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1672 – Atlantique, Boissaye du Bocage – Arcanson

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Carte ronde ou réduite fort Necessaire À  tous Navigateurs qui Desire travailler Exatement […] / Par, Georges Boissaye du Bocage 1626-1696 Cartographe, Idrographe et Professeur Roial en la Navigation au havre de Grace ; Jean-Baptiste Colbert (1619-1683). Dédicataire

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Arcanson

Georges Boissaye du Bocage (1626-1696), hydrographe du roi, premier professeur de l’École royale d’hydrographie du Havre à partir de 1666 et auteur de plusieurs cartes marines de l’embouchure de la Seine et de la côte du Havre à Saint-Valéry-sur-Somme.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53177394q?rk=2746794;4 [3]

https://gw.geneanet.org/garric?lang=fr&n=boissaye+du+bocage&oc=0&p=georges [4]

Georges Boissaye du Bocage (1626-1696), épouse en 1661, Anne Perier, sœur d’Étienne Perier (1644-1726), capitaine de vaisseau et de port de Dunkerque, père de nombreux marins dont Étienne de Perier (1687-1766) dit « Perier l’ainé », chef d’escadre, lieutenant général des armées navales et Antoine-Alexis de Perier de Salvert (1691-1757) dit « Perier le cadet », chef d’escadre en 1752 et directeur de Dépôt des cartes.

En 1666, il est le premier professeur d’hydrographie nommé à l’École royale d’hydrographie fondée au Havre, cette année-là, sous Colbert, dont l’un des objectifs est de répandre l’instruction dans la Marine royale. Et selon sa formule « il faut chercher partout un maître d’hydrographie ».

Il est également maître de pilotage, ingénieur des constructions navales. Il participe au Havre, au creusement du canal dit de Vauban. Il dirige les travaux de l’avant-port, et fait construire les premières écluses.

Il dresse plusieurs cartes de l’embouchure de la Seine et de la côte du Havre à St-Valery-sur-Somme.

Le 3 décembre 1683, « gilet jaune » avant l’heure, il écrit au ministre de la marine pour “lui remonstrer très humblement qu’il a besoing d’une augmentation d’appointemens pour faire subsister deux de ses enfants qui travaillent journellement avec luy, ne pouvant pas subvenir seul à donner les leçons aux officiers de la marine et aux enfants de la ville, et à faire le toisé des bois [pour la construction navale] et celuy des travaux de la place [aménagements du port et des fortifications].”

En 1694, il se retire du service et son fils Georges (1661-1717) lui succède.

Son beau-frère Étienne Perier 1644-1726, Capitaine de vaisseau, commandant du port de Dunkerque, puis du port du Havre (1718), chevalier de Saint-Louis est anobli par Louis XV par lettres patentes d’octobre 1726, enregistrées à Rouen le 16 novembre 1726, “en considération des services rendus pendant plus de 50 années sur les vaisseaux du Roy, en qualité de lieutenant, capitaine, commandant et autres et de ceux actuellement rendus par les Sieurs Estienne et Antoine Alexis de Perier de Salvert, ses enfants, le premier en qualité de garde de la Marine depuis 1704 et aujourd’hui dans la place de Gouverneur général de la Louisiane et l’autre en qualité de garde de la Marine depuis ladite année 1704 et depuis l’année 1721 en celle d’enseigne de vaisseau”.

Etienne (Estienne) de Perier 1686-1766, Lieutenant-général des Armées Navales, commandant général, puis gouverneur de la Louisiane (9 août 1726 – 2 mars 1733). Entré au Service comme volontaire en 1695, à l’âge de huit ans. Servira soixante-dix ans.

