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Le péage de Lamothe 3

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De Versailles, le 7 juin 1740, il est demandé à Boucher, intendant de Guyenne, de faire justifier les droits de péages (1) :
Monsieur,
Vous recevrez ci-joint sept arrêts du Conseil qui ordonnent avant faire droit que les sieurs de Ruat, de Rabard, les représentants M. le Duc de Rocquelaure, les maire et jurats de la ville de St-Émilion, les directeurs de l’hôpital St-Jacques de la ville de Mézin, et les S. de Ruat et Baleste (2), justifieront plus amplement la propriété et possession des droits de péages par eux prétendus dans plusieurs lieux de votre département. Je vous prie de leur faire signifier ces arrêts et de me les renvoyer avec les significations. Je suis, monsieur, votre très humble et très affectionné serviteur.
Orry (3)
Une réponse du 20 août 1740 précise que la signification de ces arrêts a été faite aux intéressés. L’année suivante une enquête révèle que Jean Pinne, fermier du bac, a obstrué d’arbres le passage à gué de la rivière, afin d’obliger le public à aller prendre son bateau. Jean Joseph Mesteyreau (4), juge civil et criminel du captalat de Buch, se rend sur place les jeudi et vendredi 27 et 28 juillet 1741 ; en présence de deux témoins, Jean Pinne nie avoir obstrué la rivière et dit qu’il va s’y mettre pour sortir les arbres : Aujourd’hui vingt huit juillet mille sept cent quarante un, en conformité de l’ordonnance de Monseigneur l’intendant en date du 22 du courant qui nous commet pour vérifier les arbres qui ont été mis dans le gué de la rivière de Leyre de la motte pour empêcher le public de passer la dite rivière à gué et pour les obliger d’aller passer au bateau. Nous Jean Joseph Mesteyreau juge civil et criminel du captalat de Buch en exécution de ladite ordonnance nous nous sommes transportés en compagnie de Sr Pierre Duboscq procureur fiscal dudit captalat et de Dominique Dutruch procureur postulant audit siège habitant de la paroisse de Gujean dans la paroisse de Lamotte et en la dite rivière appelée Leyre de Lamote et ayant trouvé au bateau Jean Pinne passager audit bateau et fermier d’icelui, en présence dudit Pinne, desdits Srs Dubosq et Dutruch nous aurions trouvé dans la dite rivière au lieu où on la passe à gué quatre gros arbres chênes de long en long avec toutes leurs branches par le milieu de la dite rivière à la distance de trois pieds l’un de l’autre de telle façon qu’ils empêchent absolument le public de passer à cause du courant de l’eau qui entraîne une infinité de sable où il y a des crues et des sables mouvants. Le dit Pinne nous a dit et déclaré qu’il ne sait point qui a posé ces arbres là mais qu’il va tâcher de les faire sortir. Nous a dit de plus le dit Pinne qu’il payait vingt deux pistoles de ferme dudit bateau et ce par an à monsieur le marquis de Civrac et que pendant tout l’été le public passait là sans aller à son bateau …
Fait à La Motte sur la dite Eyre le susdit jour à huit heures du matin en présence du dit Pinne fermier, des dits Srs Dubosq et Dutruch lesquels Dubosq et Dutruch ont signé avec nous et non le dit Pinne pour ne savoir de ce par nous interpellé.
Dubosq Dutruch
Mesteyreau
Mesteyreau dresse le procès-verbal, tenant d’une tierce personne que c’est Pinne qui a obstrué le passage, et il en a la preuve.
Passage de Lamothe sur la rivière Leyre
Péage de La-Teste ce 31e juillet 1741
En conformité de votre ordonnance du 22 du courant qui m’honore de la commission pour aller sur la rivière de Lamote dresser un procès-verbal des arbres qui ont été posés dans ladite rivière afin d’empêcher le public à la passer à gué, j’en ay dressé mon procès-verbal que vous trouverez ci clos, et comme par icelluy il est dit que le dit Pinne fermier être batelier dudit passage a dit qu’il allait sortir les arbres de ladite rivière , je m’informais hier par les poissonniers qui se retirèrent de Bordeaux si lesdits arbres étaient sortis, ils m’ont dit qu’il n’y en avait qu’un de sorti si bien qu’il y en reste encore trois. Voilà ce que j’ai cru de mon devoir vous en informer. J’ai l’honneur d’être avec votre profond respect Monseigneur. Votre très humble et très obéissant serviteur.
