Arcachon – 16 mars 1914 – L’affaire Caillaux
Le 15 Juillet 1914. L’Europe ignore les conséquences de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajévo et le Sénat vote la création de l’impôt progressif sur le revenu soutenu par Joseph Caillaux, président du parti Radical et ministre. Une réforme qui verra le sang couler au Figaro.
Le directeur du Figaro, Gaston Calmette est proche du député Jules Roche et de sa Ligue des contribuables, farouche opposant au ministre Joseph Caillaux, passé de la droite au radicalisme et qui porte la réforme. Sentant leur cause faiblir, et pour soutenir l’opposition, il décide de publier la correspondance intime de Caillaux avec sa maîtresse, Berthe Gueydan.
Et les lecteurs du quotidien notamment pourront lire une lettre datée du 5 juillet 1901, et signée “ Ton Jo “ dans laquelle Caillaux fait figure de politicien hypocrite.
Henriette Caillaux, sa femme, ne le supportera pas. Le 16 mars 1914, elle se rend froidement dans le bureau de Gaston Calmette au Figaro et l’assassine. Contraint de démissionner dès le lendemain (17 mars 1914), Caillaux défend sa femme lors du procès, qui se clôt le 28 juillet avec son acquittement.
On reproche à Caillaux le rapprochement franco-allemand qu’il n’a eu de cesse, sa vie durant, de préconiser. Accusé, lors de l’instruction, de trahison et de complot contre la sûreté de l’État, il est traduit devant le Sénat, constitué en Cour de justice. Il est jugé deux fois, avant d’être condamné en février 1920, après la fin du conflit, à trois ans d’emprisonnement. Il est finalement amnistié en 1925.
Après sa sortie de prison, Henriette et Joseph Caillaux louent la villa « Les Orchidées », située place des Palmiers, à Arcachon. Le couple y accueille tout ce que Paris compte de ministres, futurs ministres, sénateurs et députés.
Il fait son retour en politique. Il sera ministre des Finances en 1925 (gouvernement Painlevé). Joseph Caillaux est aussi l’un des précurseurs de la lutte contre les paradis fiscaux.
Il meurt en 1944, presque oublié. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.