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Arcachon – Visite du Moulleau, partie sud

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Départ sur le paris de l’église Notre-Dame des Passes

Notre-Dame des Passes

Projetant de créer une nouvelle station climatique au Moulleau, deux entreprenants Bordelais, beaux-frères de surcroît, MM. Aurélien de Grangeneuve et William Papin y acquirent 32 hectares, le 10 février 1863.

Le site était également convoité par les Dominicains qui souhaitaient y établir un couvent pour les membres de leur Ordre, malades ou fatigués. Un arrangement fut trouvé. MM. de Grangeneuve et Papin donnaient aux Dominicains une chapelle et du terrain ; en échange, les pères s’engageaient à entretenir la chapelle et à assurer le service du culte.

Cette chapelle fut construite en 1863-1864 par l’architecte bordelais Louis Garros, décorée par M. Bourdieu et inaugurée le 24 mai 1864 par le cardinal Donnet.

 

L’architecte Michel-Louis Garros naquit à Barsac en 1833. Après ses études à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Constant Dufeux, il travailla sous la direction d’Eugène Lacroix aux projets de restauration du Palais de l’Elysée. Il s’établit à Bordeaux en 1860 et ses premiers travaux furent les fontaines du Marché royal et de la place Fondaudège. Il réalisa de nombreux châteaux dans le vignoble bordelais et c’est à lui que l’on doit, à Arcachon, le Collège Saint-Elme et la Chapelle du couvent des Dominicains du Moulleau, inaugurée le 24 mai 1864 par le cardinal Donnet.

En 1887, il reçut la grande médaille du jury lors de la séance solennelle du Congrès des architectes français. En collaboration avec ses deux fils Jean et Alexandre, il termina sa carrière par l’important château de Valmirande (classé monument historique) à Montréjeau (Haute-Garonne) pour le baron de Lassus. Louis Garros est décédé le 8 mai 1911, à Bordeaux.

Notre-Dame des Passes fut ensuite officiellement cédée le 7 décembre 1875 à quatre pères Dominicains.

Mais, après bien des péripéties consécutives au décret du 29 mars 1880 et à la loi du 1er juillet 1901, ceux-ci furent contraints de quitter le Moulleau en avril 1903.

La chapelle, qui aurait dû revenir à l’Etat, fut alors revendiquée par la Société Anonyme et Immobilière du Moulleau, désormais détentrice des droits de MM. de Grangeneuve et Papin. L’affaire fut portée devant les tribunaux. Les Pêcheries de l’Océan qui avaient succédé à la Société Immobilière obtinrent gain de cause et louèrent Notre-Dame des Passes à l’archevêché, avant d’en faire don en janvier 1927 à l’association diocésaine.

En 1928, la chapelle de Louis Garros fut agrandie par son fils Alexandre tandis que sa décoration était rehaussée par Jean-Baptiste Vettiner.

En 1929, la cloche principale, œuvre du fondeur tarbais A. Darricau, fut bénie. Le 16 juillet 1932, le conseil municipal décidait l’aménagement de la dune.

Les travaux furent réalisés en 1933 et aboutirent à la création du square qui accueillera à mi-pente, en août 1958, une Vierge due au ciseau d’Henri Charlier (1883-1975).

Henri Charlier (né le 18 avril 1883 à Paris 10e et mort le 24 décembre 1975 au Mesnil-Saint-Loup) est un peintre et sculpteur, considéré comme l’un des plus importants artistes chrétiens de l’Entre-deux-guerres. Il est également l’auteur d’essais sur l’art et la musique. Dans sa maison du Mesnil-Saint-Loup, située dans le département de l’Aube, il forme et accueille de nombreux autres artistes, dans un style qui vise à débarrasser l’art chrétien du style sulpicien.

En juillet 1953, la réparation des clochetons fut envisagée ; en mars 1954, elle n’avait toujours pas été menée à bien et certains penchaient désormais pour leur démolition pure et simple. Ce qui fut fait quelques années plus tard : Notre-Dame des Passes doit en effet son aspect actuel aux travaux, débutés par la suppression des « coupoles », qui durent être effectués vers 1960.