Mesteyreau
Un dénommé Momas demande à l’intendant d’intervenir sous peine de voir Bordeaux privé de poisson.
Monseigneur,
J’ai l’honneur de vous envoyer ci-joint le procès verbal que le Sr Mesteyreau, juge de Lateste a fait. …
Ce même juge m’écrit que les chemins auprès du dit passage, et du côté de Lamothe, est si mauvais et que si on ne le répare incessamment il ne sera pas permis de porter de poisson cet hiver à Bordeaux. Je joins aussi ici sa lettre afin que vous ayez la bonté de donner à cet égard les ordres que vous trouverez à propos.
Je suis avec un très profond respect Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur,
Momas
à Bordeaux le 3 août 1741
Ce 4 août 1741,
… enjoindre au fermier de retirer du fond de l’eau les arbres qui y ont été mis pour détruire le gué et faute de ce faire dans 8ne ordonner que les arbres seront ôtés à ses frais et dépens… (5)
Vers 1768, en vue de l’approvisionnement en poisson de Bordeaux et de la province, un mémoire (6) est produit sur la nécessité absolue de rétablir la chaussée et le pont de la Mothe.
Mémoire instructif sur les réparations indispensables à la chaussée et ponts de La Mothe dans la terre de Certes appartenant à M. de Civrac.
Les habitants des paroisses de La-Teste, Gujan, le Teich et Cazeaux sont a la veille de se voir privés du fruit de leur pêche et de leur labeur par le défaut de communication avec la ville de Bordeaux ; cet objet intéresse non seulement le soutien d’un vaste pays mais encore l’État à raison de cette partie de la marine et du commerce qui se font par mer et par terre entre les habitants de ces paroisses, Bordeaux et les ports voisins de cette ville. Ces quatre paroisses se trouvent enclavées entre la rivière de Leyre à l’est et la mer au couchant, en sorte que pour aller à Bordeaux il faut de toute nécessité passer cette rivière par des bateaux établis par M. le marquis de Civrac aux deux paroisses Mios et Lamothe dépendantes de la terre de Certes, il en retire un péage considérable.
Cette rivière qui vient du midi et va se dégorger au bassin d’arcasson après six lieues de traverse reçoit les eaux de la lande de plus de six lieux de haut, mais avant d’y arriver elles tombent quelques toises (7) au dessus dans un marais vis à vis le bateau de la Mothe, elles y croupissent étant retenues par un bois de haute futaie qui sépare le marais de la rivière, le passage de Mios outre qu’il allonge de deux lieues a le même inconvénient à la sortie de cette paroisse dans les lieux appelés Ponnau et la Canau de Florence où les eaux font des ruisseaux profonds qu’il faut passer à gué dans un seul endroit et qui sont très risqueux en hiver.
Le seul chemin praticable dans ce marais étant devenu trop dangereux, les habitants de ces quatre paroisses représentèrent leur triste situation il y a 10 ans à Monsieur l’Intendant qui sur le rapport des ingénieurs ordonna qu’il serait fait une chaussée qui traversât le bois et le marais de la Mothe par corvée de la part des habitants de La-Teste, Gujan, le Teich, et y serait aussi construit trois ponts aux frais des habitants des dites trois paroisses.
Cet ouvrage qui dura très peu de temps n’a pas été d’une longue utilité, il a fallu reconstruire deux de ces ponts et rétablir deux fois la chaussée, et il faut encore aujourd’hui renouveler cette opération.
