- H T B A - https://htba.fr -

1789 – routes de poste, Seguin (et 1793, 1795), Bassin d’Arcachon, le Barps, Belin

Partager sur...
Share on Facebook
Facebook
[1]Pin on Pinterest
Pinterest
[2]Tweet about this on Twitter
Twitter
[3]Share on LinkedIn
Linkedin
[4]

   

[5]

Du Muret à Liposthey, 3 lieues. Relais de poste au nord du bourg, lieu-dit La Poste. De Liposthey à La Bouhère, 4 lieues. « Lipostey et la Bouhere sont deux villages peu considérables. Le premier a un bureau de poste ; le second une assez bonne auberge, si toutefois elle s’est maintenue telle, depuis que les relais ne contribuent plus à l’alimenter ». Labouheyre a le privilège d’avoir (au moins en 1814) un pont de pierre, rareté remarquable alors que les autres ne sont faits que de planches ou de madriers. De La Bouhèyre à Belloc, 3 lieues. Cap-de-Pin. La route fait un embranchement avec, tout droit « le vieux chemin où la poste passait autrefois jusqu’à la chapelle de Saint-Antoine ». Poste de Janquillet ou Jehan Quillet : entre 1609 et 1774, un relais existait là, sur le vieux chemin. Le lieu a ensuite été abandonné et a disparu (il existe aujourd’hui un lieu-dit Yean). Poste de Belloc : « Belloc est une misérable chaumière située au milieu d’une lande, qui, s’étendant à perte de vue de tous les cotés, semble n’avoir d’autre borne que l’horizon et se confondre avec la voûte céleste. Cette chaumière était une bergerie, en cette bergerie le relais, et le maître berger le maître de poste ». De Belloc à La Harie, 4 lieues. « La Harie est un hameau, où quelques cabanes habitées par des postillons, des bûcherons et des pâtres, entourent la maison bourgeois et assez élégante de l’ancien maître de poste » (l’auteur note qu’il y mangea très bien et y trouva un bon lit). Le lieu-dit la Poste existe toujours après Laharie et le ruisseau de Sindères. De La Harie à l’Esperon, 3 lieues. « L’Esperon est une chaumière isolée au milieu des bois. Ce relais portait le nom d’un village voisin, que la route laisse à droite ». Le lieu-dit la Poste existe toujours au Souquet, près du château.
Il y a trente ans, étant tout enfant, j’ai voyagé dans ce pays. Je me rappelle que les voitures marchaient au pas, les roues ayant du sable jusqu’au moyeu. Il n’y avait pas de voie tracée. De temps en temps on trouvait un bout de chemin formé de troncs de pins juxtaposés et noués ensemble comme le tablier des ponts rustiques. Aujourd’hui ces sables sont traversés, de Bordeaux à Bayonne, par une large chaussée, […], qui a presque la beauté d’un empierrement romain. Dans un temps donné cette chaussée, effort d’industrie et de persévérance, descendra au niveau des sables, puis disparaîtra. Le sol tend à s’enfoncer sous elle et à l’engloutir comme il a englouti la voie militaire faite par Brutus qui allait du cap Breton, Caput Bruti, à Boïos, aujourd’hui Buch, et l’autre voie, ouvrage de César, qui traversait Gamarde, Saint-Géours et Saint-Michel de Jouarare.
Ainsi, les landes, les étangs, les dunes, la mer, voilà les quatre zones que la pensée traverse. On se les figure l’une après l’autre, toutes plus farouches les unes que les autres. On voit les vautours voler au-dessus des landes, les grues au-dessus des lagunes, et les goélands au-dessus de la mer. On regarde ramper sur les dunes les tortues et les serpents. Le spectre d’une nature morne vous apparaît. La rêverie emplit l’esprit. Des paysages inconnus et fantastiques tremblent et miroitent devant vos yeux. Des hommes appuyés sur un long bâton et montés sur des échasses passent dans les brumes de l’horizon sur la crête des collines comme de grandes araignées ; on croit voir se dresser dans les ondulations des dunes les pyramides énigmatiques […], et l’on prête l’oreille comme si l’on entendait le chant sauvage et doux des paysannes de Parentis, et l’on regarde au loin comme si l’on voyait marcher pieds nus dans les vagues les belles filles de Biscarosse coiffées d’immortelles de mer. Car la pensée a ses mirages. Les voyages que la diligence Dotézac ne fait pas, l’imagination les fait.