Le 13 décembre 1991, la Vierge de l’Avent, du sculpteur Thomas, prit place dans la nef. Conservée à l’origine dans la maison mère des Filles de la Charité, située rue du Bac à Paris, la Vierge de l’Avent doit être déplacée lorsque la maison est incendiée en 1870. Ce n’est finalement que le 13 décembre 1991 que la statue est installée dans l’église Notre-Dame-des-Passes d’Arcachon, à droite de l’autel.

Gabriel-Jules Thomas, né le 10 septembre 1824 à Paris, et mort dans la même ville le 8 mars 1905, est un sculpteur français qui obtient le prix de Rome de sculpture en 1848 Il est membre de l’Académie des beaux-arts en 1875, et devient professeur à l’École des beaux-arts de Paris.

Enfin, au printemps 1998, un nouveau vitrail, de style byzantin et réplique de celui posé en 1920, vint illuminer le chœur.

Gabriele D’Annunzio

Cet homme de lettres italien, né à Pescara le 12 mars 1863, séjourna à Arcachon, plus précisément au Moulleau de 1910 à 1915. Fuyant ses créanciers et sa maîtresse Nathalie de Gouloubeff (surnommée Donatella), il s’installa le 6 juillet 1910 à la villa Saint-Dominique, louée par Romaine Brooks. Il séjourna ensuite villa Caritas, avant de revenir à la villa Saint-Dominique qu’il quitta définitivement le 29 avril 1915 ; il rentra en Italie pour prononcer à Gênes, le 5 mai, le discours du Quarto où il appelait les Italiens à se ranger aux côtés de la France contre l’Allemagne. Le soldat poète, qui s’était rapproché de Mussolini et avait conduit l’expédition de Fiume, s’éteignit le 1er mars 1938 à Gardone Riviera.

Pendant son séjour au Moulleau, D’Annunzio écrivit : La Contemplation et la Mort, La Léda sans cygne, Le Chèvrefeuille, Le Martyre de Saint-Sébastien. Il rédigea donc le discours prononcé sur le rocher de Quarto et composa Quatre sonnets d’amour pour la France.

Après le départ de Romaine Brooks, D’annunzio loue pour Donatella la villa Les Flots, actuellement avenue de la Plage à Pyla-sur-mer.

 

Villa Alba, chemin des Pères et avenue Louis Garros

 

Les dominicains souhaitant installer un collège préparant les élèves aux métiers de la marine se tournent vers Le Moulleau où existe déjà un couvent de leur ordre. En 1872 l’Ecole centrale maritime du Père Baudrand, Saint-Elme, s’installe Villa Alba après avoir été l’année scolaire précédente villa Mélusine, boulevard de la Plage.  (BSHAA n° 95). Très vite trop petite, les dominicains louent l’école de Saint-Ferdinand, l’ancien collège d’Adalbert Deganne où ils accueillaient les enfants des hôtes de marque séjournant à Arcachon ainsi que quatre hectares de terrain et ils créent le collège Saint-Elme qui possède alors trois bateaux pour la formation des élèves. Il devient en 1880 collège d’enseignement général.

La comtesse Gouloubev, maîtresse de Gabriele d’Annunzio y réside avant la guerre de 1914. Les habitants du Moulleau, qui ont payé l’église eux-mêmes pour l’éducation de leurs enfants, doivent passer devant chez elle pour aller à la messe et la saluer. Ils lui font comprendre qu’il vaudrait mieux qu’elle aille habiter ailleurs. (BSHAA n° 77)  Elle ira Villa Blanche avenue Henri de Régnier.

Pendant la guerre de 1914-1918 la villa est transformée en hôpital qui devient le plus important d’Arcachon.

 

Terminus du Tramway

 

Pâtisserie Guignard

 

L’Oubli, au Moulleau

Se fait remarquer par ses vitres décorées.

 

Délices glacées

 

Enfants Terribles

 

Villa Vert logis 264 boulevard de la Côte d’Argent

 

De style néo-basque, sa façade principale est dominée par les vides répartis sur les extrémités. Le motif central est une sorte de bow-window.

 

Pyla-sur-Mer – Lyside et Canope, place de Lattre de Tassigny 

James Veyrier-Montagnères (1852-1934) possède de magnifiques terrains qui ont une grande valeur, en 1925, il vend ses terrains de l’entrée de Pyla-sur-mer à une société de Grenoble qui doit y construire 14 chalets[1] [5].