Cet entretien passe les forces de ces trois paroisses. Elles sont entièrement épuisées, avec la douleur de voir leurs travaux et leurs dépenses infructueuses. Jusqu’à présent l’on a le mal au cœur d’être assurés que si l’on pouvait les continuer, ce serait en pure perte parce que les fossés de la chaussée étant insuffisants pour vider les eaux dans Leyre, elles y croupissent dedans, y font des boues de dix toises de profondeur, la crue des pluies venant la dessus, ce n’est qu’une mer depuis le marais jusqu’à la rivière qui empêche de pouvoir même distinguer la chaussée, d’où il arrive chaque année beaucoup d’accidents qui font perdre les charges, les chevaux et leurs conducteurs.
Cette triste expérience a fait connaître que pour rendre ce chemin praticable il fallait faire au nord de la chaussée des fossés larges et profonds depuis les ponts jusqu’à Leyre au travers du marais et des bois de M. de Civrac et les entretenir chaque année.
L’intérêt de ce seigneur dans le rétablissement de la chaussée est des plus sensibles, le marais dont s’agit se dessèchera par les tranchées et son bois en deviendra plus beau et s’étendra considérablement. Les paroisses de Mios, Biganos et Lamothe qui font presque toutes les voitures de ce pays en deviendront plus aisées, la nouvelle peuplade que les défrichements commencés annoncent dans sa terre s’y fixera pour toujours à cause de la facilité des transports et de la communication qu’ils trouveront avec les paroisses en deçà la rivière de Leyre, ce qui fera augmenter son droit de péage. Il aurait la satisfaction de voir que le remboursement suivrait de bien près ses dépenses, mais il serait encore plus sensible à l’utilité publique et à celle de l’État qui en résulteraient.
En effet, rien de plus nécessaire que la communication de ces quatre paroisses avec la ville de Bordeaux. Les premières fournissent à celle-ci dans sa provision du poisson frais et une bonne partie des résines, gouldron et de thérébentines dont elle fait une grande consommation et un gros commerce avec la Bretagne et la Normandie. Il est constant que ces denrées et marchandises ne peuvent être transportées que par terre et par la chaussée dont il s’agit ; les habitants des quatre paroisses prennent en échange leurs grains, leurs vêtements et toutes les choses absolument indispensables pour leur entretien, celle de leur maison et de leur pêche que la stérilité de leur pays leur refuse. C’est à la faveur de leur poisson et des gommes de leur bois de ping qu’ils peuvent être de quelques sensations à l’État par l’acquit de leurs impositions et l’apprentissage de quelques bons matelots. Il n’y a nul autre débouché que Bordeaux et, si sa communication en est interrompue, ces paroisses sont certainement anéanties et deviendront bientôt désertes.
La bonté et la sagesse du gouvernement ne saurait souffrir ce sacrifice de tant de malheureux, mais le remède ne saurait être trop prompt puisque, passé l’été, on peut assurer que cette communication est entièrement interrompue. Le rétablissement en serait alors plus coûteux au point qu’il y aurait de l’inhumanité à l’exiger des trois paroisses qui supportent depuis si longtemps cette charge.
Durant la période 1766-1773, la correspondance (8) de MM. Boutin, de Fargès et Esmangart (9), intendants de Bordeaux, avec le ministre Trudaine et les subdélégués fait état des réparations à entreprendre sur le chemin de Bordeaux à La-Teste. Intendant de Guyenne, du 10 mars 1770 jusqu’en 1775, Charles François Hyacinthe Esmangart ordonne aux syndics des paroisses de La-Teste et Gujan d’indiquer au charpentier chargé de la réparation des ponts de Lamothe de La-Teste, Gujean et le Teich, situés sur la route de Bordeaux à La-Teste-de-Buch, les bois pignadas les plus à portée pour, conjointement avec lui, faire couper ceux nécessaires à la réparation des ponts. Le transport desquels sera fait par corvée des bouviers desdites paroisses qui seront à cet effet commandés à tour de rôle par lesdits syndics. Charles François Hyacinthe Esmangart enjoint son subdélégué, le sieur Copmartin, de tenir la main à l’exécution de la présente ordonnance.