La commune de Léon est située presque sur les bords de l’étang de cc nom, et percée par plusieurs routes. Ce vaste étang couvre aujourd’hui le terrain que traversait la voie romaine que les Landais appellent Camin Roumiou, dont parle l’itinéraire d’Antonin. Saint-Michel, hameau assez remarquable, situé à l’est de l’étang, à quatre kilomètres environ, se trouve au centre de la contrée nommée Maransin, depuis bientôt trois siècles, c’est-à-dire maris sinus, parce qu’elle borde le golfe de Gascogne. Cette paroisse, dit Thore, était connue d’abord sous le nom de Gioure ou Gieure, et fut appelée Saint-Michel de Jou-Arare ou Jou-Erere, pendant les siècles voisins de la chute de l’empire romain et lors de l’abatardissement de la langue du peuple-roi. Ces trois dénominations paraissent dérivées et corrompues des mots latins Jovis arae et Jovis ararum, par lesquels cette paroisse est désignée dans les vieilles chartes du diocèse de Dax.
Les maîtres de poste assuraient le transport des lettres en fournissant des chevaux aux courriers de la Ferme des Postes. À chaque relais le courrier changeait de monture, utilisant même un deuxième cheval (le mallier) pour transporter la sacoche contenant les lettres quand elle était trop lourde. Il était accompagné jusqu’au relais suivant par un chevaucheur qui ramenait ensuite les chevaux. Ils assuraient aussi un service d’estafettes pour des dépêches officielles ou privées transportées dans un portefeuille, soit par un courrier sur tout le trajet, soit par les maîtres de poste d’un relais à l’autre. L’augmentation du nombre de lettres conduisit les courriers à utiliser de petites voitures à un cheval (les “brouettes”), puis des malles-postes à trois chevaux. Enfin les maîtres de poste participaient au transport des voyageurs en louant des chevaux aux voitures particulières, ou en les mettant à disposition des diligences royales ; ils devaient vérifier l’état des malles-postes et des diligences, et noter les heures d’arrivée et de départ.
Turgot étend le monopole du service des postes au transport des voyageurs. En 1787, un carrosse à quatre places et plusieurs fourgons partent tous les samedis de Bayonne pour Bordeaux. Ils effectuent le trajet en quatre jours et demi. La Révolution apporte quelques désordres à cette activité : abolition des privilèges des maîtres de postes entraînant la fermeture de nombreux relais, mauvais entretien des routes, insécurité. Puis diverses mesures permettent la réorganisation du service des relais de Postes (augmentation de la gratification annuelle des Maîtres de Poste, rétablissement de leur monopole pour le relayage des chevaux des malles-postes, des estafettes et des diligences). En 1803 la malle-poste allant de Bordeaux à Bayonne relayait à Ondres trois fois par semaine dans chaque sens. Des estafettes portant des plis rapides passaient tous les jours ; les diligences assurant chaque jour la liaison Bordeaux-Bayonne fait étape à Ondres. En 1834, la circulation s’étant améliorée grâce à l’empierrement de la route et aux évolutions techniques des voitures de la malle-poste, celles-ci peuvent couvrir en une seule étape la distance de Benesse à Bayonne, et le relais d’Ondres est supprimé.
D’Ondres à Bayonne, 3 lieues. « Après Ondres, on passe un bras de l’ancien lit de l’Adour sur lequel est jeté le pont de Casteron. De cet endroit la route parcourt un pays fort agréable jusqu’à Bayonne, où l’on arrive par le faubourg Saint-Esprit ». En plein cœur du Petit Bayonne, 68 rue Bourgneuf, l’Auberge du Cheval Blanc, le relais de poste de 1715 est la plus vieille auberge de la ville, typiquement basque, avec ses colombages rouges.
Dans l’ancien bourg d’Urrugne, on remarque la maison Posta (1584) qui fit office de relais de poste.
 
 
 
Landes en vrac, souvenirs et témoignages du passé et petit patrimoine landais (Les commentaires en italique sont ceux de M. Vaysse de Villiers, inspecteur des postes, en 1823)

1789 routes de poste, Seguin

 

1793 routes de poste d’après Seguin+

 

1795 routes de poste d’après Seguin+