 

Roger-Henri Expert né le 18 avril 1882 à Arcachon, décédé le 13 avril 1955 au château de Calvimont à Cérons, inhumé à Arcachon. Fils d’un négociant bordelais, après ses études secondaires au collège Saint-Elme à Arcachon, suit des études, à l’école municipale des Beaux-arts de Bordeaux, en peinture à partir de 1903 puis en architecture à partir de 1905 ; il entre dans l’atelier de Gabriel Fargeaudoux (1865-1956) à Arcachon  lorsque celui-ci élabore le projet du boulevard de la Plage, à Arcachon. Roger-Henri Expert obtient son diplôme d’architecte, en 1912, et, la même année, le Second Grand Prix de Rome. Il s’associe à son ami Edmond André Granet, gendre de la fille de Gustave Eiffel, pour créer un cabinet qui s’adresse à une riche clientèle.

Ses œuvres sont peu nombreuses mais originales, alliant classicisme et modernité. Parmi ses réalisations majeures on retiendra le Pavillon du Tourisme, et celui des Grands Réseaux des Chemins de Fer Français, à l’Exposition de Grenoble (1925) ; à cette occasion, Roger Expert collabore avec l’entrepreneur grenoblois Dotto.

En 1925-1926, Roger-Henri Expert dessine les villas jumelles Lyside et Canope[2] [6], et Vert-Logis. Il confie la direction du chantier à son ancien professeur, Gabriel Fargeaudoux. Les trois villas sont construites par Dotto, pour lui-même, sur un terrain appartenant alors à Jules Guérin.

Deux autres réalisations d’Expert, Kypris que nous allons voir et Téthys au Pyla.

 

La configuration du terrain détermine le parti d’implantation de Canope et Lyside : la dune a été aplanie en façade et nous la retrouvons en arrière du terrain ; les façades s’incurvent sur la circonférence du cercle dicté par le rond-point adjacent.

Il n’y a pas d’entrée du côté du rond-point : Expert trace une voie privée qui subdivise le terrain et autorise l’ouverture d’une entrée latérale (l’accès aux maisons et au terrain situé en enclave), élément qui s’apparente aux « villas parisiennes ».

Dans un langage qui accepte le répertoire du régionalisme – façades blanches, tuiles canal, volets de bois peints en vert – la volumétrie tire parti de cette disposition contradictoire du site et de la distribution.

Ouverte en ailes de papillons, la rotonde largement ajourée s’équilibre sur des refends perpendiculaires ; dans la tradition classique, le centre est l’espace approprié au salon avec un balcon ou une terrasse pour le prolonger.

Par suite de la courbure de la place, les deux ailes[3] [7] forment un angle brisé qui étrangle curieusement l’avant-corps central.

Les trois arcades des baies du rez-de-chaussée se trouvent enserrées par les arcades ouvertes du patio dont l’alignement prolonge les façades latérales, refermant la terrasse vers le bosquet de feuillages qui en occupe la pointe.

En fait, le centre d’intérêt n’est pas la façade : les lignes convergentes du plan dessinent en avant de celle-ci un espace majeur, la terrasse[4] [8].

Nous avons noté différents propriétaires pour Canope : Dotto, 18 rue d’Alembert à Grenoble ; Mme Letourneux, directrice d’école à Chasseneuil (Charente), la villa est réquisitionnée du 27 septembre 1941 au 30 septembre 1944 ; François Feriel en 1966.

Pour Lyside, à nouveau Dotto ; en 1944, Charles Thorel loge Mme Thibault qui est expulsée de sa villa Yane-Moriss.

 

L’Octroi

 

Fin 1930, après entente des municipalités intéressées, certains receveurs de l’Octroi d’Arcachon se voient confier le recouvrement des droits d’octroi sur les marchandises à destination du Pyla et du Cap-Ferret transitant par Arcachon. À cet effet, les marchandises à destination du Pyla, sont déclarées au bureau d’Arcachon-Moulleau placé à l’angle des routes de Moulleau et de la Corniche[5] [9].