Le 7 décembre 1771, Peÿehan de Francon (10), commissaire à la subdélégation de Bordeaux résidant à La-Teste, reçoit l’ordre de M. l’Intendant de faire rétablir les ponts de lamote ; il charge de l’ouvrage le nommé Dignac, dit Moret, charpentier de ce lieu, tant de la coupe des bois nécessaires que de la fourniture des clous et main d’œuvre ; et pour lequel travail il lui serait payé la somme de cent livres ; dont le dit Dignac a promis de se contenter ce prix convenu que, entre nous et lui, devoir lui être compté aussitôt l’ouvrage achevé.
M. de Ruat demande une ordonnance qui enjoigne aux syndics de Lateste et Gujan d’indiquer au charpentier préposé pour les ponts de Lamothe, Gujan, Lateste, et le Teich les lieux les plus à portée desdits ponts pour y prendre les bois nécessaires, les faire équarrir et transporter sans délai aux lieux indiqués par les bouviers qui seront à cet effet commandés par rang et ordre dans les paroisses tenues à cette corvée &a. M. de Ruat demande une autre ordonnance qui, faute par eux d’obéir sans délai, les condamnent à 50£ d’amende (11).
Le 15 décembre 1772, Roche de Crassé (12), sous commissaire de seconde classe de la Marine à La-Teste-de-Buch, établit la liste des particuliers de la paroisse de La-Teste qui ont fourni, au mois de décembre 1771, le nombre de pins nécessaires aux réparations des ponts de Lamothe en vertu des ordres de M. Esmangart et à qui il doit en être tenu compte en conséquence de sa décision sur l’imposition du vingtième d’un chacun à raison de vingt sols par arbre.
À savoir :
– la dame veuve Taffard de la Ruade suivant le certificat du sieur Marichon syndic en cette année pour six arbres pin à vingt sols pièce 6£
– la demoiselle Taffard veuve Marichon pour six arbres pin 6£
– la même pour huit arbres pin 8£
– le Sr Eymericq notaire royal pour six arbres pin 6£
Roche de Crassé certifie que Dignac a exécuté avec exactitude les conventions faite entre M. Peïjehan et lui pour la réparation des ponts de Lamothe.
Le 13 mai 1772, en concertation avec M. Mouton, Charles François Hyacinthe Esmangart des Bordes ordonne au sieur Marquet, Receveur Général des finances de notre généralité, ou au S. Pouget son commis, de payer sur les fonds de la capitation de ladite année au nommé Dignac dit Moret, la somme de cent livres pour la réparation des ponts de Lamothe sur la route de Bordeaux à La-Teste. Cette somme semble avoir été payée par M. de Ruat.
Nous Jean Daisson dit Laverdure marchand habitant de la paroisse de Gujan, Syndic de la dite paroisse déclarons qu’ayant été requis par Martin Bosmaurin habitant de la paroisse du Teich maître charpentier et en cette qualité chargé de la réparation et entretien des ponts de Lamothe de lui indiquer les pins des pignadas répandus sur ladite paroisse de Gujan et dans lesquels il peut couper le nombre de trente pins. J’aurais en conséquence prévenu les résiniers de divers propriétaires dont quelques uns et principalement ceux des moins aisés ont fourni leur contingente portion. Mais lorsque les ouvriers dudit charpentier se sont transportés sur les pièces de la demoiselle de Precÿ marchande, habitante de ladite paroisse de Gujan, elle s’y est rendue et a si fortement menacé les dits ouvriers qu’ils ont été obligés de se retirer, ayant même défendu à ses résiniers d’en livrer aucune espèce de bois à peine d’en répondre et de voir prendre tant contre lui que contre les ouvriers la voie d’information. Que de là ayant passé dans les pièces appartenant à monsieur Taffard, ancien Conseiller à la Cour des aides, les résiniers ont répondu qu’ils avaient un ordre exprès de ce propriétaire pour empêcher qu’on ne coupât aucun arbre pins, en sorte que lesdits ouvriers auraient été obligés de se retirer. Il est pourtant certain que ses pièces sont remplies d’arbres morts qu’ils ne sont d’aucune valeur que pour les ouvrages de cette espèce et pour le feu. Ces insistances peuvent occasionner un très grand retardement aux réparations des ponts à cause du transport que les bouviers vont entrer dans les travaux de la récolte dont il ne sera guère possible de les détourner. De quoi avons dressé le présent procès-verbal en conformité des ordres de monseigneur l’intendant pour lui être adressé et en ordonner ce qu’il appartiendra.
