refuge) et y réside une quinzaine de jours, fraternisant avec la population autochtone. Il poursuit son chemin jusqu’au Canada ; aux abords de l’île de Terre-neuve, ayant épuisé ses provisions, désespérant de trouver le passage du nord-ouest, il met le cap à l’est, suivant la route des pêcheurs bretons et normands. Le 8 juillet 1524, il est de retour à Dieppe d’où il écrit sa lettre à François Ier, relatant son voyage et deux copies aux banquiers lombards qui ont financé l’expédition.

En 1533, François Ier obtient du Pape une interprétation plus large du traité de Tordesillas, partageant les continents nouveaux entre Portugais et Espagnols. Le pontife déclare que la bulle de son prédécesseur « ne concernait que les continents connus et non les terres ultérieurement découvertes par les autres couronnes ». Le roi commandite une expédition à destination des Terres Neuves dont la responsabilité est confiée à Jacques Cartier…

En 1524, Hieronymus Verrazano dessine la Carte de la Mer Méditerranée, de la Mer Noire et de l’Océan Atlantique nord-est.

Il désigne arcasan

 

En 1530, soit deux ans après avoir été dégusté à la sauce créole par les cannibales de Jamaïque ou de Guadeloupe, qui ne sont pas un brin vegan ! Giovanni[3] Verrazano (1485-1528) trouve le moyen de produire un Globe en fuseaux

avec représentation de la dune du Sabloney (aujurd’hui Pilat) ! Verrazano avait envoyé un mouchard illyrien sur nos côtes, car rien d’autre que l’espionnage ne peut expliquer la représentation de cette terre inhospitalière en Pays de Buch !

https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/emissions/france-vrai/si-new-york-s-appelait-angouleme-1718707.html

https://weekend.lesechos.fr/culture/spectacles/0601855842785-quand-new-york-sappelait-angouleme-2291578.php

http://jocel69.free.fr/Divers/Articles/Verrazano.htm

https://www.rouen-histoire.com/Verrazano/Expose.htm

Sur la famille Verrazzano :

https://www.greve-in-chianti.com/fr/castello_verrazzano.htm

La carte se trouve à la bibliothèque de propagande à Rome. Auparavant, elle appartenait à Stefano Borgia.

[1] – Que Rabelais nommait « Myrelingue la brumeuse » : « Myrelingue » parce que l’on y parlait mille langues. Quant à l’adjectif « brumeuse », ceux qui ont connu Lyon avant 1970 connaissent certainement la raison. La ville de Lyon a donné le nom de Giovanni Verrazano à une place située dans le 9e arrondissement.

[2] – Une reconstruction de la Dauphine est prévue pour traverser de l’Atlantique et arriver au port de New York, pour le cinq-centième anniversaire de la découverte européenne du port par Verrazzano.

[3] – Il serait plus juste d’attribuer ce globe à son frère Girolamo, cartographe.

Raphaël

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