 

L’Octroi devient débit de boissons

 

Le 8 août 1955, l’industriel Henri Olivari[6] [10], né le 29 octobre 1913 à Pau, directeur des Pêcheries de l’Océan, déclare vouloir ouvrir un débit de boissons boulevard de la Côte d’Argent (place du Maréchal de Lattre de Tassigny).

 

Le golf miniature et les jeux d’enfants installés par MM. Olivari et Viot en 1955 troublent la tranquillité du quartier jusqu’à une heure avancé de la nuit[7] [11].

 

La salle de jeux et le golf miniature sont gérés, depuis les années 1970 jusqu’en 2003, par Bernard et Lucette Arnault ; En 1978, on peut y faire du skate[8] [12].

Le golf miniature ferme ses portes en 2005.

 

Cabane des douaniers

C’est la plus ancienne construction existante au Moulleau et l’une des dernières cabanes de douane situés sur la côte, la plupart des cabanes côtières ayant été emportées par les tempêtes ou l’érosion des plages.

La date de sa construction est inconnue, elle est mentionnée à partir de 1833 dans des compte–rendus de promenade et devait être alors très récente. Aucun document ultérieur ne parle de sa reconstruction ou de son agrandissement.
Il s’agit donc vraisemblablement de la cabane d’origine.

  L’Administration des Douanes avait été créée en mai 1791 en remplacement du système des Fermiers Généraux dont l’une des principales tâches était la perception de la gabelle, l’impôt sur le sel, d’où vient le nom de gabelous souvent utilisé pour les douaniers. La présence de marais salants à Certes avait entrainé la présence de nombreux gabelous sur le Bassin d’Arcachon où la contrebande de sel et de tabac était très importante.

 

Vers 1850, la douane avait été réorganisée, la brigade du Moulleau, comme ses voisines de la Pointe Sud et du Moueng (actuellement l’Aiguillon) dépendait de la Lieutenance de La Teste.

Elle comptait 4 douaniers dont un brigadier, auxquels s’ajoutaient les chevaux ou les mules et deux bêtes au pacage, sans doute des vaches, pour améliorer l’ordinaire. Un puits d’eau douce, situé à quelques mètres, existe toujours.

 

Au début du 18e siècle, il existait un corps de garde à la « Pointe Sud » (au Petit-Nice), la cabane du Moulleau provient peut-être d’un dédoublement de ce corps de garde. A l’époque, le terme de Pilat était peu précis, notre cabane sera d’ailleurs située au Pilat dans les documents douaniers jusqu’en 1896.

 

Les douaniers surveillaient la côte et patrouillaient sur leurs chevaux ou leurs mules le long de la plage, secouraient éventuellement les naufragés mais étaient aussi appelés en cas de feu de forêt, ou pour faire respecter la limitation du ramassage des huitres et des pétoncles en1840.

Ils devaient aussi soigner leurs chevaux et assurer toutes les tâches ménagères.

 

La cabane du Moulleau eut son heure de gloire lorsqu’elle servit de repère pour fixer la limite entre La Teste de Buch et la nouvelle commune d’Arcachon en 1857. En fait, la cabane était trop grande pour servir de repère, une borne en pierre a été posée et existe toujours.

Le dernier document mentionnant la présence de douaniers date de 1926, la cabane sera achetée peu après par Jean-Baptiste, James Veyrier Montagnères qui avait été maire d’Arcachon de 1897 à 1922 et intégrée à sa propriété de Risque Tout. Elle appartient toujours à sa famille.

 

Contrairement aux villas du front de mer, évidement tournées vers la plage, la cabane est tournée vers le sud où se trouve son entrée, c’était le côté le plus agréable pour des douaniers y habitant toute l’année. Comme dans les maisons traditionnelles de la région, les murs extérieurs et le mur séparant les deux pièces principales ont été construits d’une ossature de colombages et d’un remplissage de torchis composé de paille, de terre et de sable. L’écurie était à l’intérieur, côté ouest, la réserve de paille et de foin ainsi que l’armurerie étaient certainement aussi de ce côté.

 

Les murs nord et ouest, les plus soumis aux intempéries, ont été reconstruits en dur vers 1960 en conservant rigoureusement les dimensions initiales et les huisseries d’origine, les autres façades n’ont pas été modifiées. A l’intérieur, on retrouve sur certaines pièces de bois la trace des scies à main utilisées à l’époque.