Fait au village de Mestras, paroisse de Gujan, le neuvième juin 1773
Daisson Syndic
À Ruat le 9 juin 1773 (13) (En annotation, 12 juin 1772, par celui qui a reçu la lettre.)
Monsieur,
Vous avez été si utilement et si précieusement occupé que je n’ai osé détourner des soins dont vous êtes sorti avec tant d’avantages et de gloire pour le bien commun de la patrie.
Je chargeai mon fils de vous demander des ordonnances pour la coupe des bois et leur transport aux ponts de Lamothe. Comme le véritable moment et le moins onéreux à mon méchant public, il m’assura d’une manière si certaine que M. Copmartin se devait de me les envoyer pour les fêtes de la Pentecôte, que j’ai cru pouvoir adresser les ouvriers aux syndics de La-Teste et Gujan chargés de la fourniture des bois. Ils en ont en effet indiqué, mais les principaux possesseurs comme M. Taffard et la demoiselle de Precÿ père et belle-mère (14) du Conseiller au Parlement les ont si bien menacés et aux ouvriers qu’ils ont été forcés de se retirer. Il n’y a eu que les misérables chez qui on a coupé la plus petite partie du nécessaire et qui voyant que les opulents savent se faire laisser, emportent ou emporteront ces arbres quoique tous travaillés. Le syndic de La-Teste s’est constamment refusé à verbaliser de ces refus ou inhibitions. Et c’est un mauvais sujet, celui de Gujan a fait le sien que j’ai l’honneur de vous adresser afin que vous preniez sur cela les voies que votre bonne justice vous inspirera, ils ont d’autant plus de blâme que ces pins ne sont d’aucune valeur ni rapport, étant tous morts, ou, tout comme, jugés par cette conduite de celle qu’on tiendra pour les transports, les bons exemples que je leur ai toujours montré n’ont été d’aucun effet. Le doublement de leurs impositions serait peut-être un moyen de les ramener car il faut des peines graves à une indocilité aussi soutenue.
Mon zèle pour le bien commun me porte encore à ne pas tout abandonner pour me mettre à l’abri de ces impertinences et à voir comment les choses vont se passer. Mais, j’espère que si elles ne prennent pas une autre tournure, vous ne trouverez pas mauvais que je ne me mêle plus de cet objet. Il est en vérité humiliant pour le premier d’un lieu en tout genre de se voir traversé par une marchande de toile et de lie à ma porte d’une manière aussi ouverte et indécente. Nous touchons aux métives et il n’y aura plus moyen de rien faire ni ordonner.
Nous n’avons pas encore manqué de pain mais le froment est sur sa fin. Si même il n’a fini à La-Teste. C’est la faute des boulangers parce que je les ai prévenus qu’ils en trouveraient à Bordeaux. Mais le général mange du seigle. J’ai agi de manière que tout a été et sera je crois tranquille. Il faut espérer que grâce à vos mouvements et intelligences, ce bien si précieux va régner en tous lieux. J’ai l’honneur d’être avec autant d’attachement que de respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,
Ruat
Dans la correspondance (15) de M. Dupré de Saint-Maur, intendant de Bordeaux, avec M. le ministre Necker et les subdélégués, il est fait état, de 1777 à 1784, des réparations à faire au chemin de Bordeaux à La-Teste. Ainsi que dans la correspondance (16) de MM. Dupré de Saint-Maur et de Neville, intendants de Bordeaux, avec les subdélégués. En 1776, le tronçon de Lamothe à Bordeaux avait été restauré, mais dans des conditions si imparfaites qu’en hiver les charrettes avaient peine à rouler…
Sur la carte des Côtes de Gascogne de Royan à Bayonne dressée en 1650 outre Teste, ND Dracason, Cap Heruiet, Cartes (Certes), vous remarquerez le curieux tracé de l’Eyre…
 
1 – AD Gironde C 2589.