Nommé “Commandant général de la Louisiane” par la Compagnie des Indes ; nomination ratifiée par le Roy le 9 août 1726.​ Arrive à la Nouvelle Orléans le 15 mars 1727 et succède à Boisbriand.​ Fait construire des digues, creuser le lit du Mississippi, construire une prison et le couvent des Ursulines.​ Il encourage la culture du tabac et des essais de plantations de citrons et de muriers pour l’élevage des vers à soie.​ “He also attempted to improve the morality of the colonists”​ son action est fréquemment entravée par les partisans de l’ancien gouverneur Bienville, qui ne souhaitent pas renoncer à leurs anciennes pratiques.​

Le 28 novembre 1729, les Natchez, poussés par l’anglais, assassinent 236 colons français à Natchez.​ Il donne ordre à son frère Antoine Alexis de Perier de Salvert de réprimer cette révolte et de punir les auteurs de ce massacre.​

Le premier juillet 1731, quand la Louisiane revient à la Couronne, il est nommé gouverneur ; le 2 mars 1733, il est relevé de ses fonctions et remplacé par l’ancien gouverneur Bienville.​

Chef d’escadre en mars 1751, lieutenant-général en avril 1757.

Antoine Alexis de Perier de Salvert 1691-1757, Garde de la Marine en 1705, chef d’escadre des Armées navales, commandant-en-second à la Louisiane (7 juin 1730)

SOURCE : M. Vergé-Franceschi, Dictionnaire d’histoire maritime. D. Neuville, Écoles d’hydrographie, ingénieurs de la Marine au XVIIIème siècle.

Le “Cercle universel”

Le “Cercle universel” de Georges Boissaye du Bocage (fils), “hydrographe entretenu de sa Majesté”, est un abaque permettant au marin de résoudre, sans table et sans calcul, différents problèmes liés à la navigation. Sans réelle originalité pr

opre, il est cependant très intéressant par la tentative de synthèse qu’il représente (on trouve rassemblé dans une seule page tout ce qui existait dans le genre à l’époque) et par les applications très variées qu’en donne l’auteur.

Le “Cercle Universel” (et son usage) est achevé d’imprimer pour la première fois le 20 Novembre 1683, simultanément chez Jacques Gruchet au Havre et chez Nicolas l’Anglois à Paris. Il correspond à l’enseignement que donnent l’auteur, et son père, à l’école d’hydrographie du Havre, et connaît un certain succès puisque trois autres éditions de l’ouvrage suivent en 1689, 1695 et 1733.

Le Cercle Universel figure sur une planche dépliable de 32´40 cm. Le Cercle lui-même mesure 30,5 cm de rayon et, pour être utilisé, est collé sur un carton. Une ficelle est fixée à son centre, et il faut avoir un compas à pointes sèches à portée de la main.

Le Cercle est entouré de différents graphiques et échelles accessoires.

Les cercles extérieurs constituent un calendrier fournissant, pour chaque jour de l’année, la position du Soleil sur l’écliptique, par ses degrés sur l’échelle zodiacale. Cela équivaut à une table.

La moitié supérieure est occupée par un demi-astrolabe de Rojas, appelé aussi “sphère plate” ou “quartier sphérique”, lorsqu’il est réduit à un quart, ou “quartier astronomique et universel”. Il s’agit de la projection orthographique (orthogonale) de la sphère sur un plan tangent à l’équateur. Elle permet de résoudre des problèmes astronomiques liés à la navigation, dont la détermination de l’heure d’après la hauteur du Soleil. L’histoire de cet abaque rejoint celle de l’astrolabe.

La partie du Cercle Universel laissée libre au-dessus de la projection de Rojas est occupée par trois schémas : de gauche à droite, cercles montrant le mouvement de l’étoile polaire, cercle montrant l’horizon, le zénith, les pôles, l’équateur… et enfin deux cercles excentrés montrant le périgée et l’apogée du Soleil dans son mouvement apparent annuel.

Le quart de cercle inférieur droit est un quartier de réduction, nommé aussi “quartier de proportion” ou “quartier d’or”. Il permet d’obtenir par exemple la distance parcourue en fonction de la direction suivie et de la différence de latitude.