 

Bien entretenue et toujours solide malgré son âge, la cabane des douaniers est l’un des principaux éléments de notre patrimoine moulleaunais.

Francis Hannoyer

Villa Risque-Tout, allée Risque-Tout

Tout d’abord simple chalet en bois composé d’un rez-de-chaussée elle appartenait à M. Mialhe, courtier en vins. La villa Risque-tout fut achetée par M. Veyrier-Montagnères qui la fit raser et ne garda que le nom.

Magnifique villa en bord de mer de Jean-Baptiste Veyrier-Montagnères, agent de change à Bordeaux et maire d’Arcachon (1897-1922), à la frontière du Moulleau et du Pyla, symbolisant la rivalité ne cessant d’exister entre Arcachon et La Teste depuis leur scission. Il la fait construire en 1894 par Alaux et l’entrepreneur Pierre Blavy (L’Avenir d’Arcachon du 24 juin 1894) et la garde jusqu’en 1922. L’ancienne cabane de la douane se trouve dans le jardin. La villa est un des hauts lieux de la vie mondaine arcachonnaise. Les invités appartiennent à des milieux variés puisqu’il accueille avec une égale courtoisie les têtes couronnées et les membres de l’aristocratie européennes, des hommes politiques, des artistes, des savants, des sportifs ou de simples administrés.

Il donne une réception en l’honneur de la reine Ranavalona de Madagascar détrônée par Galliéni, en séjour au Grand Hôtel d’Arcachon en 1901. (D’Arcachon à Andernos p. 323)

Le 26 mai 1902, il reçoit à déjeuner le souverain monégasque Albert Ier de Monaco en visite scientifique sur le Bassin. Hôte qui revient trois ans plus tard pour donner une conférence sur l’océanographie. (Le B. d’ARC des Cottin p. 117 et 126)

En 1910 la princesse Eulalie, sœur d’Alphonse XII, et sa suite viennent prendre le thé lors de son séjour chez la comtesse de Rénesse. (SHAA n° 127 p. 32)

Le 19 mai 1912, la Musique Municipale vient y donner un concert avec au programme : ” Le Grognard, de Parès, l’ouverture du Jeune Henri de Méhul, O Bellos Mountagnos, de Petit, Salambô, fantaisie de Reyer, Polonaise de concert, de P. Vidal et, pour conclure, La Marseillaise de Rouget de l’Isle “. (Harmonies Arcachonnaises 1861-2000 de Michel Boyé)

Le 8 juin 1915 JBJ Veyrier-Montagnères fait immatriculer une Panhard et Levassor X19.

En septembre 1948 le président de la République Vincent Auriol vient y passer un week-end. (BSHAA n° 145 p. 105)

En 1948, elle aurait été acquise par l’Association des Allocations Familiales de la Nièvre) (Conseil municipal du 29-11-1948).

Elle est transformée en immeuble en 1950, c’est la Résidence Mar Y Sol, allée Risque-Tout au Moulleau. Une partie de la construction a été gardée et une autre démolie pour être refaite différemment.

 

Villa Jeanne d’Arc, avenue Saint-François Xavier

On longeant la plage, elle est à la droite du Grand Hôtel du Moulleau.

Elle appartient à M. Jules Assémat en 1924 (annuaire Delmas) et encore en 1975. Leur fille 

Jacqueline épouse roland Calvet.

 

Villa Kypris, 2 avenue Saint-François Xavier, en bordure de plage

Conçue en 1926 par Roger-Henri Expert dans le plus pur style Art déco, elle frappe par sa sobriété, la symétrie de l’ensemble et l’harmonie de ses proportions.

Construite en béton pour un ancien directeur de la Banque de France, M. Guérin, elle appartient toujours à sa famille. Expert s’est inspiré de l’architecture palladienne avec de très hauts plafonds. En bas-relief, la naissance d’Aphrodite. La maison est conçue pour les réceptions. Deux Cyprès Lambert encadraient l’entrée.

Roger Expert a construit cinq maisons au Moulleau ou au Pyla : Vert Logis de style néo-basque, puis Canope et Lyside les deux sœurs jumelles, Kypris la plus décorée intérieurement qui sera très remarquée et recopiée et Téthys sa grande soeur.