2 – Baleste possédait probablement la seigneurie d’Audenge.
3 – Grâce à la protection du cardinal Fleury, dont il partageait le goût de l’ordre et l’austérité, Philibert Orry avait été nommé contrôleur général des finances en 1730.
4 – Il avait épousé Marie Lalanne, le 26 août 1717.
5 – AD Gironde C2589.
6 -AD Gironde C 3672.
7 – 1 toise = 6 pieds = 72 pouces = 864 lignes = 1,949 m (1 ligne = 12 points)
8 – AD Gironde C1890.
9 – Charles-François-Hyacinthe d’Esmangart (1736 – 1793), intendant de Guyenne de 1770 à 1775.
10 – Ce doit être François Honoré Peyjehan de Francon (1748-1803).
11 – AD 33 C 1890.
12 – Louis Barthélémy Roche de Crassé, né avec de l’esprit, a toujours eu une conduite fort dérangée. Suite à des malversations qui pouvaient conduire à la peine de mort – il a puisé 40 à 45 mille livres dans la caisse destinée aux campagnes des gens de mer – il se trouve être détenu au château de Lourdes en 1782 ; son épouse, qui est une femme respectable et une protégée de madame la maréchale de Mouchy et madame la Demoiselle de Duras, obtient du maréchal son transfert à Navarrenx où il se trouve en 1786, depuis plus de trois ans, atteint de goutte inflammatoire qui l’ont retenu dans les souffrances les plus affreuses ; le médecin conseille une cure aux eaux chaudes de Barèges (Fonds Marine C7 279).
4 enfants sont nés à La-Teste de Buch de 1773 à 1779 ; un décès en 1773. geneanet & geneweb.
Nous avons par ailleurs – dates non concordantes – Paul Dominique Texier, écuyer, Seigneur de la Pegerie, des Garenes et du Petit Saint-Mégrin, officier au régiment de la Sarre, épouse en l’église St-Seurin de Bordeaux, le 8 juin 1781, Jeanne Lucie, fille de Louis Barthelemy Roche de Crassé, Commissaire de la Marine à Bordeaux, et de Lucie Dubois de Saint-Georges.
13 – AD Gironde C 1890.
14 – Jean-Baptiste Taffard, né à La-Teste le 22 octobre 1743, notaire, Conseiller au Parlement de Bordeaux, nommé à l’intendance de Saint-Domingue, mort en se rendant en cette colonie à bord du vaisseau royal Le Palmier en rade de Fort-Royal (Martinique) le 25 février 1780, s’est marié à Jeanne Gourgon de Précy, née le 7 septembre 1749 à Gujan-Mestras, décédée le 4 juillet 1813 à Moreuil.
Le père et belle-mère du Conseiller au Parlement seraient donc :
– Nicolas Taffard (1720-1784), Conseiller à la cour des Aides, marié à Marie Baleste-Tahard, le 5 février 1743.
– et Marie Godenèche, la mère de Jeanne Gourgon de Précy ; veuve en 1738 de Jean Baleste-Marichon, négociant ; veuve de Jacques Gourgon de Précy. Marie Godenèche habite Gujan lorsqu’elle teste le 30.3.1787 puis le 3.12.1787 (Notaire Dufaut).
Jacques Gourgon de Précy était veuf de Marie Dumora (X 9 juillet 1727, Salles) puis de Marie Baleste-Marichon (X 16 juin 1737), épouse ensuite Marie Godenèche (X 13.11.1743 à 33 Salles).
15- AD Gironde C1906.
16- AD Gironde C1916.