Le quart de cercle inférieur gauche reproduit les différentes échelles du compas de proportion. Il s’utilise avec le fil et un compas à pointes sèches, pour effectuer les calculs analogues à ceux que permet cet instrument. On trouve 7 échelles : en 100 parties égales, des cordes des angles (trigonométrie), des plans, des solides, des polygones, des métaux et pierres et enfin de la quille, mâts, etc. (une échelle des diamètres des boulets de canon se trouve à l’extérieur du cercle, tout en bas de la planche).

Au-dessus du Cercle, en haut à gauche, une rose des 32 vents. Les chiffres à l’extérieur indiquent “l’heure qu’il est haute mer dans un havre quand la lune est dans cet air de vent”, aux jours de nouvelles et pleines lunes.

Le schéma à droite explique les phases de la lune.

Vient ensuite un schéma illustrant le mouvement des étoiles au cours de la nuit.

 

En haut à droite, une projection d’Azarquiel et Gemma Frisius de la sphère (projection stéréographique sur le plan du colure des solstices, de pôle le point g) montre comment “il faut placer chaque terre en sa véritable latitude et longitude”.

[Les colures sont les deux principaux méridiens de la sphère céleste. Il s’agit de deux grands cercles passant par les pôles célestes qui se coupent à angle droit et qui passent respectivement par les points solsticiaux (colure des solstices) et par les points équinoxiaux (colure des équinoxes) de l’écliptique. Les colures découpent donc le trajet apparent annuel du Soleil en quatre parties qui déterminent les saisons.]

En dessous de la projection de la sphère, on trouve un calendrier perpétuel “pour trouver par quel jour de la semaine commence chaque mois”, semblables à ceux figurant sur les cadrans solaires en ivoire de Dieppe.

En dessous du Cercle, au centre une “Eschelle de dime”, règle permettant d’apprécier les dixièmes.

De part et d’autre, un schéma des systèmes de Ptolémée et Copernic.

Sur les côtés, à droite figure une échelle des “lhogarithmes” et une autre des latitudes croissantes ; à gauche, une échelle des ombres du Soleil.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8490660w?rk=21459;2 [5]

 

Georges Boissaye du Bocage, succède, le 1er novembre 1694, comme professeur d’hydrographie au Havre à son père Georges Boissaye du Bocage avec qui il avait travaillé à établir des cartes avant de poursuivre son œuvre littéraire et scientifique. Dès 1690, Boissaye du Bocage avait effectué des observations sur les marées dans le port du Havre et cela avant même que l’Académie des Sciences ne s’en préoccupe sérieusement. Le phénomène des marées, encore mal connu à cette époque, était d’importance pour la sûreté de la navigation et puis il était bon de rechercher la part d’influence de la lune sur les marées. En 1693, trois experts en la matière, parmi lesquels nous trouvons Boissaye du Bocage, avaient été chargés de faire des « Observations sur le montant de la mer, à la plateforme du Bassin du Havre de Grace, tous les jours des trois premiers mois de la présente année 1693 avec les vents qui y ont régné ». Les mêmes expériences avaient été renouvelées en 1694. Des études similaires furent menées en 1701 et 1702 au Havre et à Dunkerque. Boissaye du Bocage fut chargé de celles du Havre grâce auxquelles Cassini put confirmer, par les observations réalisées, les hypothèses de Descartes sur les marées. De santé fragile, il lui fut adjoint, à partir de 1711, un de ses cousins germain, Michel Frémont, qui lui succéda à l’école d’hydrographie du Havre, après sa mort, survenue le 26 septembre 1717. Boissaye du Bocage fut enterré, comme son père, dans l’église Saint-François, au Havre.

Son beau-frère Michel du Bocage de Bleville (1676-1727), lieutenant de frégate, se distingue sur mer en servant avec Jean Bart, Duquesne, Tourville, avant d’effectuer de 1707 à 1716 un voyage au Chili, au Pérou, en Chine et au Japon.

 

Sources :

Les officiers généraux de la marine royale (1715-1774), Michel Vergé-Franceschi, 1990

Évolution et Enseignement de la Science Nautique, A. Anthiaume, 1920

https://vieillemarine.pagesperso-orange.fr/biblio/pages/Boissaye.htm [6]