Kypris servit de décor principal, avec la villa La Bretagne, au film « Mère et fille » avec Catherine Deneuve tourné en 2008.

 

Rue du Débarcadère

Cette voie doit son nom à la jetée qui fut construite à son extrémité nord en 1933 (décision du conseil municipal du 10 novembre 1932). Ce débarcadère fut détruit et remplacé par l’actuelle jetée du Moulleau construite dans l’axe de Notre-Dame des Passes en 1973.

 

Grand Hôtel du Moulleau

12 février 1898 : projet de construction à l’instigation de Veyrier-Montagnères.

 

20 mars 1905 : départ de la caravane qui doit parcourir le tracé du futur « boulevard automobile » d’Arcachon à Biarritz. (Emmenée par Maurice Martin (1861-21 mars 1941), cette caravane parvint le soir même à Mimizan où la côte girondino-landaise fut baptisée « Côte d’Argent » par Maurice Martin lui-même).

En août 1907, Alphonse XIII qui a épousé l’année précédente la princesse Victoria Eugénie de Battenberg, nièce du roi d’Angleterre, vient en visite officielle à Arcachon. La municipalité offre à ses hôtes un somptueux déjeuner qui plaît tant à Alphonse XIII qu’il revient incognito dans ce lieu le 27 novembre 1910. (Le Bassin d’Arcachon des Cottin p. 129)

François Mauriac y passe une semaine, du 23 au 30 août 1913 avec sa femme Jeanne Lafon qu’il a épousée le 6 juin précédent à l’église de Talence.

En janvier 1926, arrivée du prince et de la princesse Radziwill.

En novembre 1939 l’hôtel est réquisitionné par le Service de santé des Armées.

En 1945,  il abrite le service automobile du C.A.B.E.O. (Centre administratif de la Brigade d’Extrême-Orient). Son garage permet l’entretien d’un parc disparate de véhicules de récupération : camions Citroën P45, Renault, Ford, GMC et Jeeps. (BSHAA n° 88)

La résidence Royal-Moulleau occupe sa place, la structure générale du bâtiment ayant été préservée.

 

Claude Debussy – Né le 22 août 1862 à Saint-Germain-en-Laye, Achille-Claude Debussy séjourna à Arcachon pour la première fois, en août 1880, villa Marguerite ; il était musicien accompagnateur attaché à la “ maison ” d’une richissime veuve, Mme von Meck. En juin 1904, il vint retrouver villa Laure-Raoul sa maîtresse Emma Bardac, nièce d’Osiris, laquelle deviendra sa femme en 1908. Son ultime séjour arcachonnais, en famille avec femme et enfant, se situe en octobre 1916 au Grand Hôtel du Moulleau. Entre-temps, en 1910-1911, Gabriele D’Annunzio* lui avait demandé de mettre en musique son Martyre de Saint-Sébastien, dont le rôle allait être créé le 22 mai 1911 par Ida Rubinstein.

L’auteur immortel de Pelléas et Mélisande mourut le 25 mars 1918 à Paris.

 

Le canon

En fonte, calibre 36, quatre exemplaires figuraient sur l’inventaire de 1814. Le plus gros modèle en service à cette époque avec une masse de 3,8 tonnes

Avenir d’Arcachon N° 2417 du 5/2/1899 – Moulleau – La dernière tempête a quelque peu éprouvé le littoral de Moulleau, preuve nouvelle que s’impose l’exécution de travaux pour la Défense de la Plage.

Le mouvement des vagues avait mis à nu un canon assemblé qu’on a monté jusqu’à l’hôtel de Moulleau. Ce canon faisait partie de la batterie installée en 1806 par Napoléon 1er à l’époque du blocus continental. De cette batterie trois canons avaient été enlevés par les érosions de la mer et ensablés ; les trois qui restaient ont été crainte de les voir aussi se perdre, enlevés en 1870 par l’administration de la guerre. Celui dont nous parlons mesure 3 mètres 35 de long ; son affût est encore à sortir des sables.

Les travaux du Grand-Hôtel de Moulleau sont poussés avec activité : la façade de l’hôtel formera un cintre exposé au midi.

Un grand nombre de villas et chalets se bâtissent dans les bois environnants et en bordure de chemins nouveaux.

 

La jetée

Construite dans l’axe de Notre-Dame des Passes en 1973.

 

Villa Sainte-Anne, 1 avenue Notre-Dame des Passes

Cette villa au pied de l’actuelle jetée du Moulleau et voisine du Grand Hôtel du Moulleau, a été construite en 1898 par l’architecte E. Drouin pour M. et Mme Octave Calvet. (L’Avenir d’Arcachon fin 1901 parle de la construction qui vient d’être faite par l’architecte Monginoux de Bordeaux et Blavy).

Elle s’appelait Calvet avant de prendre le nom de Sainte-Anne qui fut suivi de Ker Sainte-Anne, puis de  Ker Maden et fut démolie en 1978 avec quatre villas avoisinantes pour permettre la construction d’une résidence.

Parmi ses hôtes célèbres, l’infante Eulalie, tante du roi d’Espagne Alphonse XIII, vint y prendre le thé le 27 août 1910 à l’invitation de ses propriétaires.

L’Avenir d’Arcachon signale le 8 avril 1928 « la belle villa Sainte-Anne, avenue N.D. des Passes, appartenant à M. Calvet, acquise par un puissant groupe immobilier, va être transformée en un somptueux palace assurant à nos hôtes de choix tout le confort désirable »

La villa fut rachetée en 1928 par Marcel Gounouilhou qui sera élu maire d’Arcachon l’année suivante. Il confia à l’architecte Jules de Miramont le soin de réaliser d’importants travaux de transformation, qui donnèrent à la villa un aspect plus massif, rappelant le style des riches demeures normandes avec de larges ouvertures, un porche à colonnes et des pergolas. Une piscine, un luxe rare à l’époque, fut creusée en bordure de la plage. La villa fut rebaptisée Ker Maden. A l’issue des travaux fut donnée une somptueuse « garden partie » le 2 août 1934.

En 1945, elle devient le mess des officiers de la Brigage Marine d’Extrême-Orient. (BSHAA n° 88)

 La propriété fut ensuite revendue en 1947 à M. Fourès. Elle sera démolie en 1978 pour construire la résidence Front de Mer.

Un article de Gilles Brissonneau-Steck paru en 1978 donne une toute autre version des débuts de la villa. Pour lui elle est bâtie en 1887 par Marcel Ormières et de Villiers sous le nom de Sainte-Clarre pour M. Vourges. Vendue en 1911 à la famille de Caraman Chimay, en 1922 à la famille d’Anglade et en 1928 à Gounouilhou.

 

[1] [13] – L’Avenir d’Arcachon des 2 juillet 1922 & 18 octobre 1925 ; d’autres sources indiquent que M. Guérin est propriétaire du terrain lors de la construction de Canope et Lyside.

[2] [14] – Lyside (appelée aussi Mélissa) était la fille de Proclée, le tyran d’Épidaure, et d’Éristhénée, fille elle-même d’Aristocrate et soeur d’Aristodème, lesquels étendaient leur pouvoir sur presque toute l’Arcadie (cf. Héraclide du Pont, livre sur le Pouvoir).

Lyside  avait pour époux Périandre. Elle en eut trois enfants, Cypselos, Lycophron, et une fille. Le cadet était intelligent, l’aîné simple d’esprit.

Canope est le nom d’une divinité des eaux de la civilisation égyptienne, représentée sous la forme d’un vase surmonté d’une tête d’homme ou d’animal. Pilote d’Osiris pour les Égyptiens, il est également cité sous le nom de Canopus par les Grecs anciens comme étant le pilote du bateau de Ménélas après la guerre de Troie.

[3] [15] – La villa Blœmenwerf – bâtiment de forme polygonale – située à Uccle (Bruxelles) construite en 1895 par l’architecte Henry Van de Velde (1864-1957) a pû servir de modèle.

[4] [16] – Roger-Henri Expert, architecte, 1882-1955, Culot, Institut Français d’Architecture, 1983

[5] [17] – Conseil municipal de La Teste-de-Buch du 23 septembre 1930.

[6] [18] – Petit-fils de James Veyrier-Montagnères [19].

[7] [20]AMLTDB NC1706

[8] [21] – Guide du Skate France International, n° 5, 1978.